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| | Entretien et Découverte [Alexandre CASH] | |
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Jules Visconti Mutant de niveau 2
Nombre de messages: 47 Date d'inscription: 21/04/2010 Localisation: New York, New York ! Clan: neutre Age du personnage: Il paraît avoir 27 ans. Pouvoirs: Contrôle de la Poussière. Transformation en nuage de poussière. Profession: Juriste Points de rp: 58
 | Sujet: Entretien et Découverte [Alexandre CASH] Mar 27 Avr - 17:29 | |
| Entretien et Découverte
Ou
Le professeur et son élève Les bruits de ses pas raisonnaient dans le grand hall de la bibliothèque universitaire. Dans ce grand sanctuaire où avaient été réunis la mémoire du monde, le professeur Jules Visconti travaillait, faisait quelques recherches, ou passait le temps. Étudier était pour lui un plaisir Lire, un passe-temps. Enseigner, une sinécure ! Universitaire épanoui et accompli, depuis tout ce temps, trois ans s'étaient écoulées depuis son entrée au service de l'université de New York. Il s'y était présenté comme spécialiste du droit du marché, et y enseignait toute une série de matière en rapport avec le droit économique et les relations d'affaires. Il avait la réputation d'être un orateur talentueux : ses cours étaient animés avec brio, quoiqu'il fût « jeune ». Tous l'ignoraient, mais il avait de l'expérience … Après tout, n'était-il pas pluricentenaire ? Par ailleurs, il avait la « mauvaise » réputation, auprès des étudiants, de noter très sévèrement.
Mais sa réputation ne l'intéressait guère. Tout ce qui lui importait était de dispenser un enseignement complet aux futurs juristes américains. Il était suffisamment bien payé pour cela. Ainsi donnait-il ses cours avec une attention particulière, et apportait-il à chacun d'eux le soin qu'ils méritaient. Et cette après-midi là, il l'avait consacrée à un étudiant qu'il connaissait peu mais dont il suspectait le potentiel. Celui-ci, un sportif que le professeur jugeait sans grande particularité, s'était finalement présenté à l'entrée de la bibliothèque, où Jules l'attendait.
«Bonjour. Suivez-moi. »
Très formel, Jules précédait le jeune Alexander Cash à travers les rayonnages. Il ne prenait même pas la peine de se retourner pour vérifier qu'il était bien suivi. Sans doute était-il persuadé que l'étudiant ne se perdrait pas dans la bibliothèque. Si celui-ci avait été convoqué par son professeur, ce n'était pas pour le plaisir de partager un verre autour d'un manuel de droit fiscal des affaires. Ils étaient là pour travailler, non pour s'amuser.
«Prenez ces livres. Nous ne travaillerons pas ici. » En effet, Jules Visconti gardait sa sacoche à la main et ne l'avait posée sur aucune table. Au contraire, il continuait d'avancer, impeccable dans son élégant costume. Ses pas le conduisait jusque dans une aile de la bibliothèque interdite aux élèves. D'une voix neutre, il s'exprima avec une prévenance exemplaire.
«Je vais vous ouvrir les portes de la bibliothèque des professeurs. Vous y trouverez une source illimitée de savoir, dont nous allons nous abreuver, vous et moi.»
Son sourire s'élargissait. C'était là un humour parfaitement français, et donc parfaitement incompréhensible.
«J'apprécie vos efforts, mais il vous manque encore peut-être la rigueur nécessaire à l'excellence.»
D'un geste de la main, il invita son étudiant à s'asseoir. Lui-même posa ses affaires sur une table avant de jeter un œil aux rayonnages réservés à l'usage des professeurs, tout en observant Alexander du coin de l'œil. Celui-ci était un géant. Un véritable athlète à la musculature … généreusement dessinée. Ses épaules impressionnantes servaient de support à une tête typique des jeunes footballeurs de son temps, percées de deux yeux d'un bleu changeant dénotant une certaine maturité dont Jules aurait pu s'amuser. En revanche … ses habitudes vestimentaires étaient … horriblement audacieuses, ou sévèrement chaotiques. Mais Jules se gardait bien de le lui faire remarquer : le jeune sportif aurait pu briser ses bras d'un seul coup de la main … Nullement impressionné, Jules s'en amusait sans le montrer.
«Je ne me propose pas de faire de vous le prochain Portalis, ou le prochain Carbonnier … quoique ces noms doivent vous être totalement inconnus. Toutefois, je pense pouvoir vous présenter les clefs de la réussite. Au travail.»
De sa sacoche, le professeur tira plusieurs documents qu'il présenta sur la table, devant le jeune monsieur Cash. Il s'agissait de plusieurs documents, textes de doctrine, articles de presse économique … qu'il s'agissait pour lui d'étudier, d'analyser et de commenter.
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|  | | Alexander Cash Mutant de niveau 1
Nombre de messages: 235 Date d'inscription: 08/04/2010 Localisation: New-York City Clan: neutre Age du personnage: 24 ans Pouvoirs: Maitrise de l'air & métamorphose en gaz inodore et invisible - Niveau 1 Profession: Journaliste spécialisé en économie
Professeur d'économie et de communication à l'université Points de rp: 90
 | Sujet: Re: Entretien et Découverte [Alexandre CASH] Mer 28 Avr - 0:09 | |
| C'était une belle journée, aujourd'hui. Le ciel était bleu, pas un nuage en vue. Malheureusement pour Alexander, aujourd'hui allait aussi être une journée passée à l'ombre. Plus exactement, dans l'ombre de la bibliothèque universitaire, où le professeur de droit du marché, nommé Visconti. A vrai dire, l'étudiant n'avait pas la moindre idée de la raison pour laquelle ce professeur de bonne réputation l'avait choisi. Le quarter-back était un élève plutôt bon et dans sa cinquième année d'études d'économie. Mais rares étaient les professeurs universitaires aidant les élèves, qu'ils soient doués ou non. Lorsqu'Alexander arriva devant la bibliothèque, juste aprés le repas du midi, qui se trouvait en contrebas par rapport au reste du campus, proche des amphithéatres, il se prépara mentalement pour l'aprés-midi qui allait suivre. Un aprés-midi de travail, ciblé sur le droit économique et les relations d'affaires, d'aprés ce qu'il avait compris de l'invitation. Il avait déjà participé à des cours faits par ce professeur - lesquels étaient trés bien structurés et tout à fait intéressants - mais il ne lui avait jamais adressé la parole. D'habitude, Visconti était habillé de manière sobre et trés "carrée", c'est à dire soignée au détail prés. Sans faire exception à la règle, il en était de même en cette journée de printemps. Au moment où les deux hommes étaient enfin face à face, ce fut le professeur qui prit la parole le premier. - «Bonjour. Suivez-moi. » - Bonjour professeur. Merci de m'accorder un peu de votre temps. Formule de politesse passée - laquelle fut apparemment inutile, puisque le professeur n'attendit aucune réponse pour avancer - les deux hommes se mirent en route. L'étudiant suivait l'autre homme, et tout deux passèrent dans entre les étagères, dans le domaine "Droit et Economie". Là, le plus âgé donna un ordre - ou en tout cas un conseil sec - au sportif. - «Prenez ces livres. Nous ne travaillerons pas ici. »
Sans rien dire, Alexander attrapa les quelques bouquins que lui indiquait Visconti, lesquels étaient basés sur le droit fiscal et prit, en plus, un livre sur la microéconomie contemporaine étudiant les différents acteurs économiques de la société américaine. En passant devant les rangées des dictionnaires, il saisit un de ceux regroupant les définitions des termes et des théories en sciences économiques. - J'ai tout ce qu'il nous faudra, je crois, dit alors l'étudiant, sans attendre de réponse. Au fur et à mesure qu'ils avançaient dans des coins de la bibliothèque où Alexander n'avait jamais mis les pieds - sauf peut-être aprés s'être perdu dans ses premières années - il se demandait où pouvait bien le conduire son professeur particulier. Alors qu'ils étaient maintenant arrivés devant une porte double, qu'Alexander n'avait jamais vu ouverte jusqu'à présent, le jeune professeur parla, utilisant des métaphores. - «Je vais vous ouvrir les portes de la bibliothèque des professeurs. Vous y trouverez une source illimitée de savoir, dont nous allons nous abreuver, vous et moi.» N'ajoutant aucun mot à ceux du professeur, l'étudiant attendait la suite. Son tuteur l'emmena alors vers une grande salle vide, où se trouvaient des tables identiques à celles qu'il y avait dans la bibliothèque, côté "public", et de nombreuses étagères remplies d'ouvrages surement destinés aux professeurs. L'homme posa ses affaires - sa sacoche - et invita son élève à faire de même et à s'asseoir à la table qu'il avait choisi, ce que fit Alexander sans prononcer un mot, et étalant ses bouquins sur la surface plane. Visconti, quant à lui, se dirigea du côté des rangées d'écrits.
En revenant des étagères, l'homme prit la parole de nouveau. - «Je ne me propose pas de faire de vous le prochain Portalis, ou le prochain Carbonnier … quoique ces noms doivent vous être totalement inconnus.» - Vous avez vu juste... Je n'ai pas la moindre idée de l'identité et de la fonction des deux personnes que vous venez de citer. - « Toutefois, je pense pouvoir vous présenter les clefs de la réussite. Au travail.» - Allons-y... Sur ces mots, le professeur sortit des documents de sa sacoche posée à plat sur la table, et l'étudiant sortit un bloc note de feuilles à grands carreaux, qu'il avait toujours dans son sac. Sans rajouter aucun mot, le jeune professeur de faculté glissa les documents vers Alexander. Il s'agissait d'articles, de textes divers, et d'enquêtes, que l'élève aurait à étudier en profondeur. Des études de textes, il en avait déjà fait des dizaines et des dizaines. Mais ceux-là paraissaient tout particulièrement ardus. Et Alexander avait bien peur que ce qu'attendait le professeur de Droit soit plus précis, plus méticuleux, et plus difficile que tout ce qu'avaient demandé ses professeurs jusqu'à maintenant. Sans attendre, il se mit à classer les textes par thèmes, sujets, précisant les auteurs, dates de publication et d'écriture, et tout ce qui s'en suivait. Aprés avoir fait cela, il buta bêtement sur un premier obstacle. Le texte à étudier en premier. Il choisit alors un texte regroupant plusieurs doctrines en liens les unes aux autres. Ensuite, il choisirait surement les articles. Aprés avoir expliqué son choix d'ordre de lecture, avec plus ou moins d'assurance, il décida de dire à son tuteur d'une journée la manière dont il comptait s'y prendre pour analyser ces textes. - Je vais essayer de tirer les problématiques de chaque texte, puis les hypothèses des auteurs, et enfin leurs thèses. Ensuite, je synthétiserai l'ensemble, en essayant de ne prendre en compte que les idées principales, en faisant des phrases simples, type sujet-verbe-complément. Et je concluerai en disant ce que j'ai pensé du texte, ce qu'il m'a apporté, en essayant d'émettre quelques critiques positives ou négatives sur l'ensemble du texte et de l'écriture. Qu'est-ce que vous en pensez ? La méthode vous parait-elle bonne ? Peut-être que je me trompe, mais j'ai toujours fait comme ça... |
|  | | Jules Visconti Mutant de niveau 2
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 | Sujet: Re: Entretien et Découverte [Alexandre CASH] Ven 30 Avr - 14:24 | |
| Jules écoutait son élève avec attention. Il ne s'étonnait guère qu'un jeune étudiant américain, dont la spécialité n'était par ailleurs pas les sciences juridiques, ne connaissaient ni Portalis, éminent rédacteur du Code civil e 1804, ni Carbonnier, qui était probablement le plus grand juriste français et européen de la seconde moitié du XXe siècle. Ces noms n'avaient de sens que pour les initiés.
Tirer les problématiques de chaque texte : c'était là un bon début. Ensuite, les hypothèses et enfin les thèses de chaque auteur. La méthode était brouillonne, mais ambitieuse. Le professeur Visconti demeurait silencieux. Alexander Cash projetait de synthétiser l'ensemble, en prenant soin de se concentrer sur les « idées principales » … par des phrases simples, de type sujet-verbe-complément … C'était là typiquement anglo-saxon. Ce goût pour les « phrases simples », lapidaires et concises ne pouvaient qu'être le fruit d'un environnement emprunt d'une culture américaine. Jules ne put s'empêcher de sourire, un brin moqueur. Quand le jeune sportif acheva son exposé et demanda son avis, le professeur émit un « Hum ... » dubitatif.
«Votre méthode est intéressante. Mais vous placez la charrue avant les bœufs, si je puis m'exprimer ainsi. Comment comptez-vous déterminer les problématiques sous-tendues par chaque texte, si vous n'avez ni une vue d'ensemble, ni préalablement recueilli des informations sur chaque auteur ? Croyez-vous qu'on lise un texte de Shakespeare sans savoir qui est Shakespeare ? »
Très patient, mais également très critique, Jules tournait autour de l'étudiant, parlant sans même le regarder.
«De plus, votre approche m'apparaît peu efficace. Vous lisez un premier texte, et décidez ensuite qu'il ne vous convient pas et passez au suivant, comme une jeune demoiselle ferait avec les robes qu'elle se choisit dans une boutique de prêt-à-porter bon marché. C'est grotesque.»
Posant une main blanche sur la table, Jules désigna de l'autre l'ensemble des documents réunis devant Alexandre Cash.
«Vous devriez lire l'ensemble des documents, avant de commencer à creuser chacun dans l'ordre qui vous convient. Vous avez classé chacun selon des critères que vous avez choisis, et c'est une bonne initiative. Toutefois … vous auriez dû commencer par une lecture attentive de l'ensemble.» La voix de Jules était ferme et légèrement réprobatrice.
«C'est primordial. Vous savez ce qu'est un entonnoir, je suppose ? Vous souvenez-vous de la forme de cet objet domestique ? Eh bien, l'approche d'un corpus de documents s'y apparente : il s'agit d'aller du général vers le particulier, du simple vers le complexe, et jamais l'inverse. Vous êtes sportif, à ce que je peux voir ...»
Son sourire s'élargissait, car effectivement, il était manifeste, et surtout visuel, que son étudiant était un des sportifs les plus méritants de l'Université.
«... et je suppose que vos entraîneurs vous ont d'abord enseigné les règles générales avant de vous dévoiler les détails qui font qu'une stratégie, sur le terrain, se révèle être la meilleure ? C'est la même méthode ici. Lisez l'ensemble des documents, c'est la grande ouverture de l'entonnoir. Creusez, creusez, creusez, de la façon qu'il vous plaira, pour atteindre la petite ouverture. Croyez vous que j'ai choisi ces documents au hasard, et qu'il n'y a pas au-dessus d'eux un thème qui, à mes yeux, les rassemble, les rapproche ? »
Jules n'était pas en colère, mais il se montrait parfois … dur, voire caustique. Il n'avait pas l'intention de froisser l'étudiant, qu'il souhaitait aider, mais il n'avait nul besoin de s'embarrasser de pédagogie et de flagornerie pour cela. Alexander Cash était, comme lui, un adulte, et aucun cadeau ne lui serait fait à l'Université, quand il chercherait à atteindre les sommets. N'en allait-il pas de même sur un terrain de football, sur un ring de boxe, sur le parquet d'une piste de danse ?
«Voilà ce que je vous propose. Commencez par lire l'ensemble des documents en prenant de vagues notes sur une feuille blanche. Cela vous permettra de dégager une vue d'ensemble. Ensuite, vous procéderez à votre guise pour me rendre, à la fin de notre séance, une synthèse non exhaustive mais complète de l'apport intellectuel, juridique, et économique de ce corpus. »
Jules ôta sa veste, qu'il posa sur le haut dossier d'une chaise, dévoilant une chemise blanche impeccable, fendue d'une cravate noire. Il ne s'assit point, cependant, préférant marcher dans la pièce en jetant un œil très intéressé sur son élève et, bien sûr, sur son travail. Toutefois, il avait à cœur de se souvenir qu'il n'était pas là pour s'amuser.
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|  | | Alexander Cash Mutant de niveau 1
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 | Sujet: Re: Entretien et Découverte [Alexandre CASH] Dim 2 Mai - 21:23 | |
| L'étudiant avait essayé de répondre convenablement à cette question si simple du professeur de droit, à propos de la méthode qu'il utiliserait pour étudier et analyser le corpus de textes qu'avait fourni Mr. Visconti quelques minutes plus tôt. Seulement, cette réponse n'avait apparemment pas convenu à son tuteur d'un jour. Ce-dernier fit alors plusieurs remarques à propos de sa façon de penser cette méthode. La première démarra sur une note positive, ladite méthode était ainsi "intéressante". Pas si positive que ça, la note, lorsqu'on entend ce que le professeur dit juste après. Il était nécessaire, d'après cet homme baignant dans la législation, d'étudier les auteurs avant toute chose - et donc avant de commencer la lecture et l'analyse. Aux questions de la personne, Alexander ne répondit pas. Il savait que le professeur n'attendait aucune réponse, à ce moment là. Le jeune-homme acquiesça donc sans ouvrir la bouche, montrant qu'il avait compris ce que voulait lui dire son interlocuteur. Il devrait donc, avant tout, connaitre les auteurs et leurs doctrines. La seconde fut encore moins positive... Pour ne pas dire encore plus négative. Il s'agissait cette fois de l'efficience de la méthode, dont le professeur doutait grandement, puisqu'il jugeait que le choix de la première lecture se faisait au hasard. Le fin mot de cette seconde série de phrases était l'adjectif "grotesque". Et ça, Alexander le prit légèrement mal. Certes, ce n'était pas un professeur de droit possesseur de doctorat. Il n'était qu'un étudiant en 5ème année de sciences économiques. Mais il n'empêchait qu'il n'étudiait pas des textes pour la première fois, il avait une technique qu'on lui avait donné lorsqu'il était plus jeune, et qui l'avait mené jusque là sans erreur de parcours - sans doubler d'année. La troisième prenait la forme d'un bon conseil, et d'une remarque pas trop mauvaise en rapport avec les critères qu'avait proposé d'utiliser l'étudiant. Jusqu'à la "bonne initiative", Alexander se disait qu'il était tranquille. Mais, évidemment, vint directement après celle-ci un "toutefois". Encore une fois, le professeur montrait au jeune qu'il avait tort - en partie, en tout cas - et qu'il avait commis d'autres erreurs. Il devrait donc lire l'ensemble des textes en premier lieu. Bien, il prendrait son conseil en compte, puisque sinon, il ne serait pas là... Tout en tournant autour de la table et en se promenant entre les étagères épaisses en métal, lesquelles soutenaient des milliers de livres réservés à l'usage des professeurs de l'université. Lorsqu'il revint, Visconti avait un sourire sur les lèvres et commença à proposer une autre méthode à son élève. La méthode "entonnoir". On lui avait déjà proposé mais il voyait plutôt cela pour traiter un sujet de dissertation. Apparemment, là encore il avait tort. Cependant, l'homme qui était debout se sentit obligé d'utiliser une métaphore pour faire comprendre cette technique d'étude au sportif. Comme si Alexander était arrivé en 5ème année par hasard. M'enfin, passé ce détail, le quarter-back était d'accord avec ce que disait son professeur. A vrai dire, il n'avait pas réellement le choix. Quelques paroles d'encouragement sortirent néanmoins de la bouche de Visconti. "Creusez, creusez, creusez...". C'est en tout cas comme ça qu'Alexander prit ces mots. Une nouvelle question fut prononcée par le juriste, concernant, cette fois, le rapprochement possible entre les différents documents. Cette fois-ci, l'estudiantin pensa qu'il était bon de répondre, afin de ne pas passer pour l'abruti qu'il n'était pas. On pouvait déceler de l'énervement - léger - dans le ton qu'avait prit Alexander pour répliquer. - J'imagine bien qu'il y a un lien manifeste entre ces documents. Je ne vois pas quand j'ai dit le contraire. Ni même pensé. M'enfin. Voyant bien que le professeur avait quelque chose à rajouter, il ajouta: - Je vous écoute, Mr. Visconti. - «Voilà ce que je vous propose, enchaina l'homme. Commencez par lire l'ensemble des documents en prenant de vagues notes sur une feuille blanche. Cela vous permettra de dégager une vue d'ensemble. Ensuite, vous procéderez à votre guise pour me rendre, à la fin de notre séance, une synthèse non exhaustive mais complète de l'apport intellectuel, juridique, et économique de ce corpus. » - Bien, je vais faire comme ça, donc. Même si la seule après-midi d'aujourd'hui me semble bien insuffisante. Bref. Peut-être serait-il nécessaire, si je vous ai bien compris, de connaitre chaque auteur et surtout de connaitre leurs doctrines, leurs courants de pensée. Vous permettez que j'aille chercher quelques documents sur eux ? J'ai vu qu'il y avait toute une rangée spécifique aux biographies, là-bas, dit il en montrant du doigt une longue et haute étagère au fond de la salle. Cette question aussi ne nécessitait pas de réponse. Alexander se leva et se dirigea vers l'étagère en question. Elle était vraiment haute, et lui-même, malgré sa taille, ne pouvait pas prendre les livres qui étaient tout en haut. Malheureusement pour lui, une des biographies qu'il recherchait se trouvait dans la plus haute des rangées. Il se dressa sur la pointe des pieds et prit appui sur la plus basse d'entre elles, en faisant bien attention de ne pas toucher les livres. Ce fut là certainement sa plus grosse erreur de la journée. Le rayon en question n'était pas attaché au mur, et rares devaient être ceux qui s'y tenaient faisant plus d'un mètre 80. Bref, tout ça pour dire que ce qui arriva aurait été dangereux, voire mortel, pour n'importe quel humain normal. Mais pas pour Alexander. Par chance, au moment de s'effondrer, la peur ou la surprise - il ne savait pas vraiment lui-même - anima une capacité profondément enfouie dans l'étudiant. En voulant dire par là que ce qui allait s'opérer ne lui était arrivé qu'une seule fois durant sa vie entière. Mais il savait que c'était en lui. Il était un mutant. Et ses pouvoirs concernaient l'air, le vent. Ainsi, lorsque le rayonnage entier s'effondra sur lui, un réflexe incontrôlable fit qu'il se transforma en... Rien. Dans un fracas, alertant tous les usagers - sans exception - de la bibliothèque universitaire, l'étagère s'écrasa au sol. Alexander, qui aurait dû mourir sur le coup, aplati par la masse de livres et de métal s'abattant dans la salle, ne fut plus que du vent. Dans le sens littéral du terme. Son don l'avait sauvé, ce jour là. Son corps s'était métamorphosé en air, et, même s'il n'avait plus d'organes comme les définissaient tous les biologistes, il pouvait savoir exactement ce qui se passait autour de lui, comme s'il était là en chair et en os, jugeant la scène d'au-dessus. Le problème qui se posa ensuite fut son incapacité totale à contrôler ce pouvoir. Il errait en fonction des coups de vent. Heureusement, les portes étaient fermées. Personne n'avait donc pu participer au spectacle. Personne, à part un professeur de droit, dénommé Visconti. Une minute plus tard, le corps d'Alexander reprit sa consistance normale. Étonnamment, le jeune-homme se sentait beaucoup mieux, comme si cette métamorphose avait eu un effet presque régénérateur sur son corps. La magie du vent, pensait-il alors... Cependant, cette impression fut de courte durée. Lorsqu'il reprit sa forme humaine, il était à deux mètres de hauteur. Le choc avec le sol fut dur. Mais pas assez pour ébranler suffisamment l'étudiant. Ce-dernier, reprenant ses esprits quelques secondes plus tard, regarda son tuteur, apeuré par la réaction qu'il pourrait avoir et à la réputation qu'il pourrait lui créer. Il se releva et regarda l'endroit où s'étaient effondrés les tonnes de bouquins. Sous quelques uns de ces livres, il apercevait des morceaux de tissu. Un instant plus tard, il comprit pourquoi il se sentait nu aux yeux de tous. Il l'était. |
|  | | Jules Visconti Mutant de niveau 2
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 | Sujet: Re: Entretien et Découverte [Alexandre CASH] Mar 4 Mai - 15:04 | |
| Jules, lâche et prudent, avait reculé d'un bond quand les étagères et les livres quittèrent leur place d'origine pour choir avec une violence qu'il ne leur connaissait pas sur le sol. Comme au ralenti, il vit tomber les ouvrages, et disparaître Alexander. Jules n'aurait su dire ce qui le surprenait le plus : que si peu de moyens fussent investis dans l'entretien des étagères de la bibliothèque, ou qu'un étudiant disparût « comme par enchantement sous ses yeux ». Que lui arrivait-il ? Était-il fatigué ? L'épuisement lui donnait-il ces étranges visions ? Cela ne dura qu'une seconde, mais une éternité sembla défiler sous les yeux du professeur Visconti, qui suivait les livres dans leur chute. Une minute s'écoula pourtant, lente comme la colère et pesante comme la peur, et Jules peinait à comprendre ce qui arrivait. Rêvait-il ? Et quel était ce songe grotesque et malheureux ?
A travers la porte de la salle, la voix claire et douce d'une vieille dame se fit entendre. Elle demandait si tout allait bien, s'il n'était pas blessé. Jules ne percevait qu'un écho de ses paroles, mais proféra d'une voix neutre et vide un mensonge suffisamment crédible pour qu'on ne vînt pas le déranger. La minute s'achevait, quand le corps d'Alexander, tel un diable jaillissant hors de sa boîte, réapparut dans les airs, flottant comme un nuage au dessus des livres étalés sur le sol en un formidable monticule. Il ne lévita guère qu'un instant, puis tomba et roula lourdement sur le sol. Jules ne le quittait pas des yeux. Son regard croisa bientôt celui d'Alexander, qui demeurait étalé sur le sol, hagard et comme apeuré. Le regard du jeune homme parcourut le désastre, et très vite il comprit qu'il offrait à son professeur le spectacle insolent de sa nudité.
Bien qu'il fût très âgé, Jules était un homme d'une grande pudeur. De vagues rougeurs colorèrent son visage d'albâtre, et le feu bientôt scella ses lèvres. Mais qu'en était-il d'Alexandre ? Sans doute la honte creusait-elle un trou béant dans sa poitrine, alors qu'il demeurait immobile et prostré sous l'œil impassible du professeur. Silencieux tel le chat qui plonge ses yeux dorésdans la contemplation du vide noir de l'obscurité, Jules détacha son regard du corps admirablement sculpté de l'étudiant.
«Rhabillez-vous. S'il vous plaît. »
Jules s'était détourné pour libérer Alexander des pressions invisibles et brûlantes d'un regard trop insistant, trop accusateur. Fixement, il observait le mur, espérant que le jeune sportif s'empresserait de couvrir sa chair de vêtements. La porte qui menait aux ailes publiques de la bibliothèque s'ouvrit alors sur l'une des bibliothécaires. Heureusement, le désastre et le corps nu d'Alexander échappaient à son champ de vision.. D'un bond, Jules s'approcha d'elle et l'empêcha d'entrer.
«Que se passe-t-il, Monsieur Visconti ? Nous avons entendu … - Ce n'est rien qu'une mauvaise plaisanterie du professeur Wulther. Vous n'ignorez pas son goût pour les farces vulgaires ... - Oui, mais … vous ne vous êtes pas fait mal ? - Non, non ! Tout va bien. Je m'occupe du rangement. Soyez tranquille. Qu'on ne me dérange pas !»
Dubitative, la bibliothécaire s'en alla. Jules ferma la porte sur elle. Il n'osa pas regarder du côté d'Alexander. Sans doute celui-ci avait-il besoin de temps pour s'habiller, ou pour se remettre, ou les deux … Tout de même ! Il lui devait quelques explications. Si jamais quelqu'un les avait surpris ainsi … C'était une chose de faire du désordre, c'en était une autre de le faire complètement nu ! Même si tout n'aurait été qu'un vaste malentendu, Jules doutait de l'indulgence de ses pairs et supérieurs, trop américains, trop puritains, trop obstinés. Mais alors, quoi ? Était-il du genre à marivauder ainsi dans les bibliothèques, avec un élève ? Jules était un homme de goût et de caractère qui ne refusait jamais l'amusement, mais il savait se tenir. Pétri de bonnes manières, il n'aurait jamais osé projeter de tels divertissements en un lieu si fréquenté à cette heure de la journée ! Il n'était pas sot.
Il n'en demeurait pas moins très inquiet. Qu'était-il arrivé à Alexander ? Il avait disparu, puis s'était matérialisé dans les airs pour retomber lourdement sur le sol. Était-ce un comportement fréquent chez les sportifs ? L'étudiant lui-même semblait avoir subi ce qui lui était arrivé. Un peu comme s'il avait été l'instrument du phénomène, le spectateur de sa propre métamorphose. Hélas ! Combien Jules aurait aimé connaître à l'avance la réponse à ses interrogations ! Il n'aimait pas être ainsi pris au dépourvu, surtout devant un élève. Mais il était bon joueur, et la vie souvent lui rappelait combien il était vain d'espérer tout savoir. Loyal, un sourire s'étendit sur son visage. Jules n'était pas mécontent du spectacle, après tout. Il refusait toujours de regarder en direction d'Alexander.
«Tout va bien ? Pas trop secoué ? Il y a des pansements dans ma sacoche, si vous en avez besoin ...» Il ne pouvait s'empêcher d'adopter cette attitude amicale et fraternelle, qui contrastait franchement avec le ton professoral et sévère des instants précédents. Un peu comme s'il se sentait proche de l'étudiant avec qui, désormais, il partageait un secret. Car Jules avait compris toute la complexité du problème. Il se retint de demander des explications, conscients que plus doucement il agirait, plus rapidement l'étudiant se remettrait. Peut-être même s'était-il déjà remis, mais quoi qu'il en fût, Jules sut que la prudence serait mère de sûreté.
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 | Sujet: Re: Entretien et Découverte [Alexandre CASH] Mer 5 Mai - 0:20 | |
| Aprés s'être redressé, Alexander était resté figé devant le regard de son professeur. Plusieurs sentiments se mélangeaient dans sa tête, l'empechant de penser normalement. Le premier, celui du malaise... Se retrouver nu comme un ver devant son prof' de droit, c'est pas souvent que ça arrive, surtout pendant un cours particulier. Et surtout quand ce prof' est un homme. Le second, celui de la surprise. Qui pouvait prévoir ce qui c'était passé ? La chute de l'étagère l'avait suffisament effrayé pour que son pouvoir se manifeste. C'était là son troisième: l'impression d'être à la merci de son don. Et pas l'inverse. Il n'arrivait pas à réfléchir ni à se remettre de la drôle de sensation qui parcourait son corps aprés cette métamorphose. Une sensation de bien-être quasi-parfait, mais en même temps celle d'un chamboulement intérieur assez étrange. Visconti le rappela à l'ordre, si l'on peut dire, tout en se retournant. Il paraissait trés gêné de la scène qui s'était déroulée devant ses yeux. Et ça, Alexander le comprenait. Mais ce qu'il l'étonna vraiment était que, justement, la gêne venant de sa pudeur avait pris le dessus sur la peur que manifestaient normalement les gens en voyant un mutant utiliser son pouvoir. - «Rhabillez-vous. S'il vous plaît. » - Euh oui je pense que c'est mieux ... répondit l'étudiant tout en se dirigeant vers le tas de vêtement qui se trouvait sous une tonne de livres. Alors qu'il se déplaçait, essayant tant bien que mal de cacher ses parties intimes, le professeur de droit se retourna. Alexander eu du mal à retrouver tous ses vêtements et il mit quelques minutes à se retrouver rhabillé des pieds au cou. Alors qu'il venait d'enfiler son boxer, une vieille femme arriva pour demander si tout allait bien. Le professeur la chassa poliment et surtout rapidement, avant qu'elle n'ait eu le temps de venir jeter un coup d'oeil dans la salle. Si ça avait été le cas, il y aurait eu de sacrées rumeurs dans l'université... N'osant toujours pas se retourner, Visconti parla au jeune-homme d'un ton qui dévoilait cette légère gêne devant la nudité du garçon. - «Tout va bien ? Pas trop secoué ? Il y a des pansements dans ma sacoche, si vous en avez besoin ...» - Ca va, merci, dit-il en enfilant son t-shirt. Vous pouvez vous retourner, j'suis habillé. Euh désolé pour... tout ça. L'étagère et tout. Bon, je préfère vous préciser qu'il est préférable pour vous comme pour moi - surtout pour moi - d'éviter de raconter ce qui s'est passé. J'ai vu que vous n'avez pas mal réagi. Peut-être sous la surprise, j'en sais rien. Mais ce que j'éssaie de cacher depuis des années pourrait être foutu en l'air en quelques heures... Je sais pas si vous savez ce qu'on subit psychologiquement, nous, les mutants. Oui, je suis un mutant, et je suis persuadé que vous vous en étiez rendu compte. J'suis désolé d'être si cru que ça. Mais j'éspere que vous me comprendrez. Si quelqu'un venait à savoir ça, ça me détruirait. Fini le football, fini n'importe quel sport. Pourtant Fini les études, trop de pression. J'ai jamais triché, jamais utilisé mes pouvoirs, dans aucun de ces domaines. Mais ça, les gens normaux, ils s'en battent... Enfin vous voyez. Pour eux, mutants égal tricheurs, mutants égal terroristes. Allez savoir ce qui leur passe par la tête. Et si j'vous dis tout ça, c'est que j'ose ésperer que vous pensez differemment. Vous êtes bien plus malin que la moyenne de la population américaine. J'attends juste une chose. Dites moi si je peux vous faire confiance, ou non. Que je sache si je peux rester vivre une vie presque normale, ou si je dois partir maintenant. Il enchaina les mots, ne laissant pas la place à la parole chez son interlocuteur. Il avait adopté un ton dur, sérieux, et ses sourcils s'étaient froncés. Pas dans le but d'intimider l'homme qui était face à lui, il savait que ça n'aurait servi à rien. Mais dans le but d'appuyer chacun de ses mots et de lui signifier que si il parlait à quelqu'un de ce qu'il avait vu, l'étudiant finirait sa vie loin d'ici, sans diplôme, sans projet. |
|  | | Jules Visconti Mutant de niveau 2
Nombre de messages: 47 Date d'inscription: 21/04/2010 Localisation: New York, New York ! Clan: neutre Age du personnage: Il paraît avoir 27 ans. Pouvoirs: Contrôle de la Poussière. Transformation en nuage de poussière. Profession: Juriste Points de rp: 58
 | Sujet: Re: Entretien et Découverte [Alexandre CASH] Mer 5 Mai - 17:08 | |
| La crainte se mariait à la menace d'un désespoir profond dans la voix raide du jeune homme qui se rhabillait derrière lui. Jules, les yeux indéfiniment rivé sur le sol, contemplait l'impeccable parquet de la bibliothèque qu'on aurait cru couvert d'un voile doré. Il devait chasser les pensées qui dansaient la farandole dans sa tête et se concentraient sur les paroles d'Alexander. Il avait revêtu l'ensemble de ses vêtements, mais Jules n'osa pas encore se retourner vers lui. Il préféra l'écouter. Ses excuses l'indifféraient : il n'était pas responsable du désordre qu'il avait causé. Seules des années de négligence parmi les gérants de cette bibliothèque étaient responsables d'un tel événement. Il en toucherait d'ailleurs quelques mots à ceux-ci, et menaceraient même de rédiger un rapport alarmiste sur les méthodes peu efficaces de conservation du patrimoine culturel et littéraire de l'Université.
Évidemment, Jules garderait le silence. Il n'avait nulle intention de briser la vie, les espoirs, les rêves du jeune homme. Bien sûr, il aurait pu céder au caprice qui dicte à l'homme de répandre le mal autour de lui, de piétiner la fleur qui s'épanouit, de cracher sur le chat qui s'éveille après l'aurore, mais Jules n'était pas de ces gens-là. S'il n'était pas un ange, il n'était pas non plus ce genre de fripouille. Il était autrement plus distingué. De plus, il partageait manifestement avec Alexander un point commun, que l'actualité portait au rang de phénomène mondial : la mutation. Lui aussi était un mutant, et plus particulièrement, il avait lui aussi connu cette période où la mutation, naissante et téméraire, se manifeste indifféremment n'importe où, n'importe quand. Combien de fois s'était-il lui-même volatilisé, nuage de poussière incontrôlable et incontrôlée, pour finalement réapparaître nu, et toujours dans des lieux improbables, comme dans les boudoirs d'un couvent, ou dans les allées populeuse d'une rue commerçante ?
Jules savait aussi combien la vie d'un mutant était une chose précaire, cristal fragile jeté négligemment sur un champ de course. A chaque instant, tout lien risquait la rupture, tout projet risquait l'abandon, tout espoir risquait la mort. Alexander, peut-être, en était un exemple phare : jeune étudiant talentueux, il était l'idoles des jeunes de l'Université et de la métropole, en tant que quarter-Back dans l'équipe universitaire de football … Il était littéralement admiré par toutes les filles de l'Université, et par tous les garçons de la chorale. Apprécié de ses professeurs, il était promis à un avenir brillant et lumineux. Mais le terrible manteau de la nuit menaçait désormais que sa réputation était en danger … si l'on découvrait qu'il était un mutant … tout changerait pour lui. De sportif génial, il deviendrait misérable tricheur. D'étudiant rangé, il deviendrait terroriste méprisé. Jules avait-il le droit d'ainsi ruiner sa vie ? Pouvait-il décemment agir comme le plus culotté des scélérats ?
Le compliment flatta Jules. En effet, il était … plus malin que la moyenne. Et il se tourna enfin pour répondre à la question d'Alexander, prenant soin de briser un silence qui, s'il avait trop duré, serait devenu source d'une gêne atroce.
« Monsieur Cash … Alexander, n'ayez aucune crainte. Votre secret sera bien gardé. Vous ne pouvez avoir en moi une confiance absolue, mais je vous promets de ne jamais rien dire à votre sujet. Cet incident … demeurera à jamais entre vous et moi. »
Ne sachant trop quoi dire de plus, par peur de froisser l'étudiant qui semblait encore sous le choc, Jules s'avança vers lui et tira une chaise pour l'inviter à s'y asseoir, sans trop de convictions toutefois : Alexander semblait aller à merveille, comme s'il venait de s'éveiller d'une douce sieste.
« Je vais vous donner un gage de la confiance que vous pouvez placer en moi. »
Faisait-il le bon choix ? Était-il bien sage d'ainsi se révéler à un parfait inconnu ? Alexander Cash paraissait être un jeune homme stable et réfléchi, sociable et généreux, mais était-il pour autant inoffensif ? Ne pouvait-il pas être un de ces fous dégénérés prêts à tout pour assouvir leurs malsaines pulsions ? Fils de la débauche, enfant nourri au sein de la violence, champion du vice et de la délinquance, était-il de ces jeunes premiers qui, sous la couverture tranquille et rassurante de la réussite universitaire, dissimulaient la noirceur d'une âme pervertie par le péché, la corruption et le stupre ? Les yeux clairs du français brillèrent d'amusement alors qu'il songeait à ces terribles choses. Quand bien même Alexander était un psychopathe, il n'en avait cure : cela rendrait les choses intéressantes.
« Observez bien de ce côté. »
De sa main droite, Jules désigna le morne tas de livres étalés sur le sol. Sans quitter son étudiant du regard, car Jules souhaitait observer ses réactions à chaque seconde, le professeur se concentra pour percevoir psychiquement la poussière que le désordre avait secoué en tout sens et qui l'avait couvert d'un voile grisâtre. Alors, peu à peu et insensiblement, la poussière s'agita en une multitude de volutes pales qui s'élevaient jusqu'au visage d'Alexander, déclinant sous ses yeux un admirable ballet aérien d'envergure minimaliste.
« Vous n'êtes plus seul, désormais … Je ne peux vous faire évidemment qu'une démonstration limitée. La suite est … embarassante. »
Traînant les yeux au sol, Jules remarqua un détail quelconque mais intéressant. Il déclara dans un sourire :
« Il vous manque une chaussette. »
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|  | | Alexander Cash Mutant de niveau 1
Nombre de messages: 235 Date d'inscription: 08/04/2010 Localisation: New-York City Clan: neutre Age du personnage: 24 ans Pouvoirs: Maitrise de l'air & métamorphose en gaz inodore et invisible - Niveau 1 Profession: Journaliste spécialisé en économie
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 | Sujet: Re: Entretien et Découverte [Alexandre CASH] Ven 7 Mai - 1:17 | |
| En attendant la réponse de son professeur aux questions qu'il venait de poser, Alexander resta debout, sans bouger. Il s'était rhabillé, à peu prés totalement, et devait afficher un visage légèrement abruti, vide d'expression. Son esprit était on-ne-peut-plus embrouillé, une fois à froid. En revenant sur ce qui venait de se passer, l'étudiant s'obligea à réfléchir plus attentivement aux faits. Déjà, son pouvoir de métamorphose avait évolué depuis la première et dernière fois qu'il s'était manifesté. C'était lorsqu'il avait 16 ans, à ses souvenirs, pendant des vacances d'été passées dans une maison louée par ses parents en Californie, proche de la mer. Il avait l'habitude d'y séjourner pendant 2 semaines chaque été depuis ses 8 ans, il commençait donc à connaitre un peu de jeunes de son âge là-bas. Bref, l'année de ses 16 ans, il avait passé toute une soirée avec une jeune fille, Maria, hispano-américaine du même âge, incroyablement belle. A la fin de la soirée, elle l'embrassa pour la première fois. L'émotion fut tellement forte qu'Alexander perdit toute consistance et ne devint plus que du vent. Il se retrouva, une dizaine de secondes plus tard, allongé nu sur le sable, prés de 500 mètres plus loin. La nudité n'arrangea rien à la prise de conscience de la mutation... Et ce fut aussi dur pour l'une que pour l'autre. Elle s'en alla effrayée et, malgré le nombre non-négligeable d'aventures qu'il connut dans sa vie, cela marqua le jeune-homme. Cette seconde métamorphose le marqua tout autant, même si la personne qui y avait assisté n'avait en rien le même statut, dans l'esprit d'Alexander, que la jeune fille. Enfin, Mr. Visconti répondit à la tirade prononcé par l'étudiant en économie quelques secondes plus tôt. Sa réponse fut spontanée et apaisante à ses oreilles. - « Monsieur Cash … Alexander, n'ayez aucune crainte. Votre secret sera bien gardé. Vous ne pouvez avoir en moi une confiance absolue, mais je vous promets de ne jamais rien dire à votre sujet. Cet incident … demeurera à jamais entre vous et moi. » - Et je vous en remercie. Je vous en serai reconnaissant presqu'éternellement. M'enfin, personne ne peut être éternel. Par les mots utilisés et par l'hésitation que l'homme droit avait formulé à propos de la nomination à donner à Alexander, ce-dernier fut rassuré. Mais cela n'avait pas suffi, d'aprés Visconti, qui renchérit immédiatement. - « Je vais vous donner un gage de la confiance que vous pouvez placer en moi. » Puis il se tourna et souleva sa main droite, montrant ainsi le tas de livre qui était au sol, et continua. « Observez bien de ce côté. »
Ce qu'Alexander fit. Il sentait le regard que le professeur posait sur lui tout en agitant légèrement les mains. Et jamais il n'allait se douter de la révélation qu'allait lui faire cet homme. Qui aurait pu le deviner ? La poussière accumulée sur ces livres mal entretenus se souleva et plusieurs groupes se formèrent, toujours en mouvement, tourbillonant d'une telle manière qu'il aurait été possible de donner une valeur artistique et émotive à cette danse aérienne. L'étudiant avait les yeux grands ouverts. Un autre mutant. Il était à présent persuadé qu'il ne dévoilerait pas son secret. Et il ne pensa pas utile de rajouter qu'il allait de soi qu'il ferait de même à son égard. Ce fut Visconti qui reprit la parole le premier. - « Vous n'êtes plus seul, désormais … Je ne peux vous faire évidemment qu'une démonstration limitée. La suite est … embarassante. » - Embarassante ? D'toute façon, je vais pas vous en demander une plus poussée, celle-ci m'a largement suffi. Et ça serait déplacé. M'enfin. Je vous remercie encore une fois. Vous auriez pu ne pas vous dévoiler et, juste pour me rassurer, vous l'avez fait. Je sais pas comment vous remercier. Il estima préférable de se taire là, évitant le risque de dire quelque chose qui n'aurait pas d'utilité dans ce contexte. Mais tout ce qu'il avait dit était profondément pensé et réfléchi. Il lui était redevable en 2 choses: il garderait son secret, et il lui a montré le sien. D'autres que lui n'auraient certainement pas fait de même. Il allait d'autant plus l'apprécier que son humour décalé avait l'air d'être le même que celui du professeur de droit. Un exemple de ce-dernier fut ce qu'il ajouta, un sourire aux lèvres. - « Il vous manque une chaussette. » Hors contexte, totalement. Mais exact, pour sûr. Alexander jeta un regard à ses pieds et, effectivement, il n'avait mis qu'une seule chaussette. Quant à ses chaussures, elles avaient souffert. Il les avait vu sous la lourde étagère en métal. Déchirées. Tant qu'à faire, pensait-il, autant marcher pieds nus. Il acquiessa d'un sourire à ce que venait de dire son tuteur avec qui il avait plus de points communs que ce qu'il ne pensait dix minutes plus tard, et enleva l'unique chaussette qu'il avait enfilé. Ce geste allait surement être étrange, aux yeux de Visconti. Il s'expliqua donc. - J'aime bien marcher pieds nus. Je me sens déjà en été, comme ça. Et comme mes chaussures ne sont plus en état d'aller au bout de mes pieds... Enfin vous voyez, quoi. Il marqua une pause, puis reprit. Depuis combien de temps vous connaissez vos pouvoirs ? Enfin vous les maitrisez ? Parce que moi... Holalalala. Un désastre, dès qu'ils se manifestent. Vous pouvez me tutoyer, au fait. J'ai l'habitude. Enfin, sauf si ça vous dérange, hein ! En attendant la réponse de son interlocuteur, Alexander se dirigea vers les étagères effondrées. Il souleva tant bien que mal celle sous laquelle se trouvaient ses chaussures en lambeaux. Un bout de feraille les avait découpées l'une et l'autre. Il se redirigea vers la table où il y avait ses affaires et les fourra dans son sac. - Peut être bien que j'pourrais les recoudre ... Alexander jeta ensuite un coup d'oeil du côté des portes, vérifiant que personne n'était là, attendit quelques instants, et se retourna vers le professeur. D'un geste de main mal assuré, il s'éleva dans les airs. Cela lui demandait beaucoup de concentration, lorsqu'il n'y avait pas de vent dans les environs, mais c'était le seul pouvoir qu'il maitrisait à peu prés. En quelques secondes, il atterit en face de Visconti, avec un grand sourire sur le visage. - Ca, j'y arrive à peu prés. J'adore voler ! M'enfin bon, j'éssaie de l'faire le moins possible... Et vous, c'est quoi votre pouvoir, en fait ? |
|  | | Jules Visconti Mutant de niveau 2
Nombre de messages: 47 Date d'inscription: 21/04/2010 Localisation: New York, New York ! Clan: neutre Age du personnage: Il paraît avoir 27 ans. Pouvoirs: Contrôle de la Poussière. Transformation en nuage de poussière. Profession: Juriste Points de rp: 58
 | Sujet: Re: Entretien et Découverte [Alexandre CASH] Sam 8 Mai - 1:24 | |
| Alexander ôta l'unique chaussette qui demeurait à son pied, vestige de la glorieuse paire qu'il avait fièrement enfilé quelques heures plus tôt, lorsqu'il s'était habillé pour la journée. Pieds nus, Alexander avait l'air d'un naufragé, mais il lui manquait la barbe hirsute et les cheveux sauvages du parfait Robinson. Quelle terrible abomination cela eût été ! Gâter ainsi la fraîcheur opaline d'un visage encore épargné par les dures épreuves d'une vie d'aventure. La naissance, l'enfance, l'adolescence, l'amour, la passion, la haine, le chagrin, la tristesse, le désespoir, l'enthousiasme, la souffrance, l'allégresse et la mort sont autant d'aventures qui se répètent inlassablement autour des hommes. Exister, quelle épopée formidable ! Quelle épopée fabuleuse ! Jules observait Alexander avec l'œil du nostalgique et l'admiration du penseur.
«Depuis combien de temps vous connaissez vos pouvoirs ? Enfin vous les maitrisez ? Parce que moi... Holalalala. Un désastre, dès qu'ils se manifestent. Vous pouvez me tutoyer, au fait. J'ai l'habitude. Enfin, sauf si ça vous dérange, hein ! »
Tout en attendant la réplique de son professeur, Alexander alla porter secours à ses chaussures. Jules se garda toutefois de répondre trop rapidement : la précipitation est toujours mauvaise conseillère. Elle conduit les hommes à la ruine, les gouvernements à la faillite, et les astres à l'explosion. Dans la précipitation, Jules avait couché maintes femmes mariées dans son lit, défloré maints jeunes éphèbes à peine sortis du cocon familial, et provoqué la colère de maints créanciers véreux. La précipitation ne lui avait jamais attiré que des ennuis, alors il n'allait pas courir le risque de tout révéler à un jeune étudiant potentiellement impressionnable. Comment réagirait-il, s'il voyait le corps de son professeur disparaître sous ses vêtements pour devenir un nuage de poussière ?
«Peut être bien que j'pourrais les recoudre ... »
Alexander était toujours occupé par ses chaussures et leur triste destin. Périr déchirée sur le fer hargneux d'une étagère … il y avait des morts plus dignes, même pour des chaussures !
«Hélas, je crois qu'ici s'achève leur voyage.»
S'il avait été sensible, Jules aurait versé une larme. Le jeune sportif adopta alors un comportement qui, quelques instants encore auparavant, aurait sans doute paru très étrange. Maladroitement, il s'éleva dans les airs, à la manière des moines levantins des fables orientales. Il se déplaça alors, malhabilement, jusque devant Jules, qui gardait sur lui un œil profond et perçant.
«Ca, j'y arrive à peu prés. J'adore voler ! M'enfin bon, j'éssaie de l'faire le moins possible... Et vous, c'est quoi votre pouvoir, en fait ? »
«Eh bien ... »
L'enthousiasme d'Alexander était des plus rafraichissants. Jules, moins habitué qu'auparavant à la compagnie des jeunes gens depuis qu'il avait intégré le corps enseignant de l'Université de New York, retrouvait avec bonheur un peu de sa propre jeunesse, qu'il avait oublié sur les rives noires de la pointe bretonne, à l'époque où il manqua de crever tel un chien surpris par la marée montante. Conscient que son silence observateur était susceptible d'intriguer Alexander, et soucieux de ne pas l'intimider ou l'inquiéter, Jules répondit alors d'une voix où transpirait le parfum du souvenir.
«J'ai découvert mes pouvoirs il y a bien longtemps en des temps et des lieux différents ...»
C'est alors qu'il réalisa sa bévue. Pouvait-il exposer Alexander Cash au terrible choc de la révélation de son âge très avancé ?
«Enfin, je n'avais qu'une vingtaine d'années, lors de la révélation de ma nature particulière.» La voix de Jules trahissait son malaise. Toutefois, par la suite, elle reprit son assurance et son allure.
«Mais je pense maîtriser l'étendue de mon pouvoir. J'ignore s'il est susceptible d'encore évoluer, cela dit..»
Jules étendit son bras devant lui, fixant avec une insistance suspecte la paume de sa main droite. Ses doigts frémirent, et peu à peu se décomposèrent en une myriade infinitésimale de grain de poussière formant un nuage stabilisé autour de son poignet. Tout en l'agitant devant Alexander, Jules poursuivait.
«...A vrai dire, c'est l'aspect de mon pouvoir que je préfère. Cette affinité à la poussière m'a sauvé maintes fois la mise.»
C'était particulièrement vrai, quand on considère que Jules avait par trois fois échappé à une exécution capitale grâce à une transformation inopinée en poussière.
«Depuis quelques temps, j'arrive à localiser la transformation, comme vous pouvez, enfin tu ... »
Mais alors il perdit le contrôle. Son bras, suivi par l'ensemble de son corps, des pieds à la tête, devint un large nuage de poussière attirant à lui la pruine domestique environnante. Ses vêtements churent sur le sol en un tas déplié. Presque immédiatement, Jules évolua, nuage dangereux pour les bronchiteux et les asthmatiques, dans la pièce, pour finir sa course dernière un grand et épais rideau rouge. Il s'y dissimula et retrouva sa forme humanoïde.
«Ahem … voilà ce qui arrive, quand on fanfaronne ...»
Le teint de Jules était plus rouge que le rideau derrière lequel il s'abritait. La honte et l'amusement, toutefois, se disputait le monopole de ses pensées.
«Si vous … tu pouvais me passer mes vêtements … Attention aux chaussures : elles sont milanaises, le cuir est très précieux.»
Dernière édition par Jules Visconti le Lun 10 Mai - 15:12, édité 1 fois |
|  | | Alexander Cash Mutant de niveau 1
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 | Sujet: Re: Entretien et Découverte [Alexandre CASH] Lun 10 Mai - 1:11 | |
| Au moment où Alexander allait mettre ses chaussures à l'intérieur de son sac, le professeur de droit fit une remarque. D'aprés lui, ces chaussures avaient fini leur vie ici. Apparemment, il ne connaissait pas Anna Cash, celui-là ! La reine des mères ! Elle sait tout faire, et son fils adoptif l'a toujours admiré pour ça. C'était bien le contraire de son père, bricolo à ses heures, mais tête en l'air comme c'est pas permis. Surtout pour un médecin. M'enfin, cela ne lui avait jamais posé problème dans sa carrière, grâce à... sa femme. Finalement, les deux allaient bien l'un avec l'autre. Ils se complétaient parfaitement. Et il y avait des chances pour que ce soit son père qui en sortait gagnant. Tout ça pour dire que les chaussures seraient d'ici quelques jours réutilisables, à défaut d'être comme neuves.
Aprés être revenu auprés de Visconti sans toucher le sol, il posa une question à son professeur, concernant son pouvoir, en complément de celles posées plus tôt. Ce à quoi l'homme répondit, d'une voix trahissant la nostalgie, comme si cela faisait une éternité, alors qu'il n'avait pas encore atteint la trentaine: - «J'ai découvert mes pouvoirs il y a bien longtemps en des temps et des lieux différents... Enfin, je n'avais qu'une vingtaine d'années, lors de la révélation de ma nature particulière. Mais je pense maîtriser l'étendue de mon pouvoir. J'ignore s'il est susceptible d'encore évoluer, cela dit... A vrai dire, c'est l'aspect de mon pouvoir que je préfère. Cette affinité à la poussière m'a sauvé maintes fois la mise.» En même temps qu'il parlait, il agita ses mains d'une manière qui paraissait être parfaitement aléatoire. En quelques secondes, un nuage de poussière entoura son poignet. Alexander essayait de s'imaginer un tel pouvoir maitrisé par un allergique. M'enfin, heureusement, Visconti ne l'était apparemment pas. Les volutes jaunes et grises pales s'épaississaient et s'étendaient sur ton son bras, à présent.
- «Depuis quelques temps, j'arrive à localiser la transformation, comme vous pouvez, enfin tu ... »
De nouveau, Alexander préféra rester silencieux et simplement regarder ce qui pourrait bien se passer et, avant la fin de sa phrase, le professeur se vit être recouvert d'une grosse couche de poussière. Son corps se dématerialisa et, comme l'étudiant quelques instants plus tôt, il s'éleva en l'air et partit de l'autre côté de la pièce. Et, evidemment, un tas de vetements resta au point d'origine. Avant qu'Alexander n'ait eu le temps de le voir, le professeur se rematerialisa derrière un rideau rouge, assez épais pour que la lumière du soleil ne passe pas à travers. - «Ahem … voilà ce qui arrive, quand on fanfaronne... Si vous … tu pouvais me passer mes vêtements … Attention aux chaussures : elles sont milanaises, le cuir est très précieux.»
Avant de faire le moindre mouvement, avant même de prononcer un mot, le jeune sportif resta debout, incrédule. En gros, ils avaient le même pouvoir, sauf que pour l'un c'était la poussière, et pour l'autre, le vent, tout simplement. La gêne qui s'entendait dans la voix du professeur, plus sa requête en ce qui concernait ses chaussures, il n'en fallait pas plus à l'étudiant. Il explosa de rire, le genre de fou rire incontrôlé et incontrôlable, le genre de fou rire qui fait vraiment trés mal au ventre au bout d'une dizaine de secondes. Il fit donc attendre l'autre mutant, presque contre sa propre volonté, mais il lui était impossible de bouger, le rire le tenait. Deux ou trois minutes plus tard, aprés avoir épuisé le stock des quelques larmes de son corps, il se décida à amener les affaires au professeur. Il fit bien attention avec les "milanaises", avec un petit rire nerveux à chaque pas. Rien de plus improbable que cette journée de travail, se disait-il. Quand il arriva prés du rideau, il détourna la tête de manière à ne pas pouvoir le voir, et déposa les vêtements sur le sol, puis il repartit dans le sens opposé, attendant que l'homme se rhabille. Encore un petit rire ? Ahahahahahah. Voila, ça devrait aller pour aujourd'hui. Il avait rarement fait autant travailler ses abdominaux qu'à ce moment.
- Bon, j'ai compris. Donc vous c'est la poussière. HmhmHm. Désolé quand j'y repense ça m'fait... Hmhmhm. Il est nécessaire de noter que le Hmhmhm en question était ce genre de ricanement à bouche fermé et qui fait surtout travailler le nez. - Nan mais, vous imaginez l'improbabilité de ce qu'il vient de se passer, là ? C'est nimp' ! Mais en même temps, c'est énorme ! Sérieux ! Holala j'avais jamais pensé que ça allait être une journée pareille quand j'me suis levé ce matin. Nan mais ça vous fait pas halluciner ? Devant le changement radical de façon de parler de l'étudiant, il était possible que le professeur Visconti soit légèrement étonné. Mais à vrai dire, cela importait peu, et tellement d'informations entraient dans le crane du jeune homme qu'il en restait totalement chamboulé. Il ajouta, d'une voix plus calme et plus mesurée: - Bon... Béh on fait quoi maintenant ? |
|  | | Jules Visconti Mutant de niveau 2
Nombre de messages: 47 Date d'inscription: 21/04/2010 Localisation: New York, New York ! Clan: neutre Age du personnage: Il paraît avoir 27 ans. Pouvoirs: Contrôle de la Poussière. Transformation en nuage de poussière. Profession: Juriste Points de rp: 58
 | Sujet: Re: Entretien et Découverte [Alexandre CASH] Lun 10 Mai - 16:35 | |
| La situation était des plus embarrassantes. Alexander Cash, indifférent à la terrible honte qui ravageait chaque centimètres carrés de la peau de son professeur, riait tout bonnement. Il ne se moquait certes pas – du moins, Jules l'espérait, le rouge au front, de pudeur et de rage – mais demeurait immobile, tel un mime affligé d'une hilarité bestiale et obscène. Jules s'impatientait derrière le rideau dont l'épais tissu commençait à gratter sa peau nue. Les secondes devenaient des parcelles d'éternité, et le temps lui sembla bien long avant que ses vêtements ne parvinrent jusqu'à lui. Alexander eut la décence de ne pas le regarder pendant qu'il se rhabillait et Jules l'en sut gré, quoiqu'il ne comprenait guère ce que la situation avait de si comique. Probablement l'eût-il compris et eût-il ri de bon cœur si lui-même avait été le spectateur de son propre ridicule. Mais le voile délicat de la pudeur est bien souvent plus mordant que la pointe d'une lame.
« Bon, j'ai compris. Donc vous c'est la poussière. HmhmHm. Désolé quand j'y repense ça m'fait... Hmhmhm. »
Le sportif ne s'arrêtait plus de rire, quoiqu'il fît au moins un effort pour se maîtriser. Au fond de lui, Jules savait très bien qu'Alexander ne se moquait pas de lui mais qu'au contraire il riait du comique de la situation. Il était jeune, plein de vie et spontané, n'était-il pas normal que sa réaction soit si fraiche et directe ? Jules commença par épousseter tous ses vêtements qui, couverts de poussière, nécessiteraient bien davantage d'attention pour être tout à fait comme neufs. Il se glissa dans ses sous-vêtements, que la poussière avait lacérés par endroit. Il lui faudrait en racheter de nouveaux s'il ne voulait pas risquer d'être ridicule, à l'occasion. Il quitta l'abri sûr du rideau pour saisir le reste de ses vêtements. Il n'avait pas la carrure impressionnante du sportif, et il espérait bien que celui-ci n'en profiterait pas pour le regarder. Rapidement, il enfila son pantalon et se redressa sur ses jambes pour passer sa chemise. Il noua sa cravate et fut heureux de constater que ses précieuses chaussures n'avaient rien. Il serra sa ceinture et soupira de soulagement.
« Nan mais, vous imaginez l'improbabilité de ce qu'il vient de se passer, là ? C'est nimp' ! Mais en même temps, c'est énorme ! Sérieux ! Holala j'avais jamais pensé que ça allait être une journée pareille quand j'me suis levé ce matin. Nan mais ça vous fait pas halluciner ? »
Certes, il y avait de quoi « halluciner ». Alors que la journée avait commencé des plus banalement et qu'elle avait promis d'être des plus ennuyeuses, voilà qu'il se trouvait face à un étudiant dont il n'ignorait plus rien et ce jusque dans l'intimité, et qu'il s'était même révélé à lui d'une façon des plus … inconfortable. Jules retrouva le sourire. Après tout, ce n'était pas la première fois que ce genre d'incident lui arrivait. Et ce n'était certes pas ce jeune homme qui allait l'intimider. Posant un regard de biais sur Alexander, Jules se souvint alors qu'il en avait rencontré de nombreux autres, mutants ou non, et qu'il en gardait pour la plupart d'excellents souvenirs. Son sourire se fit plus ambigu. Alexander avait l'air particulièrement transporté par ce qui leur arrivait, et cela rassura Jules. Mais il ne perdait pas de vue les priorités du moment.
« Bon... Béh on fait quoi maintenant ? »
Ils ne pouvaient, en effet, pas quitter les lieux ainsi sans risquer de se faire remarquer. Toutefois, Jules avait plus d'un tour dans son sac, et se soustraire à l'embarras d'une situation épineuse était sa spécialité.
« Prends ton sac. J'ai une idée. »
Lui-même saisit sa veste et prit sa sacoche et s'approcha d'un coin de la pièce au sommet duquel trônait, comme oublié, la borne d'un détecteur de fumée. A l'aide d'un briquet qu'il tira de ses affaires, Jules excita les récepteurs de celui-ci. Quelques minutes plus tard, l'alarme incendie résonna dans toute la bibliothèque, et des bornes situées à intervalle régulier au plafond jaillit une eau froide et conquérante venue éteindre l'incendie fictif. Hors de la pièce, on entendait les cris paniqués des étudiants et des usagers du grand sanctuaire. Trempé, Jules, posa une main pressante sur l'épaule d'Alexander.
« Le cuir de Milan ne prend jamais l'eau ! Quant à toi, prends garde à ne pas glisser dans les escaliers. Retrouvons-nous sous la statue de Jefferson. »
Jules posa sur Alexander un large sourire qu'il agrémenta d'un clin d'œil. Et l'instant d'après, il quittait la pièce en courant, se joignant à un groupe d'étudiantes qui hurlaient à gorge déployée, agitant leurs bras dodus en direction des escaliers, les cheveux poisseux et ruisselants de l'eau tombant du plafond. Jules savait que la bibliothèque, nullement aux normes en vigueur, ne disposait pas d'un système de sécurité très élaboré en matière de lutte contre les incendies : la prévention comme la protection n'étaient pas localisées et une menace dans une pièce n'entraînait pas une réponse localisée, mais bel et bien une réponse globale, si bien qu'il « pleuvait » dans toutes les salles du bâtiment, ce qui provoqua une panique monstrueusement drôle. Profitant de la cohue générale, Jules et Alexander pouvait se soustraire librement à l'embarras de leur situation et de leur état. Et en de telles circonstances, qui se soucieraient de la chemise déchirée du professeur Visconti, ou des pieds nus d'Alexander ?
En quelques minutes d'une folle course – durant laquelle il lutta comme un diable pour réprimer un fou rire éminemment nerveux –, Jules arriva dans la square qui avoisinait la bibliothèque et où se dressait, fier comme un paon, le troisième président des États-Unis dans son majestueux habit de bronze. Jules, qui connaissait bien les lieux, avaient pris un raccourci et était arrivé avant Alexander, qui ne tarda pas à se montrer, le visage ruisselant d'eau froide.
« Tu as raison. Je crois que je n'oublierai jamais cette « après-midi d'étude ». »
Jules ne sut se retenir davantage. Hilare, il prit appui sur ses genoux pour reprendre son souffle. Finalement, au diable la gêne éprouvée face à son étudiant ! Quoi qu'elle pût bien trahir, il n'était pas encore temps de se poser ces questions. Jules n'avait plus ri de si bon cœur depuis bien longtemps, et pour cela, Alexander avait acquis son respect et son affection.
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|  | | Alexander Cash Mutant de niveau 1
Nombre de messages: 235 Date d'inscription: 08/04/2010 Localisation: New-York City Clan: neutre Age du personnage: 24 ans Pouvoirs: Maitrise de l'air & métamorphose en gaz inodore et invisible - Niveau 1 Profession: Journaliste spécialisé en économie
Professeur d'économie et de communication à l'université Points de rp: 90
 | Sujet: Re: Entretien et Découverte [Alexandre CASH] Lun 10 Mai - 23:38 | |
| Visconti mit cinq bonnes minutes pour revenir de sa cachette, derrière les épais rideaux rouges, dans cette pièce réservée aux professeurs de la bibliothèque universitaire. Lorsqu'il arriva, il était habillé et... poussiéreux. Ses vêtements avaient apparemment assez mal vécu la démonstration qu'il avait offert à l'étudiant. A la question de ce-dernier sur la suite des évènements, la réponse aurait paru banale à tout le monde, y compris à Alexander, mais rien ne pouvait laisser deviner les idées traversant l'esprit du professeur de droit.
- « Prends ton sac. J'ai une idée. »
Ce qu'il fit aussitôt. Une fois son sac à la main, les documents rangés dans le sac, de même que les vêtements, l'étudiant alla retrouver Visconti, attendant ce qui allait suivre. Sans l'attendre, le prof s'était déjà dirigé vers un coin de la salle, et se tenait sous un petit boitier en plastique, où l'on pouvait voir une petite LED rouge clignoter. Il sortit son briquet et le passa sous le dispositif. Alexander mit autant de temps à comprendre ce que c'était que ce boitier blanc presqu'invisible que l'alarme incendie en mit à se déclencher. Quelques secondes plus tôt, l'eau qui allait avec arriva aussi. Visconti courut vers l'étudiant, lui posa une main sur l'épaule, et ajouta:
- « Le cuir de Milan ne prend jamais l'eau ! Quant à toi, prends garde à ne pas glisser dans les escaliers. Retrouvons-nous sous la statue de Jefferson. » - Mais ... Vous êtes... Enorme !
Tout en rigolant, Alexander partit à la poursuite de son professeur, lequel avait déjà prit une bonne longueur d'avance. Tous les étudiants étaient trempés, l'éléctricité avait été coupée, empechant les ordinateurs de griller et les jeunes de s'éléctrocuter. Tous criaient et courraient dans les couloirs de la bibliothèque. Le personnel était désemparé et quelques uns cherchaient l'origine du feu. En les croisant, Alexander baissa les yeux vers ses pieds nus. C'était vraiment du n'importe quoi, cette journée. A peine sortit du batiment, les étudiants vérifièrent l'état de leurs sacs et des documents qu'ils transportaient. Les plus malchanceux - et ils étaient beaucoup - avaient eu l'idée d'apporter leur ordinateur portable pour réviser. Erreur. Le système anti feu était général, et, de ce fait, vraiment trés mal conçu.
Alexander devait être le seul à n'avoir que faire de son sac à dos. Aussi, surement, le seul à être pied nu. Alors qu'il était dans le hall d'entrée - de sortie, dans ce cas - il glissa à cause du sol lisse mouillé et s'étala sur le sol, se prenant un des gros pots de fleurs disposés de chaque côté de la grande double porte. Il se releva tant bien que mal et, une fois dehors, réfléchit à une chose. Allait-il rejoindre le professeur à l'âme d'enfant adulte - ou d'adulte enfant, à vous de voir ? Bien sûr que oui !
Il se dirigea donc vers le petit espace vert à quelques centaines de mètres de là, et voyait que, devant la statue du président, Visconti l'attendait, un grand sourire aux lèvres. Avant qu'Alexander arrive, il dit à voix haute et forte:
- « Tu as raison. Je crois que je n'oublierai jamais cette « après-midi d'étude. » - Ah béh ça, j'en doute pas un instant !
Quelle aprés-midi ! Pleine d'émotions ! En y repensant et en voyant le large sourire de son compagnon d'étude, l'hilarité reprit le dessus. Alexander explosa de rire, à nouveau. Le fait de découvrir la folie enfantine qui était passée par la tête de son tuteur d'un jour, en plus de son pouvoir, c'était trop. Trop pour un seul homme. En tout cas, trop pour un simple inconnu. C'était sûr que ces deux là n'en resteraient pas à se dire bonjour. L'étudant ne s'en rendit compte que quand il arrêta de rire mais l'homme de droit rigolait encore plus fort que lui. Décidément, il était pas banal ce prof. Une fois qu'il eut reprit son souffle, le sportif prit la parole, d'une voix pleine de certitude.
- Eh ben, heureusement qu'il fait beau ! J'suis trempé, moi. Ils pourraient au moins mettre de l'eau chaude dans leur dispositif d'incendie là ! Bon béh j'vous propose de sécher, maintenant. On a pas grand chose d'autre à faire, je pense.
Sans attendre la réponse du professeur, il alla s'allonger dans la pelouse pour se prélasser au soleil, admirant les oiseaux dans le ciel bleu. Soudain, retour à la réalité. Alex en fit part à Visconti, d'abord sérieux, puis ensuite avec le même sourire que vingt secondes plus tôt.
- Vous imaginez que maintenant les trois quarts des livres sont foutus ? Bon, du moment que personne sait que c'est nous. Et puis t'façon, les livres rares sont stockés à l'extérieur de la BU, normalement. Nan mais sérieux, qu'est-ce qui vous est passé par la tête ? J'étais bien loin d'me douter qu'vous oseriez faire ça. Vous paraissez si droit, ça fait zarb. Bizarre, quoi. M'enfin, dans tous les cas, vous avez gérer sur ce coup là ! C'était délirant ! Je vous voyais vraiment pas comme ça. Ah désolé si je me répete, c'est juste que ce qui vient de se passer me parait totalement barge ! |
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