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| | Le rat et la lionne [Ororo Munroe] | |
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Jules Visconti Mutant de niveau 2
Nombre de messages: 47 Date d'inscription: 21/04/2010 Localisation: New York, New York ! Clan: neutre Age du personnage: Il paraît avoir 27 ans. Pouvoirs: Contrôle de la Poussière. Transformation en nuage de poussière. Profession: Juriste Points de rp: 58
 | Sujet: Le rat et la lionne [Ororo Munroe] Mer 5 Mai - 21:17 | |
| Le rat et la lionne
Ou
Une rencontre délicieuse Dans un passé peu lointain, au début des années 2000, un jeune homme marchait d'un pas lent dans les rues d'une ville poussiéreuse de l'est africain. La journée avait été particulièrement épuisante. Il avait erré, seul et sans but précis aux alentours de la plage et de l'hôtel, une fois de plus. Il s'ennuyait terriblement, mais profitait de chaque instant pour offrir sa peau au chaud baiser du grand œil solaire. Bien qu'il n'en fût rien extérieurement, Jules se sentait vieillir, il se sentait fléchir sous le poids d'une œuvre qu'il ne pouvait accomplir. Comme Prométhée attaché au flanc de la montagne et dévoré par un aigle vorace, Jules sentait la fatigue qui le rongeait de l'intérieur, alors il décida de s'arrêter sur la plage pour contempler la course lente du soleil dans le ciel. L'astre flamboyant s'éloignait à l'intérieur des terres : bientôt viendrait le crépuscule et son cortège infini d'étoiles de souvenirs amers. Jules ferma les yeux pour s'aveugler de pensées folles et mouvantes. Il avait dépensé une petite fortune en terre kenyane, depuis son arrivée. Certes le voyage avait coûté une misère, et il était logé gratuitement à l'hôtel, car le propriétaire et lui se connaissaient. Mais il avait déboursé une coquette somme pour financer une expédition archéologique en vue de retrouver un trésor. Il s'agissait d'un vase indien qui sommeillait désormais, bien à l'abri dans le coffre-fort de l'hôtel, mis à la disposition des clients les plus fortunés, et les plus sûrs. La plage caressait la peau nue de ses jambes : très légèrement vêtu, Jules s'était allongé de tout son long sur le sable. Il y aurait sans doute du sable dans ses poches, mais il n'en avait cure. Seul, il avait songé à aller quérir la compagnie de l'une de ces touristes européennes ou américaines descendues à l'hôtel, mais il se ravisa bien vite quand il comprit qu'elles étaient toutes de ces petites dindes aussi sottes que belles. Au loin, quelques bateaux tranchaient le ciel, voguant tranquillement sans se soucier de l'orage qu'un météorologue craintif avait annoncé comme « fulgurant et inattendu ».
Jules regagna les jardins de l'hôtel, puis entra dans le bâtiment lui-même. Il croisa le propriétaire, qui le salua chaleureusement et l'accompagna jusqu'à la suite « Victoria » où il logeait. Une fois seul, il s'assura que toutes ses affaires étaient à leur stricte place, puis décrocha le téléphone. Il composa le numéro de la réception et réclama que lui fût envoyé le service d'étage – il s'agissait d'une prestation dont il savait user et abuser. Hélas, il fut très déçu. Le garçon d'étage était très charmant, mais bien naïf, et trop sirupeux, si bien que Jules s'était lassé de lui avant même qu'il ne dît quoi que ce fût. Le jeune français garda pour lui le champagne et la desserte couverte de délicieuses victuailles, et congédia le jeune homme en lui glissant un maigre pourboire dans les mains et une phrase assassine au creux de son oreille.
« Vous êtes jeune, et gentil … C'est insupportable. Au revoir. »
Une fois seul, il se servit un verre de la précieuse boisson pétillante et alcoolisée. Le champagne était pour lui de meilleure compagnie qu'un adorable jeune homme. Était-il à ce point désespéré et malheureux ? Quelle était ce sentiment étrange et pénétrant qui glissait sur son échine, tel la douce caresse d'un frisson hivernal ? L'ennui, naturellement, terriblement. C'est ainsi que tout commença, il s'ennuyait, et malheureusement, c'est ainsi que tout semblait destiné à finir : il s'ennuyait toujours. Si les singes savaient s'ennuyer, deviendraient-ils des hommes ? Un sourire fendu découvrit ses dents blanchies par les années. Qu'il était sot de se poser de telles questions ! Il reposa la coupe de champagne sur la desserte, et prit dans sa bouche une morceau de pomme trempé dans du chocolat noir fondant. La gourmandise trompait l'ennui mais ne l'éloignait pas. La friandise l'excita quelque peu, aussi décida-t-il d'aller se promener dans l'hôtel, pour voir s'il n'y avait pas parmi les touristes d'un moment et les nantis de toujours quelque nouveauté intéressante. Il était obligé de rester quelques jours, sinon plus, au Kenya, aussi songeait-il avec raison à rentabiliser son excursion en terre africaine.
Il ne croisa personne dans le couloir, mais il devina au bruit qu'ils faisaient que ses voisins étaient très occupés dans la chambre voisine – la dame criait si fort qu'il était difficile de l'ignorer. Marchant gaiment vers d'autres champs de bataille, Jules prit l'ascenseur, où il croisa la route d'un vieux canadien qui insista pour le photographier. Très amusé par cette initiative grotesque, Jules ne s'y opposa pas, et se flatta d'intégrer si facilement les albums du vieillard hirsute et malodorant. La chance lui sourit, car à l'arrivée de la machine au rez-de-chaussée, le canadien prit la direction de la piscine, alors que Jules opta pour les salons. Ils n'étaient pas déserts, mais il n'y avait pas foule non plus. Là, un couple lisait paisiblement les nouvelles, confortablement installé sur une paire de fauteuils boursouflés. Plus loin, trois hommes étaient à table, et jouaient aux cartes en fumant d'énormes cigares. Près des hautes fenêtres, une jeune femme à la mine exquise exhibait son chien, « Duffy », à ses amies qui se pâmaient littéralement à la vue du poil soyeux et du museau mutin du petit animal, un bichon maltais méprisable et affreux.
« Ah ! Jules ! Enfin je vous retrouve ! »
Accourant,le propriétaire de l'hôtel s'approcha de lui.
« Qu'y a-t-il, Vlad ? - J'ai discuté avec le collectionneur de Nairobi. Il prétend avoir des reliques semblables au trésor que tu as trouvé, et accepte de venir ici pour te rencontrer si tu es intéressé. »
Jules haussa un sourcil enjoué. Il connaissait bien ce collectionneur, un passionné résolument optimiste qui avait toujours son mot à dire sur toutes choses. Le revoir serait, assurément, un divertissement de première classe.
« Bien sûr que je suis intéressé. Qu'il vienne au plus tôt. - Parfait ! Je l'appelle dans la soirée et je le fais venir dès que possible.»
Le propriétaire de l'établissement quitta les salons à pas pressés et nerveux. Vlad Wellington était très certainement l'homme le plus énergique d'Afrique. Bien qu'il eût plus d'une cinquantaine d'années, il semblait doué d'une forme et d'une énergie impérissables. Mais bientôt l'attention de Jules fut captée ailleurs. En effet, près de lui dans les salons, l'agitation s'élevait et troublait la quiétude séculaire qui, ordinairement, régnait en ces lieux.
Dernière édition par Jules Visconti le Sam 8 Mai - 13:52, édité 1 fois |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Le rat et la lionne [Ororo Munroe] Sam 8 Mai - 12:55 | |
| Le Déluge n’avait pu lui résister. Elle l’avait vaincu, voila de cela plusieurs mois. Oh, elle n’avait pas réalisé cet exploit seule. Elle avait reçu l’aide d’un groupe de personnes qui avaient tout l’air d’être, à son instar, des Dieux. L’une avait des cheveux d’un roux flamboyant, l’autre avait une visière d’où sortait un rayon d’une intense couleur rouge. Ororo les avait remerciés avec le respect dû à leur rang. Puis, ils étaient repartis. Depuis, Ororo continuait de veiller sur la tribu qui la vénérait. Grâce à elle, les moissons étaient exceptionnellement importantes et de bonne qualité. Elle recevait des fleurs en remerciement, et elle était nourrie et logée parmi les gens de la tribu qui voyait comme un honneur d’héberger une Déesse. La jeune femme ne s’était jamais réellement posé la question d’où lui venaient ses pouvoirs. Ils s’étaient déclenchés à l’adolescence, alors qu’elle était en danger. Depuis, elle avait appris à les maîtriser mais c’était encore loin d’être parfait. Cependant, voila de cela quelques jours, le Dieu chauve l’avait recontacté. Il avait des ennuis avec les Dieux qu’il formait et il sollicitait l’aide de Ororo. Ce faisant, il lui révéla qu’il n’était pas un Dieu, pas plus qu’elle et qu’en réalité, ils étaient des mutants. Des humains qui avaient dans leur corps une mutation leur permettant d’acquérir des pouvoirs extraordinaires. Ororo ne sut que répondre et promit qu’elle réfléchirait rapidement à la demande d’aide de celui qui se nommait le Professeur Xavier. Elle n’avait pas encore fait part de son nouveau savoir à la tribu. Qui pouvait prédire leur réaction ? S’ils apprenaient qu’elle n’était pas une Déesse, pour peu qu’ils le croient, ne voudront-ils pas lui faire payer sa traitrise et son mensonge ? Ororo, prudente, préférait attendre avant de leur avouer la vérité. En attendant, elle avait besoin de marcher et de réfléchir. Elle sortit donc du village. M’Baré, un guerrier qui se faisait un devoir de lui servir de « garde du corps », se leva lorsqu’il la vit sortir de sa petite case. Elle secoua la tête, lui signifiant qu’elle voulait être seule. M’Baré s’inclina respectueusement et se rassit. Le regard d’Ororo s’arrêta sur une gerbe de fleurs déposée devant sa case. Elle savait depuis longtemps que M’Baré concevait pour elle un respect qui allait au-delà de sa qualité de Déesse. Il avait conçu une profonde jalousie envers T’Challa, l’ancien amant de Ororo. La jeune femme se pencha et prit une fleur qu’elle détacha pour la mettre dans ses cheveux, derrière son oreille. M’Baré lui adressa un sourire rayonnant et Ororo partit. Elle dirigea ses pas vers la plage. Elle marchait pieds nus, vêtue de l’habit traditionnel de la tribu. Une étroite bande de tissu lui emprisonnait la poitrine tandis que ses hanches étaient enserrés d’une sorte de pagne élaboré, dans des tons bruns ocres, et s’arrêtant à mi-cuisse. Ororo était particulièrement à l’aise dans cette tenue qui n’entravait pas ses mouvements. Elle marchait donc, pieds nus, dans le sable, savourant la brûlure du soleil sur sa peau d’ébène. La plage s’étendait à perte de vue. Elle sourit et modifia sa trajectoire pour atteindre la ligne que formait l’eau. Elle s’enfonça progressivement dans l’eau, la fraicheur du liquide apportant un délassement fort agréable. Elle aperçut une structure assez grande sur le sable non loin et elle s’en rapprocha, sortant de l’eau. Un haut grillage défigurait la plage, arborant l’écriteau « propriété privée, réservée aux clients de l’hôtel ». Ororo fronça les sourcils. Le sable appartenait à tout le monde. Elle regarda la barrière et très vite, des nuages s’amoncelèrent autour de sa tête. D’où étaient-ils venus ? Mystère. Le tonnerre gronda et la foudre s’abattit sur la barrière, faisant tomber une partie au sol. Aussi vite que les nuages étaient apparus, ils s’évanouirent. Ororo traversa alors la barrière devenue inutile. Une terrasse était installée où des femmes prenaient le thé. En voyant la « jeune sauvage », à demi-nue et dégoulinante d’eau, entrant sur leur territoire après qu’un étrange orage imprévu se soit déclenché, les dames poussèrent des petits cris effarouchés et rentrèrent à toute vitesse dans l’hôtel. Ororo eut un sourire amusé. Ses Européennes étaient si étranges. La jeune femme se rendit compte que l’hôtel s’était accaparé la plus belle partie de la plage, où le sable était plus fin et l’eau plus claire. Elle tourna la tête vers la mer dorée des rayons du soleil. Puis, elle se dirigea à nouveau vers l’eau dans laquelle elle se glissa avec délectation.
Mais je vous jure, Monsieur, je l’ai vu, comme je vous vois ! Oui, elle a passé le grillage, elle a pénétré par infrac.. par effraction ? Enfin, je ne sais plus comment l’on dit mais elle ne devrait pas être là ! Rendez-vous compte, une sauvage, à moitié nue ! Ils ne sont pas civilisés.
Le directeur de l’hôtel était assailli par une véritable basse-cour qui pépiait autour de lui. Le directeur jeta un coup d’œil au propriétaire de l’hôtel qui discutait avec un jeune homme. Celui qui gérait ce bâtiment qui ne lui appartenait pas, était originaire d’ici. Il était très respectueux des traditions et des croyances. Et lorsque les femmes lui parlèrent d’un orage venu d’on ne sait où, le directeur tressaillit. La Déesse. Il ne voyait que cela comme explication. Le propriétaire se rapprochait et il allait devoir lui expliquer les raisons de cette agitation. Comment pourrait-il se dresser contre la volonté des Dieux ? Le propriétaire était un Blanc. Un homme ignorant de ces choses-là. Il jeta un coup d’œil par la fenêtre, apercevant effectivement celle que tous les habitants connaissaient pour être la Déesse du temps.
Que se passe-t-il, N’Buro ?
Le directeur déglutit avec difficulté.
Euh… Et bien, monsieur, il semblerait qu’une femme se soit introduite sur le terrain de l’hôtel en détruisant la barrière…
Dans ce cas, il faut la chasser, N’Buro. Qu’attendez-vous donc pour le faire ?
Le directeur, gêné, ne savait comment réagir. Risquait-il de perdre son emploi en révélant ce que le propriétaire jugerait comme de la superstition ?
Pendant ce temps, Ororo venait d’émerger, ruisselante de l’eau. Cela lui avait fait un bien fou. Ce fut alors qu’elle aperçut un jeune homme sur la plage. Elle se dirigea d’un pas tranquille sur le sable mouillé, ne lui prêtant que peu d’attention pour le moment, bien qu’elle ait remarqué la finesse de ses traits.
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|  | | Jules Visconti Mutant de niveau 2
Nombre de messages: 47 Date d'inscription: 21/04/2010 Localisation: New York, New York ! Clan: neutre Age du personnage: Il paraît avoir 27 ans. Pouvoirs: Contrôle de la Poussière. Transformation en nuage de poussière. Profession: Juriste Points de rp: 58
 | Sujet: Re: Le rat et la lionne [Ororo Munroe] Dim 9 Mai - 17:47 | |
| Jules s'était très rapidement détourné de la crainte paniquée qui s'était répandue parmi les quelques personnes présentes dans le salon quand un homme annonça la présence d'un intrus sur le territoire de l'hôtel. Pourquoi tout ce raffut ? Ne suffisait-il pas au gardien d'aller la faire partir sans attendre ? Ne suffisait-il pas, si elle opposait une résistance quelconque, de faire intervenir la force publique ? Toute cette agitation le dépasser. Certes, l'éclair soudain qui avait frappé la clôture de l'hôtel était de nature à surprendre et à inquiéter, mais il semblait peu probable que la foudre frappât à nouveau, et au même endroit Néanmoins, Jules suivit un petit groupe qui allait vers les plages, précisément là où la grille avait été victime des feux du ciel. Nullement intéressé par ce prodigieux événement, il préféra marcher sur la plage, observant de loin l'agitation des clients de l'hôtel, de son propriétaire et de son personnel. Il remarqua alors qu'une jeune femme, manifestement originaire de la région, à en croire son apparence et sa tenue, profitait de l'eau fraiche de l'Océan indien dont le calme était trompeur.
Ses pensées se tournèrent alors vers les eaux sombres d'un passé qu'il croyait oublier. Il songea à sa rencontre avec Louis et Catherine, ses deux partenaires de voyage et amis qui lui offrirent le monde sur un plateau d'argent et qu'il ne remercierait jamais assez pour ce cadeau formidable. Où étaient-ils, alors que lui-même faisait glisser le sable entre ses orteils nus et glabres ? Probablement dans leur repaire d'Europe, là où ils se retrouvaient pour se reposer à l'écart du monde, leur éternel refuge à l'abri des humains. Jules posa ses yeux sur le sol. Un crabe minuscule semblait vouloir le provoquer en duel. Il tournait autour de lui tel un chevalier tournant autour de son adversaire, comme s'il s'agissait d'une danse rituelle ou d'une parade guerrière. Ses petites pinces claquaient au-dessus de sa « tête » d'où suintait une bave salée. Que voulait-il, ce crustacé décapode ?
« Allons, c'est inutile, petite créature. Tu ne fais pas le poids contre moi. »
Jules ne put retenir une interjection d'étonnement mêlée de douleur. Le petit crabe, d'un coup d'estoc formidablement placé, avait pincé son talon. La blessure était minime, mais la surprise était grande.
« Vilain ! »
Le minuscule crustacé l'observa, l'air étonné. Le grand homme ne voulait pas jouer avec lui et cela l'attristait. Il décida donc de repartir vers les eaux douces de l'océan, déçu du manque de coopération de celui qu'il eût souhaité voir devenir son ami. Tout en observant le crabe rejoindre le rivage, Jules remarqua que la demoiselle qui, auparavant, se baignait, se dirigeait distraitement désormais vers lui. Son allure, très noble, et son accoutrement, très suggestif désormais ruisselant d'eau salée, lui donnait l'air d'une princesse tribale jaillie hors d'un rêve brûlant de Stevenson. À mesure qu'elle s'approchait, le jeune homme distinguait ses yeux, deux perles noires d'une incroyable pureté, si bien qu'on eût dit deux éclats d'obsidienne oubliés de la couronne de quelque souverain perse ou indien. Sa bouche, encadrée de lèvres fines et délicieuses, était souriante. L'eau coulait de ses cheveux et dessinait sur son corps d'admirables courbes.
Que désirait-elle ? Allait-elle venir lui parler ? Allait-elle passer devant lui, indifférente à sa présence ? Jules ne la connaissait pas et ne l'avait jamais vu. Par ailleurs, il était ignorant des coutumes et rumeurs locales, si bien qu'il ignorait que s'avançait vers lui « Celle qu'on dit être une Déesse ». Jules ne voyait qu'une femme incroyablement belle, sauvage et indomptée. Une femme, mais également un enjeu et un défi pour le jeune homme si aisément séduit par les friandises qu'innocemment la vie présentait sur sa route. Quand la jeune femme arriva à sa hauteur, il s'inclina poliment et déclara d'une voix neutre :
« Bonjour, mademoiselle. Êtes-vous perdue ? »
Jules remarqua alors qu'un groupe de personne, arrivant de l'extérieur de l'hôtel, se dirigeait vers eux. Il y reconnut sans mal le propriétaire de l'hôtel et ses gardiens, mais il ne sut dire si les autres hommes étaient des agents de police ou de simples agents de sécurité. Décidément, Wlad Wellignton ne lésinait jamais sur les moyens, dès lors qu'il s'agissait pour lui de défendre ses intérêts personnels et patrimoniaux. La demoiselle allait sans doute être sommée de quitter les lieux immédiatement, sans autre forme de procès. C'était chose très courante, dans ces pays où la liberté n'avaient de sens que pour ceux qui l'achetaient. Or il était évident que la demoiselle n'avait pas payé son séjour à l'hôtel.
« Je crois que ces gens viennent pour vous. »
En dépit du malaise que susciterait normalement cette situation chez n'importe quel autre, Jules s'amusait beaucoup des perspectives qu'offrait, justement, cette situation. L'intruse allait peut-être se rendre sans opposer aucune résistance, et elle serait très aimablement – douce ironie – reconduite jusqu'à l'extérieur de l'hôtel. Peut-être même dans la ville la plus proche, si les agents de sécurité étaient d'humeur sympathique et compatissante. Ou alors, elle résisterait et il y aurait là l'animation dont Jules se languissait. Peut-être même opposerait-elle une lutte acharnée pour demeurer en ces lieux, sur cette plage … mais les chances qu'elles triomphât d'une poignée d'hommes bien entraînés et solidement bâtis semblaient … infimes.
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|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Le rat et la lionne [Ororo Munroe] Jeu 10 Juin - 22:47 | |
| Ororo secoua ses cheveux trempées par l'eau salée. Elle appréciait tout particulièrement la nage et se sentait à l'aise, dans son élément. Elle n'avait cependant pas profiter longtemps de la mer. Elle était sortie rapidement, dirigeant ses pas vers un jeune homme qui la regardait avec insistance. Il la détaillait même. Tornade avait certes l'habitude que le regard des hommes glissent sur ses courbes. Mais, la majorité du temps, c'était un regard mêlé de crainte. La légende était tenace dans le coin. Évidemment, les blancs n'étaient pas concernés par la légende et se sentait en droit d'imposer leur loi. Après tout... Ils prenaient les risques qu'ils voulaient. L'homme en face d'elle était un Blanc. Donc forcément ignorant de sa nature.
Le visage fin et élégant, il n'avait rien à voir avec la majorité des Européens qui venaient dans le coin. On sentait un jeune homme en quête d'aventures. Il semblait bien fragile. Son air angélique était bien sûr charmant. Mais s'il y avait une chose que Tornade avait appris, c'était qu'il fallait se méfier des gens qui avaient des airs enjôleurs. Pourtant, elle devait bien avouer que son interlocuteur était loin d'être déplaisant.
Tornade se rapprocha, tandis que le jeune homme la salua et lui demanda si elle était perdue. Perdue, elle ? Un franc sourire s'afficha sur le visage de la jeune femme. La question était comique venant d'un touriste et adressée à une autochtone. Elle hocha la tête.
Je ne suis pas perdue le moins du monde, étranger.
Ororo garda un regard pensif sur l'inconnu.
On me surnomme Tornade, bien que ce nom ne vous dise strictement rien. Mon vrai nom est Ororo Munroe.
La jeune femme continuait d'observer avec une attention soutenue l'homme en face d'elle. Elle avait perçu les bruits et l'agitation non loin mais pour le moment, n'en avait que faire. Cependant, son vis-à-vis l'informa que la horde grondante non loin venait pour elle. Pas réellement nécessaire de la prévenir, elle s'en doutait.
Ils arrivèrent en trombe, furieux. L'homme que Ororo devina être le propriétaire de l'hôtel, éclata :
Mademoiselle, je vous ordonne de quitter immédiatement l'hôtel ! Il s'agit de propriété privée !!
Ororo l'observa sans répondre. Elle ne comprenait pas. Le sable était à tout le monde, un point c'est tout. Deux énormes agents de sécurité se dirigèrent vers elle. La jeune femme eut un sourire.
Je vous le déconseille, messieurs.
Bien sûr, les deux sbires ne furent guère impressionnés par ses paroles. Ils auraient dû. Le ciel bleu turquoise se couvrit en quelques secondes de nuages noirs. Le tonnerre gronda tandis que les yeux de la jeune femme devenait d'un blanc laiteux. Les deux hommes stoppèrent leur mouvement, hésitants. Soudain, la foudre frappa juste à leur pieds. Tremblants, les hommes interrogèrent leur patron du regard.
Mais allez-y ! Vous savez bien que la foudre ne tombe jamais deux fois au même endroit !
Les deux hommes semblèrent ragaillardis. Mais à l'instant où ils allaient faire un geste, la fondre tomba une fois encore. Au même endroit. C'en fut trop et le petit groupe recula. Ce n'était pas naturel, ni même explicable... Leur esprit occidental perdait ses repères si durement acquis. Ororo se rendit compte que le jeune homme, lui, était resté près d'elle.
Vous ne craignez pas la foudre, jeune homme ? |
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