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| | Le drame qui changea tout... | |
| | Auteur | Message |
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Tobias Eliassen Mutant de niveau 2
Nombre de messages: 51 Date d'inscription: 22/04/2010 Localisation: Dans l'avion en arrivance pour NY Age du personnage: 30 ans Pouvoirs: Dématérialisation physique Profession: Mécanicien automobile Points de rp: 46
 | Sujet: Le drame qui changea tout... Ven 13 Aoû - 8:23 | |
| La journée avait été tranquille, sans événement marquant pour venir distraire Tobias de son travail. Le patron, Jyrki avait été aussi peu loquace que d'habitude mais heureusement, Kimmo avait une plus grande tendance à discuter en travaillant, ce qui rendait les journées beaucoup plus agréables. À 16h30, il avait terminé un changement de freins pour lequel le propriétaire de la voiture l'avait demandé lui expressément pour le boulot. Ça lui avait fait un petit velours; déjà, les gens commençaient à reconnaitre son talent!
Ayant fini tout le travail lui étant attribué pour la journée, il alla tacher d'encore plus d'huile et de cambouis le siège du conducteur de sa vieille Honda et, jouant du coude avec les limites de vitesse, se dirigea vers l'appartement. Vendredi, enfin! En chemin, il s'arrêta pour faire l'achat de bière et de cigarillos à la cerise en vue de la partie de poker de ce soir. Il sourit en se remémorant la dernière partie. Daavid leur en avait fait voir de toutes les couleurs la semaine précédente. Quelle soirée Jan-Erik allait manquer! Tobias, Kristian et Miika avait bien l'intention d'en remettre au centuple à Daavid ce soir! Mais chaque chose en son temps. D'abord, se doucher avant de salir quoi que ce soit d'autre puis téléphoner à Tuija. Ah, Tuija... Une jolie petite brunette à l'humour salé qu'il avait rencontré depuis peu. Il avait eu la chance de pouvoir l'amener souper l'avant-veille et s'ils avaient échangé des emails et quelques sms, il avait tout de même envie d'entendre à nouveau sa voix. Le sourire fixé aux lèvres, il rêvassa d'elle et de ce que la vie pourrait bien être s'ils commençaient à sortir ensemble. Le trajet déjà court lui paru encore plus rapide que d'habitude et c'est en sifflant qu'il déverrouilla la porte avant du bloc d'appartements puis celle de son logement. En enlevant ses bottes de travail, il nota qu'il n'était pas seul; Kristian était déjà là. Il lança donc "Salut! Tu finissais pas à 18h aujourd'hui?" en déposant son sac à lunch dans la cuisine vide. Aucune réponse ne lui parvint. Fronçant légèrement des sourcils avec un sourire questionneur, il dit plus fort "Kris?" Toujours aucun bruit; il aurait pu jurer être seul si ce n'avait pas été de la présence immanquable de toutes les paires de souliers de son ami. Il pénétra le corridor menant aux chambres à coucher et se dirigea vers celle de Kristian qui était ouverte, tout comme l'était la salle de bain dans laquelle il jeta un coup d'oeil. "Eh, tu te branles ou quoi? Réponds quand je..." avait-il commencé en quittant la cuisine mais la scène qui lui sauta ensuite au visage lui arracha la parole.
Dernière édition par Tobias Eliassen le Sam 24 Sep - 18:47, édité 1 fois |
|  | | Jari Eliassen Mutant de niveau 1
Nombre de messages: 225 Date d'inscription: 18/04/2010 Localisation: Dans le Hell's Kitchen Age du personnage: 24 ans Pouvoirs: Création de pointes osseuses, squelette renforcé Profession: Frais diplômé en sciences de l'ingénieur mais plus concrètement vendeur dans une boutique d'instruments de musique depuis peu. Points de rp: 134
 | Sujet: Re: Le drame qui changea tout... Ven 13 Aoû - 15:46 | |
| La sonnette avait retentit, signant la fin d'une nouvelle journée de cours. Devant les grilles de l'école, trois élèves bavardaient, leur souffle formant de petits nuages de buée dans l'air froid de la fin d'hiver. L'un d'eux frottait ses paumes gantées l'une contre l'autre tout en parlant. Ses cheveux blonds cascadant de sous son bonnet jusque sur ses épaules lui donnaient un air plutôt féminin qui contrastait avec sa voix rendue rauque par un mal de gorge carabiné. - T'es sûre que tu veux pas venir avec nous ? Demanda Jari à la jeune fille qui lui faisait face. Elle faisait une tête de moins que lui et du lever les yeux pour lui rendre un regard las de ses grandes pupilles brunes. - C'est pas que veux pas, c'est que je ne peux pas. Je te l'ai déjà dit, c'est mon père qui vient me chercher, on va chez ma tante ce soir donc non, je ne peux pas venir. J'aurais bien voulu mais bon …Jari roula des yeux et leva la main. - Ok ok. On se fera ça un autre jour alors. - On a le temps, renchérit le troisième élève tandis qu'une voiture approchait. -Voilà mon père, faut que j'y aille. Vous ennuyez pas trop sans moi les gars, lança la jeune fille. -T'inquiète Shanni, on va se consoler avec la Playstation de Jari.Elle ricana et tendit la main à ses amis, qui chacun leur tour, la serrèrent comme ils l'auraient fait avec n'importe lequel de leur pote. Shanni n'était pas du genre coincée et délicate et ça, ça plaisait à Jari qui la regarda monter dans la voiture avec une pointe de déception dans les yeux. C'était encore raté pour aujourd'hui. - Et n'oublie pas, répèt' demain après midi ! S'écria le second garçon tandis que la portière se refermait.Shanni acquiesça d'un signe de main avant de s'éloigner dans un ronflement de moteur. Jari abaissa les épaules et s'apprêta à pousser un soupir frustré quand il se rendit compte que son camarade le regardait avec un sourire narquois aux lèvres. Ses yeux clairs le fixaient de dessous la capuche qu'il avait rabattu sur sa chevelure noire en broussaille. Son menton était décoré d'un prémisse de barbe qui lui donnait une allure de rôdeur, allure renforcée par son sourire presque sournois. Il ouvrit la bouche pour parler mais Jari le coupa avant même qu'il n'ait eu le temps de dire quoi que ce soit : -Ta gueule Eikki !Eikki haussa les épaules et suivit Jari qui avait déjà commencé à s'éloigner le long du trottoir. - Quelle idée qu'il a eût de tomber malade hier, le Jukka, lâcha le blond alors qu'ils approchaient de sa maison. On va devoir répéter sans lui s'il est pas là demain. - Il sera là, mec, il sera là. Jukka est pas du genre à vouloir manquer une répèt'. - Même s'il bosse presque jamais chez lui ce crevard ! Je sais même pas comment il fait pour se rappeler des morceaux entre chaque répétition. - On s'en fiche de comment il fait, répondit Eikki d'un ton désinvolte, l'important c'est qu'il le fasse. Mais si jamais il a la sale idée de capoter pendant un concert, je le vire …
Jari déglutit tant son ami avait prononcé froidement ses trois derniers mots. Eikki était terriblement attaché à la réussite de High Moon, qu'il considérait comme Son groupe et dont il se sentait responsable. Pendant les répétitions, il était toujours détendu et prêt à accepter les éventuelles erreurs de ses collègues ou de lui même, mais pas pendant un concert, aussi modeste soit il. Dans ces moments là, il stressait et se montrait irritable et Jari faisait de son mieux pour le détendre tout en résistant à l'envie de lui coller des baffes tellement il était exaspérant. Mais le reste du temps, Eikki était un garçon réfléchi, calme et tolérant, parfois même timide selon Jari, et qui à lui seul avait le pouvoir de motiver tous les musiciens qui composaient le groupe. Les deux garçons franchirent le portail du jardin encore blanc de neige, firent la course jusqu'au perron, s'effondrèrent presque devant la porte et entrèrent enfin dans la demeure des Eliassen. La chaleur de l'intérieur était plus qu'accueillante et conférait un caractère agréable à la petite maison bien qu'elle soit pour l'instant vide. Les parents de Jari étaient encore au boulot et Tobias vivait en plein coeur de la ville, en colocation avec ses meilleurs copains. Les deux frangins se côtoyaient donc moins souvent qu'auparavant mais ils trouvaient toujours un moyen pour se voir de temps en temps. Soit Tob' revenait se poser quelques jours au domicile familial, soit il emmenait Jari passer une soirée à l'appart', chose plus rare que la première mais qui ravissait le cadet. En tout cas, tout ce que Tobias pouvait raconter la colocation faisait toujours envie à son petit frère qui se voyait bien lui aussi mener la grande vie en compagnie d'une tribu de copains et, pourquoi pas ?, de Shanni ... Mais en attendant d'avoir terminé sa scolarité, il ne pouvait que rêver et envier son aîné dont d'ailleurs il n'avait pas eu de nouvelles depuis plus d'une semaine. En posant ses yeux sur le téléphone, Jari eût envie de l'appeler mais finalement Eikki lui proposa autre chose : - Je peux allumer la playstation ? J'ai amené mon jeu de course et je peux dire que tu vas te prendre une raclée ! La figure de Jari se fendit d'un sourire féroce. - Je vais chercher de quoi grailler et on va voir qui va se prendre une raclée mec ! // Modifications effectuées ! // |
|  | | Tobias Eliassen Mutant de niveau 2
Nombre de messages: 51 Date d'inscription: 22/04/2010 Localisation: Dans l'avion en arrivance pour NY Age du personnage: 30 ans Pouvoirs: Dématérialisation physique Profession: Mécanicien automobile Points de rp: 46
 | Sujet: Re: Le drame qui changea tout... Ven 13 Aoû - 22:40 | |
| "NOOOOOOOOOON!" hurla Tobias en voyant la quantité incroyable de sang épandu sur le sol de la salle de bain. Se ruant auprès de son ami affalé à même le sol, ses genoux glissant dans le sang sur le carrelage, il blêmit en réalisant que les poignets étaient profondément tailladés. Posant deux doigts dans son cou, Tobias émit un gémissement de désespoir en sentant que Kristian n'avait plus de pouls. D'un geste rapide, Tobias retourna le corps inerte de son ami sur le dos et hésita seulement un court instant avant de placer soigneusement ses mains sur son sternum tel qu'il l'avait réappris et repratiqué pour la troisième fois de sa vie seulement un an plus tôt. Serrant les lèvres, il se mit à pousser à coups secs vers le bas, une fois, deux fois, jusqu'à quinze. Puis, remerciant le ciel d'avoir pensé à se laver les mains avant de quitter son travail, il releva le menton de Kristian, boucha ses narines et, fermant entièrement l'espace de la bouche aux lèvres bleutées, insufla tout l'air de ses poumons dans ceux de son ami. Encore et encore, il répéta ces actions. Pendant la seconde instance du bouche à bouche, plutôt que de tenir le menton, sa main chercha son portable dans ses poches afin de téléphoner aux services d'urgence. D'un geste habitué, il démarra la fonctionnalité de haut-parleur et posa le téléphone tout près. Quand ils décrochèrent au bout d'une sonnerie et demi, il était prêt, sa bouche disponible et ses mains employées à pomper le coeur qui ne battait plus. "Service d'urgence, quel est le problème?" "27 Kollaantie, app 3. Oulu." fit-il d'une voix haletante mais forte pour éviter de devoir se répéter. "Suicide, lacération des poignets. Il n'a plus de pouls mais je lui fait les premiers soins. Dépêchez-vous!" "Une ambulance est en chemin, monsieur. Vous dites qu'il n'a plus de pouls? Quel est votre nom?" demanda la voix féminine avec professionnalisme pendant qu'il se remettait à insuffler de l'air dans la bouche de Kristian. "C'est ça. Tobias Eliassen, et lui, c'est Kristian Pekkarinen." répondit-il d'une voix essoufflée. "Merci. Vous semblez avoir le contrôle de la situation. Je vais tout de même demeurer en ligne afin de vous aider en cas de besoin." fit la voix qui se tut ensuite. Tobias n'en rajouta pas mais continua à s'évertuer sur le corps de Kristian tout en chuchotant une litanie d'insultes, d'injures et d'injonctions telles que "Meurs pas, Kris. T'as pas le droit mourir. Pourquoi t'as fait ça? Pourquoi tu nous a pas parlé? Pourquoi tu m'en as pas parlé? T'avais pas le droit! T'avais pas le droit de décider ça tout seul! MEURS PAS!" terminait-il toujours à voix haute, délaissant les murmures avec une grimace de douleur alors que les larmes s'écoulaient et tombaient sur le visage et le corps de Kristian. Enfin, une sirène retentit, s'approchant rapidement. Un crissement de pneus retentit près de la fenêtre et quelques instants plus tard, des ambulanciers entrèrent en trombe à travers la porte entrouverte, civière à la main. L'un d'eux pris le relais des soins d'urgence tandis que l'autre préparait la défibrilleuse. Ils hissèrent le jeune homme sur la civière tandis que Tobias essuyait son visage et ses yeux et pendant que le premier tentait une première défibrillation, sans résultat, le second poussait la civière vers la porte. Dieu merci, ils habitaient au premier étage. Tobias attrapa son portable et les suivit de près. "Tu es?" demanda celui qui avait utilisé la machine. "Tob... Son meilleur ami," commença-t-il, puis corrigea. "Ok. Embarque." fit l'autre, qui s'avéra être le conducteur, en pointant le banc du passager.
Dernière édition par Tobias Eliassen le Lun 11 Oct - 1:02, édité 2 fois |
|  | | Jari Eliassen Mutant de niveau 1
Nombre de messages: 225 Date d'inscription: 18/04/2010 Localisation: Dans le Hell's Kitchen Age du personnage: 24 ans Pouvoirs: Création de pointes osseuses, squelette renforcé Profession: Frais diplômé en sciences de l'ingénieur mais plus concrètement vendeur dans une boutique d'instruments de musique depuis peu. Points de rp: 134
 | Sujet: Re: Le drame qui changea tout... Sam 14 Aoû - 1:02 | |
| A 17h15 précises, Jari poussa un cri de désespoir qui se termina en une quinte de toux sèche qui lui enflamma le larynx. Foutu mal de gorge ! Et foutu Eikki surtout ! Lui était en train de faire de grands geste victorieux en direction de la télé tout en démontrant par A+B sa supériorité sur son blondinet de copain.
- Je te l'ai dit que j'allais te mettre une branlée ! Je te l'avais diit ! - Salaud, salaud, salaud ! Jura Jari quand il cessa enfin de tousser. Ah le salaud !
Les deux garçons se regardèrent et éclatèrent de rire de concert avant que le blond ne propose une autre partie. Eikki la lui accorda en précisant qu'il gagnerait une nouvelle fois.
[i]-Celle là, je te dis que je vais te la mettre où je pense ! Lança le blond en agrippant sa manette. - Et je peux savoir à quoi tu pense, Jari Eliassen ? Gronda une voix venue de l'autre côté du couloir.
Jari se raidit sur le divan et lâcha un petit « oups » très bien assorti à l'expression de surprise qu'avait pris son visage. La haute silhouette de Fredrick, patriarche de la famille Eliassen, apparut dans l'encadrement de la porte du living, menaçante. Il venait de rentrer chez lui par la porte du garage et son fils, absorbé dans sa partie endiablée, ne l'avait même pas entendu venir. Celui-ci se tourna vers lui en le gratifiant du sourire stupide de celui qui à fait une bourde et ne veut pas se faire enguirlander.
- Nan mais c'est pas ce que tu crois P'pa ! - C'est ça … Tu me prends pour qui là ? Bonjour Eikki, répondit son père en tendant la main au brun, qu'est ce que vous fabriquez pour que Jari te menace comme ça ? - B'jour ! En fait on … commença Eikki en se re-concentrant sur l'écran. - En fait il se passe que tu fait tout pour l'avoir où je pense, coupa Jari indigné. M'a encore doublé ce salopard !
Fredrick ricana, Eikki aussi. Il n'avait pas envie de rouspéter après son fils, c'était bien plus amusant de le narguer !
- Il est vraiment nul ton copain Eikki, tu peux dormir tranquille, tu risque absolument rien avec lui ! -Ah je suis d'accord. Et voilà ! Et voilà ! C'est encore pour moi.
Les yeux de Jari roulèrent dans leurs orbites et contemplèrent avec amertume le tableau des scores qui s'obstinaient à le placer au bas de la liste. Il s'en fichait de perdre, ce n'était qu'un jeu, mais Eikki l'agaçait et il aurait bien voulu
-T'as du pot qu'on soit pas en train de jouer à Tekken, parce que là tu serais en train de m'implorer pour que je mette à mort, grinça t'il en faisant fi de la présence de son père.
Heureusement que sa mère n'était pas encore rentrée ou il ne s'en serait pas du tout tiré à si bon compte … Fredrick vint alors s'assoir dans le fauteuil juste à côté du canapé et lança à son garçon :
- Tiens, passe moi ta manette et regarde comment on est sensé conduire mon p'tit gars ! - Pff, je te la laisse, faut que j'aille pisser de toute façon.
Eikki lui décocha une œillade narquoise avant de se replonger dans la partie, prêt à en découdre avec Eliassen senior puisque Eliassen junior se débinait. Le jeune garçon enviait son ami d'avoir une famille comme celle-là, avec un frère qui tenait à lui, un père sympathique et une mère attentionnée. Lui n'avait jamais connu ça. Il avait même du mal à se rappeler de la dernière fois où son père à lui avait simplement dit bonjour le matin. Il ne parvenait plus à se dire qu'il avait une famille, lui qui n'avait plus aucune estime aux yeux de son père, qui supportait comme il le pouvait la catin qui lui servait de belle mère, qui pouvait mettre une croix sur sa mère barrée avec un autre type en le laissant seul derrière elle et qui n'existait pour ainsi dire pas pour ses deux frères aînés. Sa vie familiale n'était qu'un amas de désastres mais il essayait de ne pas y penser et trouvait du réconfort auprès de ses amis et de la musique. High Moon était en quelque sorte devenu sa famille depuis qu'il avait été fondé et il ne voulait en aucun cas perdre ça …
Vingt minutes plus tard, Petra rentra elle aussi à la maison et trouva son mari en train d'essuyer une superbe défaite face à Eikki, sous l'oeil railleur de Jari. Elle avait haussé les épaules et avait salué les trois joueurs quand Eikki s'était rendu compte de l'heure qu'il était.
- Oh il est déjà cette heure là … Je vais y'aller moi. - Bah attends, tu veux pas rester manger ce soir ? Demanda Jari. -Je veux pas vous déranger, j'étais pas prévu au programme … -Ne t'inquiète pas Eikki, tu dérange personne, renchérit Petra depuis la cuisine. Reste si tu veux.
Il interrogea Jari du regard et céda quand ce dernier lui colla une bonne tape sur l'épaule.
-Comme ça j'aurais encore une chance de me venger, lui sussura le blond en se penchant vers lui.
Finalement, Petra lui conseilla d'appeler ses parents, qu'ils ne s'inquiètent pas, ce à quoi le jeune brun lui répondit en bafouillant qu'il le ferait plus tard car son père ne devait pas être chez lui.
- Ça servirait pas à grand chose, lâcha-t il un peu plus tard dans la chambre de son ami. -Pourquoi ? Ils s'en fichent d'où tu es ? -Ils en ont carrément rien à battre. Que je sois chez toi ou sous un pont, ils s'en fichent. Au moins je suis assuré de pas être surveillé.
Un vague rire désinvolte et mélancolique lui échappa, il n'allait pas poursuivre dans cette voie là ou sinon il allait passer des heures à cracher tout le venin que lui évoquait son entourage … Au moins maintenant, il était sûr de passer une soirée plus gaie que les précédentes. Jari également, même s'il aurait apprécié que la batteuse soit de la partie.
- Tu peux rester pieuter ici alors ? Poursuivit Jari en sortant un sweat propre de son armoire. -Si tu m'invite, je peux pas dire non ! - Manquerait plus que tu dise non …
Le jeune homme sourit et Jari fit de même, après quoi, il ôta sa chemise et son t-shirt pour enfiler le sweat décoré d'un énorme crâne grimaçant. S'il avait tourné la tête à ce moment, il aurait surpris le regard étrange d'Eikki fixé sur sa peau pâle et le rouge qui lui monta aux joues la seconde d'après, mais il n'en fit rien. Le brun, perturbé et gêné, focalisa toute son attention sur le poster d'AC/DC collé au mur et tâcha de faire le vide dans sa tête. Chose inutile, car une seconde après, une voix résonna dans la maison :
- A table ! |
|  | | Tobias Eliassen Mutant de niveau 2
Nombre de messages: 51 Date d'inscription: 22/04/2010 Localisation: Dans l'avion en arrivance pour NY Age du personnage: 30 ans Pouvoirs: Dématérialisation physique Profession: Mécanicien automobile Points de rp: 46
 | Sujet: Re: Le drame qui changea tout... Sam 14 Aoû - 17:33 | |
| Tobias n'avait pas eu le droit de pénétrer plus loin que la salle d'attente principale de l'Hôpital Universitaire d'Oulu. Pendant un long moment, il était resté là, debout, à fixer le couloir à travers lequel Kristian avait été roulé jusqu'à ce qu'ils le fasse disparaître derrière de grandes portes doubles. Le visage hagard et blême, les cheveux en bataille, les mains et les genoux tachés de sang, les bottes enfilées à la hâte et pas attachées, il n'était pas beau à voir. Une infirmière s'arrêta auprès de lui et, le prenant par la main, l'incita à la suivre jusqu'à une plus petite salle où il pouvait attendre, seul, assis à une table. Elle lui amena un verre d'eau, quelques raisins et une barre de chocolat pour faire remonter son taux de sucre afin qu'il ne subisse pas un malaise. Elle l'assura que la famille serait mise au courant, qu'il n'avait pas besoin de s'en faire. Tout semblait se dérouler comme dans un rêve, comme si Tobias voyait tout derrière une vitrine embuée ou à travers du brouillard. Il avait l'impression de patauger dans la gadoue, les secondes lui semblant comme des minutes et les minutes, des heures. Il revoyait sans arrêt l'image de son ami étendu par terre dans un bain de son propre sang. Ses yeux lui piquaient et lui brûlaient mais les larmes ne coulaient pas. Sa respiration était profonde et acharnée, comme s'il tentait de respirer pour son ami qui se mourrait. Car Tobias ne pouvait pas imaginer que Kris était mort. Non. Ils devaient le sauver. Ils le devaient. C'était son meilleur ami. Il ne comprenait pas. Soudain, son portable vibra; un message texte de Tuija qui savait qu'il avait fini de travailler. Cela lui rappela qu'il avait encore du travail à faire. Ouvrant son téléphone, il chercha lentement le numéro du premier de ses amis. Le nom de Daavid apparut en premier, selon l'ordre alphabétique. Il se souvint que les téléphones cellulaires ne devaient pas être utilisés dans un hôpital; en revanche, du regard, il trouva un téléphone au centre de la table. Tendant le bras, il l'approcha et enfonça mécaniquement les touches du numéro de Daavid. Une sonnerie, deux, trois, quatre, puis c'est la boîte vocale qui embarqua. "Vous avez bien rejoint la boîte vocale de Daavid Kiviniemi. Laissez un message et je vous rappelerai dès que possible!" fit la voix du jeune homme d'un ton profesionnel. Un silence de quelques secondes s'ensuivit avant que Tobias ne trouve la force de parler. "Daave... Je... C'est à propos de Kris. Je suis à l'hôpital universitaire, rappelle-moi dès que tu peux ou viens me rejoindre." Il leva les yeux vers la porte et aperçut un numéro. "Je suis dans la salle B-134." Sur ce, il raccrocha. Le suivant dans la liste était Jan-Erik qui devait déjà être en chemin pour Kiiminski. Celui-ci décrocha. "Yep?" "Salut, c'est Tob..." "Tob? Hey! Ça va?" "Je... Pas vraiment..." Le ton joyeux de Jan, qui était sensible aux émotions des autres, devint instantanément inquiet face à la voix dépitée de Tobias. "Euh... Qu'est-ce qui se passe?" "C'est... C'est Kris, il..." Un silence s'éternisa pendant un long moment durant lequel on pouvait entendre le son d'un moteur qui ralentissait puis de freins qui étaient actionnés. Finalement, le bruit du moteur s'éteignit puis la voix au bout du fil reprit la parole. "Il... quoi?" fit-il d'une voix faible. Il savait fort bien que Tobias avait les nerfs solides et pour l'ébranler autant... "Il... A essayé de se suicider." "... Quoi?" vint la voix incrédule de Jan. "En fait... Il a peut-être réussi. Je suis à l'hôpital universitaire... Quand je suis arrivé, il était dans la salle de bain... Il..." la voix de Tobias devint étouffée et il ne put retenir ses larmes. "Le poignets..." réussit-il à prononcer. À l'autre bout du fil, il entendit les sanglots étouffés de l'autre jeune homme. "C'est bon, je... Je vais chercher Zara et j'arrive... Je..." Jan-Erik toussa puis s'éclaircit la gorge avant de renifler et reprendre. "Je devrais être là d'ici 2 heures." "Ok," fit Tobias d'une voix un peu plus posée, ses larmes ayant enfin cessé de couler. "Fais attention sur la route." "Promis." Enfin, ils raccrochèrent. Le blond laissa tomber sa tête sur ses bras qu'il avait croisés sur la table. Fermant les yeux, il inspira et expira profondément quelques fois. Bon. Miika maintenant. Relevant sa tête, il se frotta le visage et trouva le dernier numéro dont il avait besoin avant de le poinçonner sur le téléphone fixe. "Oui allo?" répondit la voix presque mélodieuse de Miika. Il était conçu pour la musique, ce garçon, ça en était incroyable. Il avait répondu au bout de 4 sonneries; sans doute venait-il de s'échapper d'un cours. "C'est Tobias..." "Tob? Qu'est-ce que tu fous à l'hosto?" Bien sûr, Il avait l'afficheur. Il n'aurait jamais répondu si ce n'avait pas été l'hôpital ou un autre truc du genre. J'suis en cours, en passant!" "Ouais, désolé... Mais... C'est à propos de Kristian..." "Kristian?" le jeune homme stoïque demanda. "Il... Il s'est..." La voix de Tobias se coinça dans sa gorge à nouveau. C'était étrange. à chaque appel, il devenait de plus en plus conscient que l'état de Kristian était extrèmement grave, si ce n'était pas déjà peine perdue. Il ne voulait pas s'imaginer Kristian mort mais il ne pouvait pas empêcher les images du jeune homme de faire surface dans son esprit. Kris étendu sur le sol de la salle de bain, Kris dans un cercueil, Une tombe à son nom... Tout devenait de plus en plus clair dans son esprit et ça le terrifiait. "Il... Il s'est tranché les poignets. Je l'ai trouvé..." Miika lui coupa immédiatement la parole. "C'est bon, j'arrive. Je suis là dans 10 minutes." "Ok," fut la seule réponse qu'il réussit à marmonner puis Miika raccrocha. Son plus vieil ami devait déjà être en train de courir à toutes jambes pour le rejoindre. Il aurait fait pareil.
Dernière édition par Tobias Eliassen le Sam 24 Sep - 19:18, édité 4 fois |
|  | | Jari Eliassen Mutant de niveau 1
Nombre de messages: 225 Date d'inscription: 18/04/2010 Localisation: Dans le Hell's Kitchen Age du personnage: 24 ans Pouvoirs: Création de pointes osseuses, squelette renforcé Profession: Frais diplômé en sciences de l'ingénieur mais plus concrètement vendeur dans une boutique d'instruments de musique depuis peu. Points de rp: 134
 | Sujet: Re: Le drame qui changea tout... Dim 15 Aoû - 2:11 | |
| Autour de la table de la cuisine, les discussions allaient bon train. La télé était restée éteinte pour que le flot habituel de mauvaises nouvelles et de stupidité qu'elle déversait ne gâche pas les conversation. Eikki se sentait très en veine pour une fois et bavardait allègrement, ça lui permettait d'oublier pour un moment ce qui lui avait traversé la tête quand il avait vu Jari se changer. Jari quand à lui écoutait à moitié ce que les autres racontaient car ses pensées dérivaient très fréquemment vers une même idée. Shanni, naturellement. Il la revoyait assise derrière sa batterie, agitant les bras pour maintenir la cadence, pointant la langue avec une moue concentrée et ça lui donnait très envie de la revoir. Mais dès qu'il se mettait à y penser un peu trop longtemps, Jari se traitait mentalement d'idiot et se forçait à écouter la conversation en cours. Non vraiment, c'était stupide de penser à Shanni de cette façon, cette fille là était sa pote et voilà ! Point barre. Il fallait qu'il arrête de dériver comme ça, il n'allait tout de même pas s'enticher de cette petite dure à cuire qui de toute façon n'était rien de plus qu'une grande amie. Mais alors dans ce cas, pourquoi est-ce qu'il ressentait un fourmillement dans tout le corps quand il pensait à elle ? Jari cligna des yeux et tourna vivement la tête vers sa mère en train de parler pour s'arracher à toutes ces pensées en vrac. Ça devenait vraiment naze …
- … et en fait il nous a tellement bassinés pour avoir sa guitare qu'on a fini par la lui donner. - Et je suis sûr qu'il aurait pu nous la réclamer pendant dix ans de plus si on avait refusé, renchérit Fredrick. -J 'aurais pourtant bien aimé que Jari continue le piano. -T'as qu'a adopter Eikki, M'man. Lui il adore ce truc que tu m'as forcé à apprendre pendant deux ans ! - En plus que maintenant il se casse la voix en voulant chanter comme … Enfin, à chanter comme il le fait, poursuivit Petra sans relever la remarque de son fils. Tu aimes ça comme chant toi, Eikki ?
Jari poussa un grognement désapprobateur et vida cul sec son verre d'eau. Il ne faisait même plus attention aux remarques de ses parents sur ses vocalises et son style de chant. Il était plutôt fier de ses progrès et le reste il s'en moquait, de toute façon ses parents étaient trop vieux pour comprendre le métal …
- Moi je trouve ça intéressant, répondit Eikki d'un ton très professionnel. On peut obtenir des trucs très bons si on mélange bien le chant rauque et la mélodie. C'est ce que j'essaie de faire et Jari m'aide bien puisqu'il a pas hésité à me faire don de sa voix !
Dès qu'on parlait musique à Eikki, celui-ci s'exprimait avec un professionnalisme et un intérêt presque stupéfiants. Les parents de Jari le considérèrent gravement, méditant sa réponse et tentant de trouver ce qu'une voix aussi éraillée qu'un grincement de porte pouvait avoir d'intéressant sur le plan esthétique, après quoi ils décidèrent de se parler un peu de leur journée de travail. Le blond se tourna vers son ami, fort occupé à présent à enrouler un paquet de spaghettis autour de sa fourchette.
- Par contre je sais pas si je pourrais t'aider demain … Si j'ai toujours la gorge défoncée comme ça, je pourrais pas chanter. -Bah, c'est pas grave, tu feras du playback ! Du moment que tu peux gratter, c'est bon. -Ouais, mais n'empêche que j'ai pas envie que ça dure.
Et comme pour lui prouver que ça n'allait pas s'arrêter en si bon chemin, sa gorge se mit à le piquer et lui arracha une nouvelle quinte de toux. Sa mère le fixa avec des yeux plaintifs tout en stipulant que c'était à force de chanter comme un enragé qu'il se faisait du mal comme ça, ce à quoi Jari répondit avec véhémence que non et qu'il avait juste attrapé froid car, d'ordinaire, il n'avait pas mal en chantant. Mais il perdit pas mal de crédibilité lorsque sa voix dérailla à nouveau et acheva sa phrase dans une sorte de grincement désagréable … Son père lui fit une remarque qui parvint à le faire sourire et soudain, la sonnerie du téléphone retentit. Sans attendre, Petra se leva de sa chaise et se dirigea vers le combiné à petits pas pressés et en chuchotant :
- Oui oui, ça va, j'arrive ! J'arrive ! |
|  | | Tobias Eliassen Mutant de niveau 2
Nombre de messages: 51 Date d'inscription: 22/04/2010 Localisation: Dans l'avion en arrivance pour NY Age du personnage: 30 ans Pouvoirs: Dématérialisation physique Profession: Mécanicien automobile Points de rp: 46
 | Sujet: Re: Le drame qui changea tout... Mar 17 Aoû - 14:22 | |
| Tobias éteignit son portable et s'affala à nouveau contre la table. Il se sentait complètement vidé. Ses yeux ouverts contemplèrent l'uniformité du beige du mur alors que la douleur qui empreignait son esprit lui paralysait les pensées. Comment Kris avait-il pu faire ça? Pourquoi ça? Pourquoi n'avait-il rien vu? Aurait-il dû se rendre compte de quelque chose? Étais-ce lui qui n'avait pas été un assez bon ami? N'était-il pas assez présent pour Kris?
Les questions tourbillonnaient sans arrêt, ne lui laissant aucun répit. Les chefs d'accusations étaient aussi multiples que diversifiés et la culpabilité lui rongeait les entrailles autant qu'une tristesse, jusqu'alors incomparée dans sa vie, lui lacérait l'esprit.
Quand Miika apparut enfin en haletant, il laissa tomber son sac sur le sol et s'assit près de Tobias. Posant une main sur l'épaule du jeune homme blond, il demeura silencieux pendant un très long moment puis ouvrit la parole. "Est-ce que... Tu veux en parler? Miika avait toujours été beaucoup plus proche de Tobias que de Kristian, ce qui expliquait qu'il ne cherche pas à satisfaire sa curiosité mais plutôt donnait à son ami l'occasion de reprendre du sien avant de lui poser des questions difficiles. "Tu penses que c'est de ma faute?" "Absolument pas." Un autre moment de silence passa avant que Tobias ne réouvrit la bouche. "Il était là, dans la salle de bain... Par terre... Il y avait du sang partout autour de lui..." Les larmes se mirent à couler une nouvelle fois. Il commençait à avoir mal aux yeux à force de pleurer. "Il était tellement blême, ses poignets... Ses poignets..." Il devint incapable de prononcer des mots tant sa gorge était serrée tandis que l'eau saline se déversait le long de ses joues, tombant goutte à goutte sur la table. Miika fit des petits sons rassurants mais malgré tout, la nouvelle le heurtait lui aussi avec force.
Peu à peu, Tobias réussit à raconter l'histoire malgré le fait que Miika lui assurait qu'il pouvait attendre l'arrivée des autres pour finir. Une fois son récit terminé, Tobias, les nerfs et les émotions à fleur de peau, décida qu'il était temps de téléphoner à Oulu, chez ses parents. Miika, qui décida de faire pareil, choisit de sortir de l'établissement afin d'utiliser son cellulaire; Tobias, lui, ne se sentit pas la force de se lever et employa donc le téléphone de la salle.
Il était 18h14 et normalement, il devrait être en train de prendre sa famille en plein repas. Cela lui procura une étrange sensation de soulagement; il n'avait pas envie de parler à une machine. Lorsqu'on décrocha au bout de deux sonneries, c'est la voix de sa mère qui fut transmise.
"Bonsoir?" "M'man? C'est Tob..." "Oh! Bonjour, mon chou!" fit-elle alors qu'il entendit son frère ricaner en arrière plan et son père, se retenant de ne pas s'esclaffer aussi, lui dire de se taire. Tobias eut un minuscule rire étouffé. Il avait eu un drôle de pressentiment que ça allait faire du bien d'entendre les sons familiers de la maison et il avait eu raison. "Est-ce que... Est-ce que vous pourriez venir...?" demanda-t-il faiblement. À entendre leurs voix il eut soudain un grand besoin de leur présence. La voix de sa mère se fit immédiatement inquiète. "Qu'est-ce qui ne va pas, mon coeur?" Il était vrai qu'il ne faisait jamais de telles demandes, habituellement. Du moins, pas comme celle-là. Il entendit la conversation derrière elle se taire. Ses yeux se mouillèrent à nouveau. Foutues larmes qui n'arrêtaient pas... "Je... C'est Kris, il... Je suis à l'hôpital avec Miika et... Kris... A été emmené en ambulance..." Il y eut un court silence au téléphone. La vérité incomplète lui brûlait la langue mais il ne se sentait plus la force de tout raconter à travers un combiné. "On arrive très bientôt mon chéri. Tiens bon. On t'aime." "Merci. Moi aussi," fit-il puis raccrocha.
Miika revint quelques instants plus tard et Tobias, soudainement très en manque de la nicotine dont il s'était passé depuis la dernière heure, sortit pour fumer une clope. Miika, lui, demeura dans la salle au cas où l'un des autres arriverait. Seul dehors, l'air frais lui fit du bien; il semblait que le vent légèrement froid aidait à lui replacer les esprits, comme s'il balayait le brouillard mental qui rendait difficile la concentration.
La vie semblait s'écouler autour de lui comme s'il ne faisait plus réellement partie de se monde. Inspirant profondément la drogue de sa cigarette, il voyait les gens passer, entendait les voitures et les sirènes mais malgré tout, il était aux prises avec une profonde solitude, entouré seulement de fumée, de froid et de neige glacée. Ses yeux n'arrivaient plus à pleurer mais son être en entier souffrait.
Il n'aurait jamais cru possible d'avoir si mal. Même la perte de son premier amour était éclipsée par l'atroce souffrance de la disparition d'un des êtres les plus chers à son existence. Car oui, il commençait à se faire à l'idée. Il y avait eu trop de sang par terre... Tobias perdait lentement espoir.
Toutefois, il n'était pas encore prêt à cela. Refusant d'admettre que les possibilités semblaient bien funestes, il se décida de retourner à l'intérieur. Serrant les poings, il se frotta les yeux et le visage avec vigueur. Peut-être les médecins auraient-ils des nouvelles. Il tira à grandes inspirations quelques dernières bouffées enboucannées puis, jetant son mégot dans le cendrier non loin du portique, il pénétra à nouveau dans l'immense hôpital et refit chemin vers la salle aussi vite que ses longues jambes pouvaient l'y mener. Mais ce qu'il y trouva n'avait rien de rassurant.
Dernière édition par Tobias Eliassen le Sam 24 Sep - 22:42, édité 5 fois |
|  | | Jari Eliassen Mutant de niveau 1
Nombre de messages: 225 Date d'inscription: 18/04/2010 Localisation: Dans le Hell's Kitchen Age du personnage: 24 ans Pouvoirs: Création de pointes osseuses, squelette renforcé Profession: Frais diplômé en sciences de l'ingénieur mais plus concrètement vendeur dans une boutique d'instruments de musique depuis peu. Points de rp: 134
 | Sujet: Re: Le drame qui changea tout... Mar 17 Aoû - 20:20 | |
| Jari regarda sa mère décrocher en se demandant qui pouvait bien être au bout du fil. Il ne tarda pas à avoir la réponse à ses questions :
- Bonsoir ? Oh ! Bonjour mon chou ! Lança Petra.
Le jeune homme se mit à rire. Il n'y avait qu'une personne, à part lui, que sa mère appelait comme ça, et cette personne était son frère qui par ailleurs était sensé avoir plus de vingt ans … Leur chère maman n'était pas du genre à cacher son affection, même en public où ça devenait parfois gênant. D'ordinaire c'était Jari qui avait droit à ce genre de petit surnom et il jubila que Tobias puisse enfin en profiter lui aussi. Fredrick lui donna un coup de coude en lui ordonnant de ne pas faire de bruit mais il avait l'air aussi rigolard que son fils. Jari se tût et réfléchit à quelle blague il pourrait bien lancer à son aîné quand Petra lui passerait le combiné, mais il sentit sa légèreté s'éclipser quand la voix de sa mère prit un ton inquiet.
- Qu'est-ce qui ne va pas, mon coeur ?
Fronçant les sourcils, Jari jeta un regard interrogateur à sa mère. Tobias avait des ennuis ? Qu'est ce qui pouvait bien lui arriver ? Qu'est ce qui pouvait bien lui arriver pour qu'il demande l'aide de sa famille comme ça ? Le cadet tenta de questionner des yeux son père mais celui-ci ne pût que hausser les épaules, n'en sachant pas plus que lui. Quand à Eikki, il avait cessé de mastiquer et fixait son ami en sentant très bien que quelque chose ne tournait pas rond. Il ne savait pas trop où se mettre à cet instant … Enfin Petra rompit le silence qui semblait s'éterniser pour Jari.
- On arrive très bientôt mon chéri. Tiens bon. On t'aime. - Qu'est ce qui se passe ? Demandèrent en même temps Fredrick et son fils au moment où elle reposait le téléphone sur son support. - Tobias est à l'hôpital. Apparemment c'est son ami Kristian qui a été emmené en ambulance. Il a dû avoir un gros problème … - Merde, lâcha Jari à mi-voix. - Le gamin Pekkarinen ? Fit Fredrick. Qu'est ce qui lui est arrivé ? - Je ne sais pas mais Tobias veut qu'on vienne le rejoindre. Il ne va pas bien du tout.
Jari avala sa salive et se sentit un frisson lui remonter le long du dos à ce que venait de dire sa mère. Une brutale inquiétude se lova au creux de ses pensées. Il connaissait bien Kristian qui était un très vieil ami de son frère et il l'appréciait, c'était bien normal qu'il s'inquiète pour lui, mais le cas de Tobias le préoccupait tout autant. Rares étaient les fois où l'on avait pu dire de lui qu'il n'allait « pas bien du tout » … Et il n'était pas le seul à se faire du soucis. En quelques minutes de concertation, ses parents décidèrent de ne pas attendre et d'aller rejoindre leur fils aîné au plus vite.
-Jari, tu viens avec nous ? Demanda Petra.
Il acquiesça immédiatement mais la seconde d'après, il s'inquiéta de ce qu'il allait advenir d'Eikki. Celui-ci proposa tout de suite de rentrer chez lui à pied mais les Eliassen objectèrent et, dans l'urgence, il fût décrété que le jeune homme viendrait avec eux. Ensuite, advienne que pourra … En un tour de main, tout le monde fût embarqué dans la voiture et le véhicule prit la route de l'hôpital universitaire à travers la nuit glacée.
En chemin, le front appuyé contre la vitre de la voiture, Jari regardait les lumières des lampadaires défiler le long de la route sans broncher. La nuit tombait encore très vite à cette époque de l'année. Son souffle silencieux se condensait en une petite tache pâle sur le verre et ses doigts entortillaient nerveusement une mèche de cheveux. A côté de lui, Eikki gardait la tête basse et les mains serrées sur ses genoux. Jari appréhendait le moment où il devrait descendre de l'auto, entrer dans l'hôpital et rencontrer son frère. L'idée que Tobias pouvait aller mal lui faisait l'effet d'une boule dans le creux du ventre d'autant plus qu'il ne savait pas comment réagir. Il n'avait pas du tout prévu qu'une chose pareille puisse arriver ce soir là et tout ceci le tracassait horriblement. A un moment, une voiture s'avança à côté de la sienne à un feu tricolore et Jari aperçut deux pupilles larmoyantes qui le fixaient derrière la vitre. Il leva les yeux et distingua une jeune femme aux joues mouillées de larmes qui le regardait. Pourquoi elle pleurait, ça il n'en avait aucune idée et il s'en foutait mais, rien qu'à voir ses traits assombris par le chagrin, elle devait avoir de bonnes raisons de le faire. Alors que Jari s'apprêtait à détourner le regard, la fille se mit à lui sourire. D'un simple sourire triste et pâle mais qui semblait si naturel que l'adolescent ne parvint pas à s'en détacher jusqu'à ce que la voiture ne redémarre et s'éloigne, à peine deux secondes plus tard. Jari ne comprit pas pourquoi elle lui avait sourit à lui; peut être qu'elle avait été attendrie par sa tête de chien battu; mais ça lui réchauffa un peu le coeur. Il ne savait toujours pas comment il allait réagir face à son frère mais il se sentit moins oppressé sur le moment …
Vers 18h40 environ, la famille Eliassen se gara enfin devant l'hôpital. Jari descendit de la voiture toujours sans prononcer un mot, enfila son bonnet, attrapa son sac à dos et claqua sa portière derrière lui. Il enfonça ses mains dans ses poches pour protéger ses doigts du froid et suivit ses parents et Eikki en direction de l'entrée. Ensuite, tout s'enchaîna rapidement. Ils passèrent au bureau de la réception, expliquèrent de leur mieux la raison de leur venue après quoi un infirmier s'avança vers eux pour les guider. Tandis qu'ils arpentaient tout un dédale de couloirs et que la distance entre eux et Tobias se réduisait, Jari se sentait de plus en plus mal à l'aise. Même la présence de son meilleur ami et de ses parents ne parvenaient à le rassurer. Tous les rares regards qu'il croisait lui semblaient d'une froideur inhumaine et il n'avait plus qu'une envie : fuir à toute jambes ces corridors blafards dégoulinant de mauvais ressentiment … Qu'est ce qui avait bien pu arriver à Kris' et à Tob' ? Le jeune blondin angoissait à l'idée de connaître la réponse car il sentait d'emblée qu'elle avait absolument rien de réjouissant. Alors que l'infirmier les faisaient tourner à un angle, Jari sentit la main d'Eikki se poser sur son épaule. Ça ne parvint pas du tout à lui donner un semblant de réconfort, au contraire, il se sentait à présent comme un condamné à mort qu'on amenait à la guillotine et il regrettait énormément d'avoir embarqué son ami là dedans. Comme il aurait voulu que tout ça ne soit jamais arrivé ! Il voulait rentrer à la maison et laisser toute cette histoire loin, très loin derrière lui, mais c'était trop tard, l'interne venait de les faire entrer dans la salle B-134. |
|  | | Tobias Eliassen Mutant de niveau 2
Nombre de messages: 51 Date d'inscription: 22/04/2010 Localisation: Dans l'avion en arrivance pour NY Age du personnage: 30 ans Pouvoirs: Dématérialisation physique Profession: Mécanicien automobile Points de rp: 46
 | Sujet: Re: Le drame qui changea tout... Mar 17 Aoû - 20:43 | |
| Quand il pénétra à nouveau dans la salle aux murs dénués de décorations, il découvrit les parents de Kris, la mère s'accrochant à chacun de ses deux autres enfants. Elle ne conservait aucun contrôle de soi; tout son corps tremblait au rythme des sanglots qui lui traversaient le corps. Katiya, sa soeur, avait le visage enfoui contre une des épaules de sa mère et Paavo, son frère de 17 ans, appuyé sur l'autre, avait les yeux perdus dans le vide, comme s'il était sous le choc. Son père, lui, avait croisé les bras devant lui et fixait d'un air impassible la table. Tobias se figea, fixant les nouveaux arrivants du regard avant de lentement tourner les yeux vers Miika qui s'aggripait à la table comme à une bouée de sauvetage. Non. Ça ne pouvait pas être possible. Pas ça. Il n'y survivrait pas... "Tobias..." murmura Lana, la mère. Le jeune homme secoua à peine la tête. Stefan baissa les yeux puis les releva. "Le médecin nous a dit ce que tu as fait... Mais..." Le mouvement de négation se fit plus fort. "Il était trop tard." Tobias émit un grognement sourd comme si on venait de lui planter un coup de poing dans le ventre. "Kristian est mort." Les jambes de Tobias tinrent bon, mais tout juste. Son corps respira par habitude mais emplir ses poumons d'air lui faisait mal. Ses doigts étaient étendus comme s'il croyait pouvoir se servir de ses mains qui auraient dû réussir ce qu'elles avaient entrepris plus d'une heure plus tôt. Levant les avant-bras, il fixa ses paumes sur lesquelles avait séché le sang de son ami qui s'était incrusté dans le creux des lignes de ses mains puis, fermant les yeux, il se laissa glisser sur le sol. Kris... Il n'arrivait pas à croire que c'était la fin de tout ce qu'il connaissait. Plus rien ne serait jamais pareil. Kris... Il crut entendre cogner à la porte puis celle-ci s'ouvrir mais n'y porta pas attention. Kris... Pourquoi? Son cerveau était redevenu aussi englué qu'une heure plus tôt. Il n'arrivait pas à comprendre le geste de son ami. Les images de la scène à l'appartement tournèrent et retournèrent dans sa tête. Il se sentait terriblement impuissant. Les gestes qui auraient dû sauver son ami avaient échoué. Tout ce dont il était certain lui semblait s'être transformé en mensonge. Il sentit des mains le secouer doucement, entendit une voix parler. S'adressait-on à lui? Pourquoi voudrait-on lui parler? Il avait échoué. Il avait laissé mourir Kris; c'était un homme indigne. Il se fit secouer plus fort. Quoi donc? Qu'on le laisse seul avec ses tourments! Il eut envie de hurler alors qu'il ouvrit les yeux mais c'est le visage de sa mère qui apparut devant lui. "Tobias! Tobias, reprend-toi!" Il se rendit compte que ses joues étaient détrempées et qu'il haletait bruyamment entre ses sanglots. Que c'était-il donc passé? Son frère l'aggripait par les épaules, l'air inquiet. Il trouva son père, parlant doucement à Miika qui semblait toujours en état de choc avec une main sur son épaule et, épiant la scène de derrière le cadre de porte, Eikki, l'un des meilleurs amis de son frère. Regardant sa mère, il voulut parler mais ne sut quoi dire. Petra glissa ses doigts dans les cheveux de son fils et l'attira contre elle. Il se laissa faire et cessa de penser. Sa famille était ici; rien ne pouvait arriver de plus. Il n'avait plus besoin de réfléchir. Il se laissa sombrer, et un calme étrange l'enveloppa. Il entendit le coeur de sa mère battre et malgré qu'il avait toujours aussi mal, c'est comme si tout ce qu'il ressentait traversait un épais cocon avant de se rendre à lui. Il était emmuré de noir, mais il était au chaud, en sécurité. Ses sanglots se calmèrent quelque peu mais les larmes ne s'arrêtèrent pas. |
|  | | Jari Eliassen Mutant de niveau 1
Nombre de messages: 225 Date d'inscription: 18/04/2010 Localisation: Dans le Hell's Kitchen Age du personnage: 24 ans Pouvoirs: Création de pointes osseuses, squelette renforcé Profession: Frais diplômé en sciences de l'ingénieur mais plus concrètement vendeur dans une boutique d'instruments de musique depuis peu. Points de rp: 134
 | Sujet: Re: Le drame qui changea tout... Ven 20 Aoû - 0:33 | |
| La porte s'ouvrit et Jari sentit son coeur manquer un battement quand il découvrit l'intérieur de la petite pièce blanche. Plusieurs personnes étaient déjà là. La famille de Kristian ( Jari reconnut Paavo qui était dans la même école que lui), Miika dont les yeux semblaient mortifiés d'horreur et Tobias, adossé à un mur, en larmes ... Jari considéra avec un écœurement terrible ses habits tachés de sang, ses cheveux en bataille, ses épaules affaissées et ses yeux inondés de pleurs. Il peinait à y croire. Son frère, cet idole inébranlable, cette tête brûlée à toute épreuve, sanglotait toutes les larmes de son corps, recroquevillé dans un coin d'une antichambre d'hôpital. D'aussi loin que remontaient ses souvenirs, Jari ne se souvenait pas de l'avoir déjà vu pleurer, sinon de rire ou après s'être fait très franchement mal. Et là, maintenant, il était abattu par un chagrin sans nom qui ravageait son visage, d'ordinaire toujours prêt à sourire. Mais à présent, l'ordinaire n'avait plus sa place. Jari entendit ses parents parler fébrilement à ceux de Kristian mais sans comprendre réellement ce qu'ils disaient, comme si leurs paroles lui parvenaient de derrière un mur. Il se sentait complètement détaché, vide, à côté de la plaque et il n'avait pas bougé, ne sachant pas s'il devait entrer ou rester là, en dehors. Mais quand ses yeux se posèrent à nouveau sur la silhouette de son aîné, il se produisit comme un déclic soudain et il entra. Il ne regarda même pas ceux qui l'entouraient, seul comptait Tobias. Son Tobias. Comme un pantin sans volonté, il traversa la pièce où régnait un désespoir qu'il n'avait jamais ressentit auparavant et il s'agenouilla doucement aux côtés de son frère. Jari déglutit péniblement en voyant dans quel état se trouvait Tobias. Il ne cessait pas de pleurer et psalmodiait des phrases dénuées de sens, presque inaudibles et ne réagissait pas à la présence de sa famille. Jari sentit ses yeux se mettre à le piquer et une inquiétude grandissante lui serra les entrailles dans un étau de glace.
- Tob' … Tobias, merde ! Sors de là ! chuinta-t il de sa voix sèche et éraillée. « Je t'en supplie ... ». Aucune réaction. N'y tenant plus, le cadet attrapa les épaules de son aîné et se mit à le secouer pour le ramener à lui, mais ce ne fût que lorsque Petra se pressa à côté de lui et se mit à parler que Tobias revint à lui. Enfin. Jari laissa s'échapper un profond soupir et s'affala un peu plus à genoux sur le carrelage mais sans lâcher Tobias ni regarder tous les gens qui encombraient la chambre. Plus rien n'avait de sens, plus rien ne comptait, le temps semblait s'être arrêté. Alors Jari s'appuya contre son frère et passa son bras derrière sa nuque pour se serrer un peu contre lui, comme le faisait leur mère. Ça lui rappelait les fois où, quand il était petit et qu'il avait peur la nuit, dans la maison de leurs grand-parents, il allait réveiller Tobias et finissait par obtenir une place avec lui dans son lit. Et là, dos contre dos, il s'endormait comme si de rien n'était, au chaud et rassuré. Cela faisait bien sûr des années qu'il n'avait pas fait une chose pareille, ce n'était plus de son âge, mais le souvenir persistait et il ressentait le besoin de serrer son frère dans ses bras. Sauf que cette fois ce n'était pas lui qui avait peur du noir … Et ce que pouvaient bien penser les autres de son attitude, il s'en moquait, qu'ils aillent se faire foutre ! Le front posé contre l'épaule de Tob', Jari prit une sourde inspiration et chuchota d'un ton qui se voulait rassurant malgré sa voix essoufflée :
- On est là …
A quelques pas de là, dans l'encadrement de la porte, Eikki, resté au dehors jeta un oeil à l'intérieur avant de fixer à nouveau l'autre côté du couloir. Il se laissa reposer contre le mur, croisa les bras autour de son torse, comme pour se réchauffer et ferma les paupières. « Tenez bon. » songea-t il sincèrement à l'adresse de tous ces gens endeuillés bien qu'ils lui soient complètement étrangers. Il sortit de sa poche un crayon et un vulgaire papier publicitaire qui ferait l'affaire malgré tout et se mit à écrire dans son langage mélodique une litanie qui s'était soudain formée dans son esprit, née de tout ce chagrin dont il avait été témoin ce soir là. Il ne voulait pas l'oublier et il voulait accorder une dernière pensée pour Kristian, bien qu'il ne l'ait jamais rencontré … Et écrire lui occuperait l'esprit en attendant que passe la tempête, mais la soirée s'annonçait longue. De son côté, Fredrick ne cessait de parler au pauvre Miika, lui aussi en état de choc profond.
- Allez mon gars, respire un bon coup. Voilà c'est ça. Tu veux t'assoir un peu ?
Le jeune homme hocha négativement de la tête et essuya le coin de ses yeux en reniflant. Fredrick lui flanqua un petite accolade amicale et se tourna vers sa femme et ses deux fils, tous serrés les uns contre les autres. Dans d'autres circonstances, il aurait pensé que ce débordement affectif n'était que superflu, mais là, rien de tel ne lui vint à l'esprit. Jari le regarda un instant et il ne pût que lui sourire tristement pour le féliciter de prendre soin de Tobias. Il était entre de bonnes mains maintenant … Soudain, un fracas de pas retentit dans le couloir, attirant l'attention de tous ceux qui n'étaient pas aveuglés par le chagrin. Eikki leva la tête de son papier et vit un jeune homme hors d'haleine franchir le seuil de la salle B-134. Daavid tenta de reprendre son souffle, mais il avait déjà deviné ce qui s'était passé et il ne parvint qu'à s'appuyer contre le montant de la porte pour ne pas défaillir. Il arrivait trop tard ... Jari sentit une nouvelle vague de malaise l'envahir, comme si le désespoir de Daavid l'avait touché à son tour de plein fouet en alourdissant encore plus l'atmosphère, déjà lugubre, de la salle.
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|  | | Tobias Eliassen Mutant de niveau 2
Nombre de messages: 51 Date d'inscription: 22/04/2010 Localisation: Dans l'avion en arrivance pour NY Age du personnage: 30 ans Pouvoirs: Dématérialisation physique Profession: Mécanicien automobile Points de rp: 46
 | Sujet: Re: Le drame qui changea tout... Jeu 26 Aoû - 12:18 | |
| Tobias passa plusieurs minutes à déverser toute l'eau qu'il restait dans son corps en larmes jusqu'à ce que ses yeux en soient rougis et douloureux. Sa mère le réconfortait à l'aide de petits bruits apaisants et son frère en le tenant par les épaules. Encadré ainsi entre les corps chauds de deux êtres chers, Tobias se calma graduellement mais l'effort le laissa sans forces. Il semblait bien injuste de voir l'énergie de la jeunesse être arrachée si cruellement par la faute d'une mort aussi masochistement violente que traumatique pour ceux qui en sont affectés mais nombreux seraient ceux qui répondraient à cela : "C'est la vie."
Toutefois, l'arrivée en trombe d'un Daavid essouflé dans le cadre de porte rendit à Tobias ce qu'il lui fallait pour se remettre sur ses pieds. Il lança un regard et un faible sourire à l'endroit de son jeune frère, puis se tourna vers Daavid en même temps que Miika s'approchait. Les trois jeunes hommes tombèrent dans les bras l'un de l'autre, leurs poings se fermant autour de poignées de tissu des chandails de leurs compagnons, les trois s'accrochant l'un à l'autre dans leur deuil immense. Finalement, quelques longues minutes, ils se séparèrent et le partage du deuil leur rendit un peu de forces. Seul Daavid, qui était encore sous le choc, demeurait le regard stupéfait.
Tobias inspira profondément. Il frotta son visage vigoureusement, son orgueil qui avait refait surface quelque peu affecté par son absence de contrôle un peu plus tôt. Eikki, toujours dans le cadre de porte avait toujours un air très incertain. Malgré son incapacité à sourire, Tobias lui fit signe d'entrer. Sur ce, il fit trois pas vers son frère et l'attrapa par les épaules pour l'enlacer fortement près de lui, lui écrasant fort probablement les côtés ce faisant. Ensuite, il fit pareil avec son père qui ensuite lui ébourriffa un peu les cheveux avant que sa mère ne vienne lui lisser alors qu'il se laissait tomber dans une chaise.
Une fois, tout cela fait, à défaut de savoir que faire de sa peau et un peu incomfortable en présence de la famille de Kristian qui n'allégeaient franchement pas l'atmosphère entre sa mère qui trouvait encore des larmes dans ses yeux rougis et bouffis, son père qui demeurait l'air contrarié et les deux plus jeunes qui ne semblaient pas savoir comment réagir entre la mort de leur frère et les réactions polairement opposées de leurs parents. À nouveau en manque d'une cigarette, il sortit son paquet et le déposa sur la table, gardant la main dessus. Sortait-il ou ne sortait-il pas? Devrait-il expliquer? Raconter, en présence des Pekkarinen, ce qui était arrivé? Il jeta un dernier coup d'oeil au regard implacable du patriarche Pekkarinen et décida que non. Et pour être franc, il préférait de loin sortir de cet endroit. Il n'avait plus envie d'y être en sachant qu'il était déjà trop tard de toute façon et il ne voulait plus faire face aux accusations silencieuses qui lui provenaient de l'autre côté de la salle. Sa conscience était déjà si lourde qu'il avait l'impression qu'un poid supplémentaire lui déchirerait l'esprit. Ses émotions se chamboulaient sans cesse; il n'avait jamais rien ressenti de tel. Il se setnait comme pris au coeur d'une tempête.
Attrapant ses cigarettes, il se leva et sortit de la salle en coup de vent. Il s'arrêta un mètre en dehors de la porte, se tourna vers ses amis et sa famille, ayant l'impression qu'il leur devait quelque chose, un signe, un mot, n'importe quoi. Il agita son paquet et fit signe vers l'extérieur; Miika ne se fit pas prier de suivre et Daavid n'hésita qu'un instant de plus avant de suivre. Les Eliassen, eux, suivirent leur fils et ses amis de près.
Dehors, Tobias se laissa tomber assis sur une large rampe de béton. Il dut se concentrer afin d'allumer sa cigarette sous le regard légèrement désaprobatteur de sa mère mais profita du fait qu'elle n'émit aucun commentaire, cette fois-ci. Étrangement, une partie de lui-même aurait aimé qu'elle commente. Il secoua légèrement la tête. Il était définitivement tout chamboulé, s'il voulait des réprimandes!
Lentement, Tobias fuma sa cigarette, la passant à Miika qui, comme d'habitude, refusa et vers Daavid qui accepta. Puis, lorsqu'enfin la cigarette fut terminée, Fredrick s'éclaircit la gorge d'un riche ton bariton.
"Pourquoi n'irions-nous pas à la maison? Tobias, tu vas prendre froid comme ça et un bon café ou chocolat pour nous rekinquer ferait du bien, ne pensez-vous pas? Les garçons aussi. On téléphonera à Jan-Erik qui pourra venir nous rejoindre là s'il veut."
Tobias hocha lentement la tête. C'était une bonne idée. En plus, les parents de Jan habitaient la maison voisine, la mère de Miika et le père de Daavid non loin également. Les trois jeunes hommes acquiesèrent et tout le monde s'entassa dans les véhicules des Eliassen et de Daavid afin de s'y rendre. |
|  | | Jari Eliassen Mutant de niveau 1
Nombre de messages: 225 Date d'inscription: 18/04/2010 Localisation: Dans le Hell's Kitchen Age du personnage: 24 ans Pouvoirs: Création de pointes osseuses, squelette renforcé Profession: Frais diplômé en sciences de l'ingénieur mais plus concrètement vendeur dans une boutique d'instruments de musique depuis peu. Points de rp: 134
 | Sujet: Re: Le drame qui changea tout... Ven 27 Aoû - 0:29 | |
| Peu après l'arrivée de Daavid, Tobias trouva enfin la force de se mettre debout. Jari s'écarta, se releva lui aussi mais il garda la tête basse. Il ne voulait pas croiser les regards de ceux qui encombraient la salle, ils lui faisaient l'effet d'aiguilles à coudre enfoncées sous sa peau. Le jeune garçon aperçut tout juste le sourire que venait de lui dédier Tobias et le lui rendit comme il pût. Mais ça lui fit du bien de voir son frère sortir de son espèce de cauchemar éveillé pour reprendre enfin un peu le contrôle de lui même. Un instant plus tard, Miika parvint à échapper à la main de Fredrick, toujours posée sur son épaule, pour s'approcher de Tobias et de Daavid qui enfin osait entrer et les trois compagnons s'agrippèrent l'un à l'autre. Leur amitié était toujours là, malgré la tristesse et elle leur donnait assez de courage pour ne pas sombrer comme des naufragés. Quand enfin les jeunes hommes se séparèrent, il sembla à Jari que son frère faisait signe à Eikki d'entrer, chose que ce dernier fit en silence et à pas prudents, la main serrée sur un bout de papier glacé aux couleurs criardes. Jari lui transmit un signe de tête rassurant quand il sentit que son aîné approchait. Il se tourna vers lui et se laissa faire quand il sentit deux grandes mains l'attraper au niveau des clavicules. Jari sourit vaguement à Tobias et le laissa l'entourer de ses bras costauds pour le serrer contre lui. Le cadet poussa un soupir étouffé sous l'étreinte de son frère qui lui comprimait la cage thoracique sans réellement s'en rendre compte tant il mettait d'affection dans son geste.
- Ne me casse pas de côtes s'il te plait, souffla Jari avec ce qui pouvait ressembler à un soupçon de rire.
Tobias finit par le relâcher et Jari lui tapota une dernière fois le dos, un peu réconforté lui aussi. Puis ils se séparèrent, l'ainé se dirigeant vers Fredrick et le cadet rejoignant Eikki, resté tapi non loin de la porte. Les deux garçons s'échangèrent un regard ainsi que quelques mots à voix basse, chacun se renseignant sur l'état de l'autre.
- Ouais, ça va t'inquiète pas, rassura Eikki. Et toi, comment tu te sens ? - Mieux que tout à l'heure. Mais je veux rentrer, répondit Jari en taisant encore plus sa voix, je veux pas rester là. - Je comprends …
Leur conversation s'arrêta là. Ni l'endroit ni le moment n'étaient bons pour parler. L'attente sembla s'éterniser pour Jari quand enfin Tobias se leva de la chaise qu'il occupait et traversa la salle avant de faire signe à sa famille et à ses amis de le suivre au dehors. Jari sentit que le cauchemar commençait à prendre fin et il n'attendit pas une seconde de plus pour suivre la trace de son frère et s'envoler loin de cette salle, loin de la famille endeuillée et loin de la pièce où reposait le corps de Kristian. Mais il ne se sentit pas vraiment mieux pour autant quand il mit les pieds dehors. Il se sentait toujours horriblement mal à l'aise, à côté de la plaque et écœuré, avec un seul désir, celui de rentrer à la maison. Les mains plantées dans les poches de son sweat, il resta silencieux tout en observant de longues volutes s'élever de la cigarette que venait d'allumer Tob'. Et il n'eût l'impression de recommencer enfin à respirer librement que quand son père prit la parole :
- Pourquoi n'irions-nous pas à la maison? Tobias, tu vas prendre froid comme ça et un bon café ou chocolat pour nous rekinquer ferait du bien, ne pensez-vous pas? Les garçons aussi. On téléphonera à Jan-Erik qui pourra venir nous rejoindre là s'il veut.
Oh oui, filons d'ici ! Jari constata avec soulagement que Tobias acquiesça lentement, ce qui raviva encore plus son envie de fuir au plus vite. La perspective de revoir sa maison l'emplissait d'espoir et il lui semblait que son malaise lui passerait un peu quand il retrouverait entre des murs qu'il connaissait. Tout le monde s'installa le mieux possible dans les deux voitures disponibles et on mit enfin les voiles vers la maison des Eliassen. Le retour s'effectua dans le même silence pesant que l'aller. Jari essayait de faire le tri dans ses pensées, d'évacuer tout ce qu'il avait pu subir comme émotion mais à la fin, il ne parvint qu'à se sentir encore plus vide et froid, troublé par les larmes de son frère et par la disparition brutale de Kristian qu'il ne verrait plus jamais. C'était dur de penser ça, que quelqu'un que vous aimez est à jamais perdu et qu'il n'est plus qu'un souvenir qui se fanera avec le temps … Et puis les questions commençaient à affluer dans l'esprit de Jari. Malheureusement, il ne pouvait que les refouler de son mieux car elles demeureraient sans réponses pendant encore un moment, peut être même qu'elles ne seraient jamais résolues.
L'horloge de la cuisine sonna 20h peu après que tout le monde se soit enfin réfugié à l'intérieur de la maison. Petra s'attelait à préparer du café en quantité industrielle tandis que chacun cherchait un endroit où s'assoir. Jari jeta son dévolu sur l'un des larges accoudoirs du canapé. Les épaules voûtées et les mains posées sur les genoux, il huma l'odeur du café qui se répandait dans la pièce, elle avait quelque chose de réconfortant, de chaleureux. Comme la présence d'Eikki à côté de lui. Son ami semblait avoir retrouvé un peu de sa confiance en quittant l'hôpital et il se tenait à présent près de Jari, l'oeil vif et attentif comme à son habitude. Dès que le café fût prêt, il se proposa tout de suite pour aider à le servir et il offrit une tasse à Daavid, Tobias et Jari.
- T'en prends pas ? Remarqua ce dernier en voyant son compagnon s'assoir à même le sol, les mains vides. - J'aime pas trop le café, répondit il en souriant. Je préfère le thé. - Tu veux un thé Eikki ? Demanda alors Petra de l'autre bout de la pièce. - Ah je … bah … si vous proposez … oui. Je veux bien.
Un vague sourire étira la bouche de Jari à voir qu'Eikki n'avait pas perdu sa terrible habitude d'avoir peur de déranger ses parents pour rien. Le brun se leva pour aller chercher sa boisson tandis que le blond tournait la tête vers son frère. La scène de la salle B-134 lui revint en mémoire et il s'empressa d'avaler une gorgée de café brûlant et amer pour remettre ses idées en place. Maintenant tout ça était derrière eux. Mais peut être que le pire était encore à venir si Tobias racontait ce qu'il avait vu. Jari était tiraillé entre curiosité malsaine et angoisse à l'idée d'apprendre ce qui c'était passé et ignorait même s'il voulait réellement l'entendre … Mais il n'en saurait doute rien avant que Jan-Erik ne soit là, ce qui lui laissait un peu de répit avant d'avoir à écouter la vérité. Les yeux toujours fixés sur son frère, Jari ne pût s'empêcher de remarquer à quel point Tobias semblait à bout de forces et à quel point ça lui faisait du mal de le voir comme ça. Jari espérait pouvoir lui parler et tenter de le réconforter, mais là encore, il se sentait bien impuissant face au désespoir et il ne trouvait aucun mot qui puisse avoir un quelconque effet rassurant et il se maudissait intérieurement pour ça … Tout cela commençait à l'épuiser mais il ne pouvait se résoudre à s'isoler maintenant, il n'avait plus qu'à compter sur la caféine pour le tenir encore un peu éveillé.
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|  | | Tobias Eliassen Mutant de niveau 2
Nombre de messages: 51 Date d'inscription: 22/04/2010 Localisation: Dans l'avion en arrivance pour NY Age du personnage: 30 ans Pouvoirs: Dématérialisation physique Profession: Mécanicien automobile Points de rp: 46
 | Sujet: Re: Le drame qui changea tout... Jeu 30 Sep - 6:33 | |
| Petra, après avoir téléphoné à Jan-Erik, prenait le volant de la familial des Eliassen dans laquelle Jari et Eikki s’entassèrent. Pendant ce temps, sagement, Fredrick, lui, proposait à Daavid de conduire sa voiture jusqu’à la maison, chose que ce dernier ne refusa guère, les nerfs encore en boule et les émotions toutes chamboulées. Tobias, toujours silencieux, se glissa dans la banquette arrière de la voiture et ses deux amis l’y rejoignirent. Pour certains, cet accommodement pourrait sembler incongru mais pour eux, la proximité l’un de l’autre leur semblait combler quelque peu un ravin douloureusement béant en eux.
Le patriarche Eliassen ne dit pas un mot tout au long du court chemin jusqu’à là maison. Les garçons, eux, demeuraient cois, regardant un peu partout par longues intervalles, mais hormis Tobias, jamais ils ne croisaient le regard de Fredrick qui les épiait à l’aide du miroir avec un air légèrement inquiet. Quelques soupirs retentirent de temps à autre mais l’atmosphère semblait à la fois lourde et étrangement vide. Trop tranquilles, les garçons semblaient perdus dans le malheur des circonstances.
Enfin, le véhicule s’enfonça dans la cour des Eliassen. Lentement, les trois jeunes hommes s’extirpèrent de leur torpeur pour traîner leur masse jusque dans la maison, le vent devenant plus mordant ayant pour seul effet de leur faire courber les épaules et fermer les yeux sans accélérer leur pas, comme aurait été l’habitude. Une fois à l’intérieur, ce fut à gestes lents qu’ils se dévêtirent et se dirigèrent vers les canapés du salon, Tobias et Miika dans celui à deux places, Daavid dans le fauteuil inclinable tandis que les jeunes adolescents prirent place sur le plus grand des divans.
Petra s’était déjà mise au travail à faire le café et rapidement, une tasse fut mise entre leurs mains. Des demi-sourires accompagnés de remerciements murmurés furent émis mais la léthargie grimpante ne fut stoppée qu’une fois qu’un peu de café ait été ingurgité et qu’un regain d’énergie forcé ait atteint leur corps. Finalement, les jeunes adultes trop immobiles semblaient reprendre un semblant de normalité, s’étirant un peu, s’installant un peu plus confortablement. Les gestes demeuraient posés et trop calmes mais au moins, ils ne semblaient plus vouloir se fondre dans le décor, transformés en statues. Petra soupira en caressant la chevelure de son plus jeune après avoir offert à Eikki son thé. Fredrick, lui, était demeuré accoudé au comptoir de la cuisine et semblait perdu dans ses pensées. Il était 19h55.
Soudain, des phares illuminèrent le salon puis disparurent vers le côté. Une voiture s’engageait dans l’entrée des parents de Jan-Erik. Petra fit mine de se diriger vers la porte d’entrée mais son mari lui fit signe de demeurer où elle était. Tasse de café à la main, il sortit sur le portique afin d’accueillir Zara, Jan-Erik ainsi que ses parents. Enfin, tous trois entrèrent et cela rendit aux trois autres encore un peu plus d’énergie. N’étant plus empêtrés dans leurs émotions sans aucune autre occupation pour les en distraire, ils semblaient non plus simplement émerger de leur torpeur mais carrément reprendre vie.
Daavid et Miika se levèrent simultanément pour aller rejoindre leur ami devant la porte, Tobias les rejoignant quelques secondes plus tard. Une scène semblable à celle dans la salle d’attente se produisit et sous le regard inquiet de Zara et compatissant de tous, les garçons échangèrent des accolades l’un après l’autre. Enfin, tous se déplacèrent une nouvelle fois vers le salon, presque réunis. Ne manquait encore à l’appel que deux parents qui arrivèrent dans les minutes qui suivirent, ayant été contactés eux aussi par la prévoyante Petra.
La présence des membres de famille eut un drôle d’impact sur la salle qui devenait bondée, avec des gens assis un peu partout jusque dans la salle à manger qui séparait le salon de la cuisine. La sœur de Miika était également présente et s’était frayé un chemin légèrement timide vers les deux plus jeunes membres du regroupement, ayant elle-même seulement 16 ans. Les discussions étaient un peu plus actives maintenant, entre les offres de café, de tisane pour les deux mères et de chocolat pour l’adolescente, Elsa.
En dehors des politesses d’usage entre eux, les quatre garçons avaient peu parlé hormis s’être enquéri du voyage de Jan-Erik. Il sembla que ce fut Zara qui conduisit pour le voyage du retour, ce qui était probablement mieux ainsi. Finalement, le silence retomba et tous les regards se tournèrent sporadiquement vers les jeunes hommes. Particulièrement vers Tobias qui avait l’air le plus physiquement mal en point. Ce dernier s’était remis à fixer les paumes de ses mains qu’il n’avait pas réussi à débarrasser de toutes les traces devenues brunâtres. C’était à son tour de parler. Il y était résigné.
“Je....” Les mots se bloquèrent dans sa gorge et sa mère prit la relève. “Mon chéri… Tu n’est pas obligé de te forcer si…” Tobias leva une main et secoua la tête et Petra se tut. Il avait besoin de faire ceci. “Je… Je suis entré dans l’appartement et… Et c’est là que je l’ai trouvé. Par terre, dans la salle de bain.”
Lentement, Tobias relata tous les faits de l’histoire. Par moments, sa gorge se noua et il devint incapable de parler mais personne ne lui força la main ni ne lui coupa la parole. Une boîte de mouchoirs fut rapidement rapatriée au salon au premier son de reniflements. Tous furent ébranlés par l’histoire de Tobias qui lui-même se sentait épuisé après avoir tout raconté. Il était affalé sur lui-même, la tête pendante, les poings sur les yeux, les coudes appuyés sur ses genoux. Toutefois, il lui sembla qu’un certain poids avait été enlevé de ses épaules. Pas disparu mais plutôt… Redistribué entre tous les membres de la salle. Les quatre garçons en portaient néanmoins chacun un poids immense. |
|  | | Jari Eliassen Mutant de niveau 1
Nombre de messages: 225 Date d'inscription: 18/04/2010 Localisation: Dans le Hell's Kitchen Age du personnage: 24 ans Pouvoirs: Création de pointes osseuses, squelette renforcé Profession: Frais diplômé en sciences de l'ingénieur mais plus concrètement vendeur dans une boutique d'instruments de musique depuis peu. Points de rp: 134
 | Sujet: Re: Le drame qui changea tout... Jeu 30 Sep - 22:32 | |
| Jari sentit une main tiède s'emmêler dans ses cheveux filasses. Le contact en lui même n'était pas désagréable mais le geste ne fit que le gêner. Il aurait préféré que sa mère se garde des gestes affectifs dans ce genre en public, même si en même temps, personne n'y prêtait attention à ce moment. Et dans le fond, Petra n'était pas à blâmer, loin de là. Un peu plus tard, la maison familiale finit par se transformer en véritable hall de gare. Tant de monde rassemblé ici … Ça paraissait si incongru ! Surtout en de telles circonstances. Jari s'efforça de garder l'air détaché en saluant tous les nouveaux arrivants, même s'il se sentait plus fatigué qu'il ne voulait l'admettre. Avec Miika arriva sa jeune soeur Elsa, qui connaissait un peu le cadet des Eliassen. Ils n'étaient pas dans la même école et elle était un peu plus âgée que lui, mais ils s'étaient déjà croisés en raison des relations entre leurs aînés respectifs.
-Et sinon, comment ça va ? Enfin je veux dire, comment vous vous sentez ? Commença la jeune fille venant aux nouvelles. -T'inquiètes, ça va, répondit Jari avec une esquisse de sourire déprimé
Elle lui rendit son sourire et acquiesça mais n'ajouta rien. Ça tombait bien, Jari ne se sentait pas du tout motivé pour tenir une conversation. Eikki se chargea d'échanger quelques mots à voix basse avec la demoiselle mais il n'évoqua les évènements que de façon très sommaire, préférant ne pas trop s'étaler dessus. Il se jugeait très mal placé pour en parler. Rien ne se passa pendant quelques minutes encore, jusqu'à ce que Tobias prenne une longue inspiration, se préparant à intervenir. Et voilà, c'était l'heure de vérité. Mais il parvint à peine à laisser un mot franchir ses lèvres.
-Mon chéri… Tu n’est pas obligé de te forcer si… tenta de le rassurer Petra.
Jari crût que Tob' n'allait rien dire de plus et se mettre à pleurer à nouveau, mais il n'en fit rien. Cela rassura un brin l'adolescent de voir que son frère ne s'écroulait plus sous ses propres émotions.
- Je… Je suis entré dans l’appartement et… Et c’est là que je l’ai trouvé, raconta Tobias. Par terre, dans la salle de bain.
Sa tasse de café serrée entre ses paumes, Jari écouta le sombre récit de son aîné. Les mots écorchés de Tobias semblaient ralentir le temps. Personne ne bronchait ni ne l'interrompait et son petit frère se sentait de plus en plus oppressé tandis que s'étalait l'histoire de la mort de Kristian. C'était comme une seconde prise de conscience. Plus jamais il n'allait revoir Kris' ou plaisanter avec lui. Une page s'était tournée et il n'y avait aucun moyen de revenir en arrière. Ce détail lui arrachait des frissons. Il n'y avait plus rien à faire, il n'y avait plus qu'à endurer. Quand Tobias cessa de parler, la petite assemblée le regarda en silence se replier sur lui même, complètement vidé. Jari, lui, avait la mâchoire à moitié décrochée et tenait entre ses doigts une tasse de café refroidi auquel il avait à peine touché. « C'est dégueulasse … Mourir dans son propre sang. Mais pourquoi il a fait ça ? On le saura jamais. » songeait il, les yeux dans le vague. Il avala sa salive péniblement à cause de sa gorge douloureuse et se trémoussa sur son accoudoir. Soudain, la présence de tous les amis du défunt, des parents des amis du défunt commençait à lui sembler énervante. Trop de monde à la fois. Ce n'était plus trop le moment. L'adolescent se leva et s'esquiva subrepticement vers les toilettes, prétextant l'envie pressante. Il traversa le couloir, ferma la porte derrière lui mais ne fit même pas mine de déboutonner son jean ni quoi ni qu'est-ce. Il avait juste besoin d'un instant loin de tout le monde, or les toilettes offrent l'assurance de se retrouver entièrement seul pendant une minute ou deux et de ne pas être dérangé. S'adossant au mur, Jari se donna quelques secondes pour faire un peu le tri dans ses pensées, chasser sa rancune et sa fatigue et faire face à la fatalité. C'était sans doute le plus dur à faire. Quand il jugea qu'il avait prit assez de temps, il actionna la chasse d'eau, pour faire plus vrai, et sortit. Ses pas le menèrent à la pièce commune mais plutôt que de rejoindre sa place sur le divan, il s'approcha de son père, resté à l'écart. Il ne lui dit rien car il hésitait à confier ses états d'esprits à Fredrick qui n'était pas du genre à se laisser emporter par ses émotions. Mais comme s'il avait lu dans ses pensées, celui-ci posa une main ferme sur l'épaule de son fils et, tout en regardant en direction de Tobias, il déclama calmement:
- Il va s'en remettre tu sais. Ca va sûrement prendre du temps mais il va s'en remettre. On ne peut rien y faire de toute façon et il faut continuer à vivre. Dès qu'il se sera reposé un peu, ça ira sans doute déjà mieux. - Ouais … surement … soupira Jari de sa voix cassée.
Le pragmatisme de son père avait du bon parfois. Il avait sans doute raison même si Jari sentait au fond de lui que son frère ne serait plus jamais vraiment le même.
-Tob' va rester ici ce soir ? - Ça vaut mieux. Aucun des quatre garçons n'est d'attaque pour reprendre la route et je ne pense pas qu'ils veuillent retourner dormir chez eux. Il restera le temps qu'il voudra en tout cas.
Dormir a quelques pas de l'endroit où un homme s'était donné la mort … Effrayant. A cette pensée, Jari se dit qu'à présent, l'âge d'or de l'appartement était révolu. Les quatre amis refuseraient surement de retourner y vivre et Jari ne serait plus jamais convié à partager une soirée avec eux. Ou alors peut être que si, mais ailleurs et surtout, dans combien de temps ? « Maudit sois tu Kris d'être parti comme ça ! ... »
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|  | | Tobias Eliassen Mutant de niveau 2
Nombre de messages: 51 Date d'inscription: 22/04/2010 Localisation: Dans l'avion en arrivance pour NY Age du personnage: 30 ans Pouvoirs: Dématérialisation physique Profession: Mécanicien automobile Points de rp: 46
 | Sujet: Re: Le drame qui changea tout... Lun 27 Juin - 3:24 | |
| Tobias leva les mains et y laissa tomber son visage. Ses cheveux formaient un écran entre lui et la majorité de la pièce autour de lui. Il se sentait entièrement vidé.
Ses amis étaient demeurés immobiles après le récit. Quand son petit frère se leva pour aller au petit coin, le lourd silence se rompit et Petra se chargea rapidement d’offrir des remplissages de breuvages mais Tobias demeura sans bouger encore un moment. Il entendit des murmures que son cerveau ne s’efforça pas de traduire, le frigo qui s’ouvrait, des pas, la chasse d’eau.
Le jeune homme laissa les aspects de normalité s’imbiber lentement en lui. Il en avait marre d’avoir mal. Il s’éclaircit la gorge, puis renifla doucement. Il ouvrit les yeux, écarta ses doigts de son regard et fixa le sol. Pourquoi il fallait que la vie continue? Pourquoi il devait continuer d’avoir si mal? Il serra ses paupières closes à nouveau et contracta les muscles de son visage. C’était injuste.
Mais son esprit se calma à nouveau. Ses émotions lui étaient incompréhensibles mais il ne questionna rien. À la place, il expira bruyamment et relava la tête, passant une main dans sa chevelure afin de renvoyer ses longues mèches blondes vers l’arrière, dégageant son visage.
Autour de lui, Zara caressait la tête et les épaules de Jan-Erik, Jari se tenait auprès de leur père avec un air déconfit, Petra tendait des tasses à Eikki et Elsa, Daavid fixait le sol, Miika l’observait sans rien dire pendant que sa mère assise à côté de lui lui tenait la main et les autres parents murmuraient entre eux. Plusieurs visages se tournèrent vers lui et il croisa quelques regards. Il ne savait pas quoi dire. Ses yeux tombèrent vers le plancher et il soupira doucement.
Heureusement pour lui, son père prit la relève. Se levant et attirant d’emblée l’attention de la salle sur lui en s’éclaircissant la gorge avec une intention d’adresser la parole à la pièce.
"Bon," commença-t-il. "Je crois que la journée a été… Longue pour tout le monde. Je suggère que chacun, nous fassions chemin vers des lits. Les garçons," fit Fredrick en s’adressant aux trois amis de Tobias, "vous pouvez rester ici si vous voulez… Ou on trouvera les arrangements qui vous vont le mieux. Du moment que vous soyez où vous voulez."
Les autres adultes acquiescèrent immédiatement à cela. Zara se pencha vers Jan-Erik et lui parla doucement et il hocha la tête. Miika se tourna vers sa mère qui le regardait, les sourcils haussés, s’attendant évidemment qu’il passe la nuit chez elle. Il expira doucement et lui sourit à demi, indiquant sans rien dire qu’il acceptait l’offre. Tobias était toujours impressionné par leur capacité de communiquer sans dire un mot.
Il fut rapidement convenu que vu que son père venait de se débarasser du seul divan où quelqu’un pourrait dormir, Daavid dormirait chez les parents de Jan-Erik avec ce dernier et Zara en attendant que sa copine Riia termine son quart de travail et vienne le chercher. Miika dormirait chez sa mère au plus grand plaisir de celle-ci et Tobias demeurerait sur place cette nuit-là. Au bout d’une trentaine de minutes, il fut déclaré que la soirée était bien avancée et qu’une nuit de sommeil serait idéale pour tous et toutes et tour à tour, tous les gens quittèrent la maison pour ne laisser que la famille Eliassen ainsi que Eikki qui n’avait pour ainsi dire rien dit depuis le début de la soirée.
Tobias se sentait entièrement vidé. Il avait du mal à réfléchir mais un instinct en lui le poussait vers le réconfort de sa famille. Il était à la maison et cela lui ferait du bien de dormir dans cette maison si familière. Mais… Il leva les yeux et croisa le regard de son petit frère qui semblait ne pas savoir sur quel pied danser. Tobias mordilla sa lèvre un instant, détourna les yeux, puis les releva vers Jari une nouvelle fois.
"Dis… Ça te dérangerais de partager le divan-lit avec moi?" demanda-t-il à voix basse, à peine assez fort pour que sa voix porte jusqu’à l’autre coin de la pièce. Mais il avait le pressentiment que Jari avait entendu. Il avait besoin… D’une présence apaisante. Et si ça avait toujours été Jari qui venait le trouver par le passé, eh bien il n’était jamais trop tard pour renverser les rôles. Il avait besoin de la proximité réconfortante de son petit frère. |
|  | | Jari Eliassen Mutant de niveau 1
Nombre de messages: 225 Date d'inscription: 18/04/2010 Localisation: Dans le Hell's Kitchen Age du personnage: 24 ans Pouvoirs: Création de pointes osseuses, squelette renforcé Profession: Frais diplômé en sciences de l'ingénieur mais plus concrètement vendeur dans une boutique d'instruments de musique depuis peu. Points de rp: 134
 | Sujet: Re: Le drame qui changea tout... Mer 29 Juin - 23:28 | |
| Peu après que Jari ait échangé quelques mots avec son père, les occupants de la maison commencèrent à s'activer. Fredrick invita tous ceux qui étaient venus à prendre une décision, pour savoir qui dormirait où. A ces mots, l'adolescent se sentit plutôt soulagé : un peu moins de monde et un peu plus de tranquillité n'étaient pas pour lui déplaire. Un moment plus tard, le salon n'était plus occupé que par la famille de Jari et Eikki. Les deux adolescents s'étaient rapprochés pour parler un peu. Leurs voix ne faisaient pas plus de bruit qu'il n'était nécessaire.
- Je devrais peut être rentrer chez moi, dit le brun en réajustant le bandeau qui maintenait ses cheveux mi-longs en arrière. J'ai pas vraiment … Enfin, je veux dire, quelqu'un comme moi chez vous en ce moment, c'est peut être pas l'idéal. - Tu veux vraiment rentrer chez toi ?
Eikki jeta un vague coup d'oeil par la fenêtre. Il faisait déjà très sombre – la nuit tombait encore vite à cette époque de l'année – et il s'était mis à neiger. Traverser la ville pour retourner chez lui ne lui faisait pas peur, il ne comptait plus les fois où il s'était promené seul la nuit, mais l'idée ne l'enchantait pas vraiment. En plus, il avait le choix entre rester chez son meilleur ami dont les parents n'étaient pas dérangés par sa présence ou bien retrouver son père qui ne l'accueillerait sans doute pas à bras ouverts. Tout bien réfléchi, le choix entre les deux était vite fait.
- C'est pas une question de vouloir ou non c'est … - Allez Eikki, arrête avec ça, le coupa Jari qui devinait ce qu'il allait dire, tu gênes personne. En fait c'est plutôt moi qui devrait … bah être gêné quoi. - Gêné pour quoi ? - Pour t'avoir entrainé là dedans.
Il fit un petit geste du bras, comme pour désigner les évènements de la soirée. Eikki haussa un sourcil et posa rapidement une main sur l'épaule de Jari en réponse.
- T'inquiètes. 'Pouviez pas prévoir. - Nan, on pouvait pas. - Merci de ne pas m'avoir mis dehors en tout cas.
Jari ne lui répondit que par un hochement de tête et un vague « de rien » qui lui sembla plutôt déplacé. C'était la moindre des choses, c'était Jari qui avait proposé à Eikki de rester. Et puis, mettre son meilleur pote à la porte était vraiment du dernier des chics … Il sentait qu'il aurait plutôt dû féliciter son ami d'avoir eu le courage de rester. Eikki s'éloigna alors un instant de Jari qui se tourna vers son frère. Celui-ci semblait vouloir lui dire quelque chose, mais hésitait. Jari fronça les sourcils, interrogateur et cette fois la voix basse de Tobias parvint enfin à ses oreilles.
- Dis… Ça te dérangerais de partager le divan-lit avec moi ?
La question surprit tellement Jari qu'il se demanda s'il avait bien entendu. Des demandes de ce genre, il en avait fait des dizaines à son grand-frère alors qu'il était encore petit mais jamais l'inverse ne s'était produit : jamais Tob' ne lui avait demandé de lui tenir compagnie pendant la nuit. L'adolescent chercha Eikki du regard mais il n'était plus dans la pièce. Alors il se rapprocha un peu de son frère, constatant avec étonnement que leurs rôles étaient momentanément inversés. Lui, le cadet, venait d'hériter de la place de protecteur d'ordinaire réservée à l'aîné. C'était étrange, à la fois nouveau et triste. Voir son frère effondré de la sorte l'intimidait et le peinait plus que la mort de Kristian elle même tandis la nouvelle responsabilité dont il héritait lui donnait un semblant d'appui. Même s'il ne savait pas trop comment il allait s'y prendre, il allait devoir réconforter Tobias. Bon, première chose à faire, répondre à ce qu'il demandait.
- Non, souffla Jari, ça me dérange pas. Il lui dédia un rapide hochement de tête puis s'éloigna vers sa chambre, là où se trouvait Eikki.
- Je vais dormir avec Tobias, lâcha-t-il en récupérant son vieux t-shirt Iron Maiden qui traînait par terre. T'as qu'à prendre mon lit. - Ok, ça marche, acquiesça Eikki.
Jari lui adressa un regard d'excuse avant d'ajouter :
- Désolé de te laisser en plan mec.
Eikki roula des yeux et haussa des épaules.
- T'inquiètes pas, Jari. C'est ton frère et il a plus besoin de toi que moi. On fera des choses tous les deux un autre jour.
Le blond ricana et lui répondit par une grimace dégoûtée.
- Au fait, je peux t'emprunter ça ? Demanda Eikki en montrant le walkman de Jari. - Ouais, ouais, vas-y. Les cassettes sont dans ce tiroir.
Une cassette de Metallica et le dernier Stephen King qu'il trimballait dans son sac lui suffiraient pour remplacer Jari. Les deux garçons se souhaitèrent rapidement la bonne nuit, après quoi Jari s'éloigna vers la salle de bain. Il croisa sa mère qui venait d'échanger quelques mots avec Tobias mais ne lui parla pas de ce qu'il allait faire. Il n'avait pas envie qu'elle lui pose des questions maintenant. Il lui souhaita bonne nuit à elle aussi avant de s'enfermer dans la salle de bain. Il se brossa les dents en vitesse, passa un rapide coup de brosse dans ses cheveux qu'il laissait pousser depuis une paire de mois et fila vers le salon. Son frère était bien là. Sans rien dire, Jari ôta ses habits pour enfiler sa tenue de nuit – c'est à dire caleçon et t-shirt Iron Maiden – avant de s'assoir sur le rebord du divan.
- Dis toi bien que je laisse Eikki sur le carreau pour toi, dit il avec l'espoir de détendre un peu l'atmosphère.
A ces paroles, il s'aperçut que c'était presque la première fois de la soirée qu'il s'adressait à son frère directement et de manière intelligible. Peut être qu'une conversation ferait du bien à Tobias mais … il ne savait pas réellement comment la lancer. Des questions commençaient aussi à germer dans son esprit mais il ignorait s'il oserait les poser. Il garda le silence encore un instant avant d'ajouter finalement :
- N'empêche que ça m'fait bizarre que tu me demandes de rester avec toi
Le geste ne le dérangeait pas, il ne faisait que rendre service, mais il lui faisait tout de même un effet étrange. Et surtout, il espérait que son frère n'aurait pas l'idée de fondre en larmes, sinon quoi il risquait de ne plus du tout savoir quoi faire pour l'aider ... |
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