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 Première 'collaboration' [Edward]

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Edward Livingston
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MessageSujet: Re: Première 'collaboration' [Edward]   Mer 22 Juin - 2:59

    Edward avait quitté la pièce ne voyant pas l’intérêt de lancer tout un débat sur ce qui pouvait être impressionnant ou non, ou encore sur les méthodes de certains comportementalistes. Il trouvait nettement plus intéressant de sortir pour se mettre en route vers les preuves, maintenant qu’il y avait eu accord pour y aller. Devant la porte il avait lancer une phrase à Sélène mais ce n’était que dans un but d’être sociable – comme le recommandait tout le temps William – Sélène avait levé les yeux au ciel pour aviser le temps, alors il avait joué le « type sociale ». Tout ça pour quoi ? Une réflexion amusée. Il lui en foutrait à William des réplique sociable. Bon, en même temps, il avait une information qui ne servait à rien maintenant : soit elle habitait près de l’eau, soit dans un appartement tellement pourri par l’humidité que son linge n’était même plus capable de sécher correctement. Deuxième option à laquelle il ne croyait peu vu qu’elle ne dégageait pas une odeur particulièrement pourrie, au sens propre du terme… Mais, dans le fond, il s’en foutait un peu. Surtout quand un cadavre et des preuves l’attendaient quelque part. A chacun son sens des priorités !

    Une fois sur place Edward semblait avoir oublié toutes les recommandations sur le fait de bien se tenir, et de ne pas ennuyer une personne. Parce qu’il n’avait pas mis longtemps avant de dire qu’il ne comprenait rien à ce qui disait l’homme à qui il avait pris un dossier de Sélène. La vraie question qui se posait par la suite était de savoir si Sélène rentrait dans son jeu, ou si elle avait des critiques à formuler à cet homme qui avait injustement redonner le dossier à quelqu’un qui n’était pas ce qu’il prétendait être. En tout cas l’homme qui était en face d’elle n’en menait pas bien large, si il avait pu s’enfouir sous terre, il l’aurait probablement fait depuis bien longtemps. C’est dans ce genre de moment qu’Edward se disait qu’il ne devait pas réagir comme tout le monde. A la place de l’homme, il aurait haussé les épaules, se serait peut-être payé le luxe de se montrer complètement détaché de la situation en faisant semblant de se ronger un ongle, et finirait par demander pourquoi elle a un problème alors qu’elle a bien reçu le dossier… Mais, de toute évidence, cet homme avait choisi une toute autre stratégie. Après ce n’était pas qu’il ne trouvait pas Sélène crédible dans son rôle, bien au contraire… Mais Edward, les règles, les conventions, et les réactions normales… C’était une bien longue histoire.

    Sélène partit aussitôt et Edward emboita le pas quelques secondes plus tard. Le temps pour lui de s’arrêter devant l’homme qui n’osait même plus bouger, de se pencher légèrement vers lui et de lui glisser à l’oreille : « Mauvaise période du mois, faut pas trop s’inquiéter ». Sur quoi, il se remit bien droit et avança pour suivre la direction qu’avait pris Sélène et l’inspecteur qui avait ce sourire sur le coin des lèvres. William, de son côté, qui avait entendu l’échange avec l’homme et Edward s’approcha de ce dernier pour parler à voix basse.

    « Était-ce vraiment nécessaire ? »
    « Absolument pas. Mais i on faisait que des choses nécessaire, la vie serait d’un ennui mortel. »

    William aurait bien sourit mais préféra s’abstenir. C’était encourager quelque chose qu’il ne fallait surtout pas encourage. Edward passa devant l’agent de sécurité pour lui faire une révérence digne d’un autre monde avant que la salle d’autopsie ne soit révélée et qu’un médecin arrive dans son horrible combinaison bleu… Pour dire qu’il fallait mettre la même chose.

    « Vous n’avez pas la même en vert ? A la vue de la tête que faisait le médecin, Edward ne put en déduire qu’une chose. Apparemment non… »

    Bon et bien il prit la tenue et l’enfila pendant que William sortait un « pas de quoi » à Sélène qui lui avait débarrassé les mains du violon pour qu’il puisse, à son tour, mettre cette superbe combinaison faite par le plus grand styliste au monde. Une classe internationale. C’était même énervant que ce genre de tenue pouvait aller à Sélène, à croire que même d’un sac plastique noir, elle pourrait quand même garder une certaine classe. La vie était vraiment injuste des fois. Une fois tout le monde habillé, ils furent invité à entrer pour trouver le corps de l’homme. William avait récupéré le rapport d’autopsie et s’était rapidement rapprocher du corps pour aller y faire quelques observations, pendant qu’Edward, lui, restait contre le mur de la pièce. Bras croisé, le regard un peu dans le vide. Une action qui laissa William un peu perplexe et qui finit par poser son regard sur Edward.

    « Ce n’est pas le moment ou vous me laissez à peine regarder tellement vous voulez voir ? »
    « Hein ? Edward sembla sortir d’une longue réflexion. Ah, non. En fait je l’ai déjà vu. »
    « Pourquoi on est là, alors ? »
    « Parce que j’ai toujours apprécié vos théories, elle écarte toujours des pistes que je n’ai pas exploré. »

    Avec ce genre de phrase on pouvait penser que William ne servait à rien et que c’est théories étaient toujours fausses. Ce qui était vrai pour la deuxième parie, en tout cas, c’était bien souvent le cas. Ce qui ne voulait pas dire que ça ne servait à rien. William avait le don pour sortir des trucs tellement fumants et tirer à quatre épingles que ça finissait bien souvent par donner une idée à Edward, ce qui l’entrainait vers la solution du problème. William fini par reprendre sans se soucier de la dernière remarque d’Edward.

    « Il n’y a aucune trace montrant le moindre signe d’agression. »
    « Élémentaire puisque la conclusion était une crise cardiaque. »
    « Alors qu’est-ce que je fais là ?! »
    « Excusez-moi… Le médecin sentant comme une certaine tension chercha à apporter quelque chose de nouveau. On a retrouvé un bout de cheveux sous ses ongles, ainsi qu’une légère trace de rouge à lèvre sur le coin de sa bouche. Euh, attendez la couleur est écrite quelque part… »

    Edward se décolla de son mur, soudainement animée. Il se tourna vers Sélène un peu comme un animateur, les deux mains pointer vers elle comme si il allait lui poser la question à 1 000 dollars.

    « Mademoiselle Gallio, doit connaitre la couleur. Puis dans un mouvement de talons, il se tourna vers l’inspecteur. Qu’est-ce que vous savez de Thomas Scott et de Jake Grant… Allez, allez, je vous aide : 1983 ? re-mouvement de talon pour se tourner vers William. Les pieds, mon cher William, c’est les pieds qu’il faut regarder. »

    La demande était étrange pour William mais vu qu’il n’y avait plus grand-chose qui l’étonnait avec Edward, il fit le tour de la table pour regarder les pieds. Au début il cherchait un truc infime. Tellement peu voyant qu’il mit un peu de temps avant de se dire qu’Edward faisait référence au tatouage. Et, pendant ce temps, le médecin regardait la scène un peu perplexe en se demandant comme Sélène pourrait savoir la couleur du rouge à lèvre ou même du cheveu, étant donné qu’il venait d’avoir les résultats il y a un peu moins d’une heure et qu’il n’en avait parlé à personne encore. William était penché sur le tatouage et c’est sans relever la tête qu’il se mit à parler.

    « Le tatouage à entre 5 et 10 ans, je dirais. Pour ce qu’il représente, j’aurais tendance à dire que je n’en ai aucune idée mais vu qu’il nous manque une certaine encyclopédie dans la bibliothèque je dirais que c’est un signe indien… »
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Sélène Gallio
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MessageSujet: Re: Première 'collaboration' [Edward]   Mar 28 Juin - 16:31

    Il n’avait pas fallu longtemps avant que tous n’arrivent au laboratoire médico-légal. Et il avait fallu encore moins de temps avant que Sélène ne vole dans les plumes du responsable du « vol » du rapport – qui n’en était pas un vu que l’employé avait fait preuve de négligence en le refilant à n’importe qui. Et voilà comment Sélène en arrivait à dédouaner Edward pour s’en prendre au pauvre type qui lui faisait face, mêlant fermeté et menaces à peine dissimulées.

    S’éloignant ensuite en direction des salles d’autopsie, Sélène n’entendit pas la précision qu’apporta Edward à son sujet. Et d’ailleurs, c’était tant mieux, parce que certaines personnes se seraient vite retrouvées avec des migraines redoutables ! L’échange entre les deux britanniques lui échappa également, parce que déjà, elle saluait l’agent de sécurité et le légiste et réceptionnait l’immonde combinaison bleu ciel que tout visiteur était obligé de se coltiner pour pouvoir approcher des corps.

    Alors qu’elle remontait la fermeture dorsale de sa combinaison en une impressionnante contorsion de son bras gauche, Sélène ne pu s’empêcher d’esquisser un sourire lorsque Edward demanda s’il n’existait pas la même combinaison en vert. L’expression du visage du médecin fut sans appel, au point que même un très mauvais observateur aurait pu comprendre que la réponse à cette question pour le moins étrange était non. Ce qui était drôle en fait, c’était l’espèce d’état dans lequel se trouvait à présent Edward, un peu comme si en poussant la porte de la salle d’examen il entrerait dans une pièce remplie de jouets qu’il lui faudrait essayer… Oui c’était ça, il donnait à Sélène l’impression d’être un grand enfant à ce moment précis. Ce qui ne lui faisait pas oublié qu’elle avait vaguement songer à lui exploser la tête un peu plus tôt dans la matinée ; Sélène n’oubliait que très peu de choses.

    Sélène avait débarrassé William de son violon afin de lui laisser les mains libres pour l’examen du corps. William s’y attela dès son entrée dans la salle, et Edward s’adossa simplement à l’un des murs, observant tout cela de loin. Sélène ne s’en inquiéta pas puisque justement, si Edward avait pu mentionner ce tatouage sous la plante de pied qui n’était pas mentionné dans le rapport du légiste, cela signifiait qu’il avait jeté un œil au corps. D’ailleurs, il le lui avait dit lui-même un peu plus tôt. Sélène laissa faire le médecin, suivant ses investigations médicales à une distance respectable afin de ne pas le gêner. L’autre médecin observait également ce que faisait William, visiblement prêt à intervenir en cas de dérapage ou de dégradation du corps.

    William finit par s’interrompre et par poser son regard sur le détective, lui demandant si ce n’était pas le moment de venir jeter un œil au lieu de rester dans son coin. Un sourire amusé étira les lèvres de Sélène à cause justement de la formulation qu’avait utilisée le médecin pour souligner le fait que contrairement aux autres fois où Edward trépignait d’impatience et l’empêchait de pratiquer les autopsies, il restait un peu trop stoïque dans son coin… La réponse d’Edward concernant les théories de William ne sembla pas le vexer, sans doute parce qu’il avait eu le temps de s’habituer à la manière particulière dont le détective pouvait tourner ses phrases au risque de froisser la personne en face sans réellement en avoir l’intention (à première vue).

    Le médecin poursuivit donc son examen du corps de la victime, faisant comme si de rien n’était. Sélène semblait observer distraitement le corps, plantée sur ses talons hauts à moins de deux mètres de la table où officiait William, et bien vite ce dernier déclara que le corps ne portait aucune trace d’agression. Ce qui allait dans le sens des conclusions du rapport d’autopsie. Edward formula une évidence à voix haute, entraînant une question un peu perplexe de la part de William, puis une intervention du légiste qui osait à peine s’immiscer dans la conversation de peur de déranger. Sélène orienta son regard vers lui, l’écoutant mentionner un bout de cheveux sous les ongles et une trace de rouge à lèvres… Patientant en attendant la suite, Sélène orienta son regard vers le médecin en n’entendant rien venir, et c’est précisément ce moment que choisit Edward pour s’animer de nouveau, semblable à l’animateur d’un jeu télévisé quelconque qui visait à vous faire gagner de l’argent. Un sourire amusé étira très légèrement les traits de la jeune femme avant qu’elle ne réponde :

    Pourpre.

    Edward posa finalement une autre question, suggérant une référence à une affaire vieille de plus de 20 ans. Parce qu’il l’avait déjà évoquée peu avant qu’ils ne quittent ses appartements, Sélène savait de quoi il s’agissait ; ce qui n’aurait clairement pas été le cas si n'importe quelle personne lambda elle n’avait jamais eu vent de cette affaire. L'inspecteur Lloyd paraissait un peu perdu, et Edward l’aida en lui conseillant de regarder les pieds, ou plus précisément le tatouage qui se trouvait dessous. Sélène s’était déplacée d’un bon mètre pour apercevoir le tatouage de loin, préférant éviter de gêner William dans son examen minutieux. La réaction de l'inspecteur ne se fit guère attendre:

    Dieu sait qu'il n'est pas dans mes habitudes de critiquer... mais personne n'avait vu ce tatouage ?! - Il aurait pu se frapper le front d'une main en criant "Doh", un peu à la manière d'Omer Simpson, mais l'Inspecteur était suffisamment vieux pour avoir passé l'âge de faire le pitre dans une salle d'autopsie. Réfléchissant à la question d'Edward, il prit quelques notes avant d'y répondre avec l'air de quelqu'un qui cherchait dans sa mémoire. - Le nom ne me dit que peu de choses, hélas...

    Avec une carrière aussi longue, il était utopique de penser que Lloyd avait retenu chacune des affaires qui avaient été résolues par lui-même ou par ses collègues. Il se trouvait qu'il n'avait pas été en charge de cette affaire, ce qui impliquait qu'il n'en avait pas connaissance. Et puis tout le monde n'avait pas la mémoire d'Edward !

    Quelque chose me dit que ce tatouage a déjà fait des siennes dans une affaire passée...

    Ce n'était pas vraiment de la déduction de haut vol, mais Lloyd suivait le raisonnement du détective avec cette vivacité d'esprit qui était sienne et cette envie de savoir qui se lisait clairement sur son visage ridé. Peu importait qu'il ne sache pas tout ou qu'il ne fasse pas le lien entre cette affaire et une autre vieille de plus de 30 ans - d'ailleurs il était étrange qu'un homme aussi jeune qu'Edward y parvienne... mais bref - l'important était qu'il avait envie de trouver la clé de l'affaire, et s'il fallait pour cela se replonger dans une affaire qui datait, il le ferait sans hésiter si ça pouvait élucider ce cas.

    Bien vite, William déduisit que le symbole était indien parce que c’était précisément cette encyclopédie qui manquait dans leur bibliothèque, et un sourire étira les lèvres de Sélène parce que visiblement, William prenait certains réflexes de son ami concernant les observations…

    Entre 5 et 10 ans… Est-ce que quelqu’un s’est intéressé au passé de notre victime ? – La question s’adressait à Lloyd, qui noircissait les pages de son carnet à une vitesse incroyable. Il lui fit signe que non. – Nous allons également avoir besoin de la teinte exacte du rouge à lèvres, ainsi que de celle du vernis à ongles. – Le légiste acquiesça. – Coordonner le maquillage avec les vêtements est un peu comme sortir en emportant un parapluie lorsque le ciel est couvert, pour certaines… Avec la teinte exacte, on remonte jusqu’aux revendeurs…
    … soit une multitude de magasins, malheureusement !

    Le regard de Sélène se posa sur le légiste et l’homme sembla se figer, avant que deux rougeurs ne prennent place sur ses joues.

    Qui vous dit que la femme que nous recherchons achète son maquillage dans un supermarché ? – L’homme sourit timidement. – Il nous faudra également un comparatif de la trace de semelle aux modèles de chaussures existants et répertoriés… Là également, je doute qu’il s’agisse d’une paire à 10$...

    On pouvait parler d’une simple intuition féminine, mais ce n’était pas qu’une banale intuition. Il y avait certaines choses à côté desquelles on ne pouvait passer lorsqu’on était une femme et qu’on observait justement cette règle simple qui consistait à harmoniser le maquillage avec la tenue dans sa globalité. Et pour s’assurer une association optimale, il ne fallait pas taper dans du bas de gamme, parce que le bas de gamme resservait à toutes les sauces des teintes improbables, mais jamais de manière harmonieuse, ou alors très (trop) rarement.

    Donc nous cherchons une... fashionista ?
    Pas exactement, non. - Elle orienta son regard vers le légiste. - Avez-vous trouvé quelque chose de particulier du côté des cheveux que vous avez trouvé ?
    Non. Le folicule n'était pas présent... Nous n'avons pu réaliser aucune expertise ADN, et...
    Là encore, personne ne s'est intéressé au cheveu en question, à sa texture, sa teinte... ? - Le légiste parcourut les pages de résultats qu'il avait en main et afficha un sourire triomphant. - Donc... ?
    Récemment permanenté, on a retrouvé des résidus de produit. Auburn darling... Un truc qui se fait dans les salons de coiffure très haut de gamme d'une chaîne de salons newyorkais...

    Et voilà, on en arrivait au "haut de gamme" que Sélène évoquait un peu plus tôt.

_________________
Le devoir est une série d'acceptations.
[ Victor Hugo ]
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Edward Livingston
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MessageSujet: Re: Première 'collaboration' [Edward]   Sam 2 Juil - 19:48

    Edward avait finit pas s’animer en se décollant de son mur. Première question pour Sélène qui répondit rapidement sans aucune hésitation. Le geste qu’eut Edward fut pour faire ses félicitations de manière muette en se demandant pourquoi le légiste continuait de chercher la couleur que, de toute façon, était la bonne si on n’entrait pas dans les détails de la teinte exacte. Pour l’heure il faut savoir qu’Edward se foutait de la teinte exacte, ce genre de chose constituait plus des preuves scientifiques et concrète pour nécessité une arrestation. Ce qui n’était pas son boulot, donc, il s’en fichait.

    Deuxième question pour l’inspecteur Lloyd, qui avant ça, s’interrogeait sur le fait que personne ne semblait avoir vu le tatouage. En réalité il y avait fort à parier que tout le monde l’avait vu mais ne s’était pas posé de questions. De nos jours les tatouages étaient plutôt courant et si fallait s’interroger à chaque – et les trois quart du temps, pour rien – les choses deviendraient bien longues. Edward le premier, il n’aurait pas porté une grande attention à ce détail si ce dernier n’avait pas fait référence à une affaire datant de quelques années en arrière. En tout cas les noms évoqués ne disaient rien de particulier à l’inspecteur. Difficile de le blâmer pour ça. Encore une personne qui devait savoir qui du soleil ou de la lune tournait autour de l’autre faisant perdre de la place à sa mémoire pour des trucs aussi inutiles. Cependant il ne manquait pas de raisonnement puisqu’il évoqua le fait que ce tatouage pouvait avoir un lien avec une affaire dans le passé. Edward se tourna vers lui.

    « Effectivement, en 1983. Thomas Scott est mort des suites d’une crise cardiaque avant qu’on accepte l’idée que ce soit à cause d’un poison donnant les mêmes effets. C’est Grant qui s’occupa de l’affaire avant de disparaitre dans la nature son hypothèse portant sur la mafia indienne. »

    L’essentiel était dit concernant cette vieille affaire et ce fut au tour de William de donner une fourchette concernant le temps de vie du tatouage de l’homme qui n’ouvrirait plus jamais les yeux. Sélène sauta sur cette occasion pour poser des questions à son tour pendant que l’inspecteur Lloyd notait un tas de chose pour savoir où chercher quand il aurait le matériel pour le faire correctement. Sélène parla finalement de la teinte exacte qui permettrait de remonter aux revendeurs, ce qui, pour le légiste voulait dire que ça revenait à chercher une aiguille dans une botte de foin. Argument très vite retourner contre lui, Sélène semblait très bien savoir de quoi elle parlait concernant ces associations de couleurs qui devaient être exactement de la même teinte si la personne voulait que tout soit parfait.

    Elle avait continué sur une question pour le légiste concernant les cheveux. Ce dernier parla d’une couleur spécifique à des salons haut de gamme. Ce qui confirmait l’hypothèse de sélène alors qu’Edward, de son côté, avait sorti son téléphone pour y faire quelques recherches rapides. C’est William qui, tourner vers tout le monde, avait fini par sourire en balançant :

    « On pourrait appeler cette enquête : une étude en pourpre… »

    Edward releva la tête de son téléphone dans un « Hein ? » Mais finalement il secoua la tête comme pour dire à William que ce n’était pas le peine de donner des explications. S’était son truc à lui, un trip comme un autre, donné des noms aux enquêtes. Bref, il ne préférait pas relever. Mais il finit par avoir les choses qu’il cherchait et il redressa la tête pour poser son regard sur l’inspecteur Lloyd.

    « Ce n’est pas dans mes habitudes de donner des ordres. William fit semblant de tousser. Bon, d’accord, peut-être de temps en temps. Nouvelle tous simulée. D’accord, souvent. Là il se tourna vers William. Content ? Son ami acquiesça et Edward pu reporter son attention sur l’inspecteur pour reprendre. J’aimerai que vous retourniez à votre bureau pour faire des recherches sur ce qui vient d’être dit. Il allait s’arrêta là mais vu que William simulait une nouvelle toux, il reprit de manière un peu forcée. Si ça ne vous dérange pas. Ce qui ne semblait pas complètement satisfaire William et la suite fut comme si on menaçait Edward pour balancer les mots qui suivirent. S’il vous plait. »

    Étriper William figurait en haut de sa liste des trucs à faire, il venait même de grimper de trois places. Mais heureusement pour le médecin ce n’était pas la priorité d’Edward qui se tourna vers Sélène. Ah… Là, ça allait être plus compliqué. Quelque chose lui disait que lui donner des ordres ne devait pas être dans ses habitudes et vu la façon de William de le reprendre le mieux était peut-être d’y mettre les formes.

    « J’ai besoin d’un chauffeur pour me rendre à une adresse. C’est possible ? »
    « Euh… C’est William qui finit par donner une explication à ce qu’Edward venait de demander. Je crois qu’il pense avoir trouvé le salon dont il est question, et voudrait y aller avec vous étant donné que c’est vous qui êtes sur cette affaire. »
    « Impossible, il y a beaucoup de salon haut de gamme. Si c’était le cas cela relèverait d’un coup de chance incroyable. »
    « Alors… Edward se tourna vers le légiste en le pointant du doigt. Si j’étais vous j’éviterais de trop la ramener parce que vous avez une fâcheuse tendance à vous ramasser à chaque fois qu’il vous vient à l’idée de dire quelque chose. Cela dit ce n’est pas vraiment étonnant venant de la part d’un légiste qui considère un empoisonnement comme une mort naturelle par crise cardiaque. De plus un regroupement de donner ne s’appelle pas de la chance en générale. Salon de chaine New Yorkaise : ça élimine pas mal de possibilité. Haut de gamme : on en élimine encore. Mafia indienne, donc quartier prisée par cette dernière : on limite considérablement les recherches. Et, oh, miracle de la technologie, un tour sur internet fini par vous apprendre que dans ce quartier il n’y a qu’un salon qui correspond aux critères d’avant. »

    Il n’avait pas fini sa phrase par « des questions ? » Mais il suffisait de voir sa tête pour comprendre qui le pensait sérieusement. A aucun moment, ni lui, ni William, avaient dit qu’il avait trouvé LE salon mais qu’il le pensait. Comme à son habitude ca partait sur un fort pourcentage de chance et le pourcentage manquant passait en posant des questions. Pour la demande qu’il avait faite à Sélène les formes y étaient, selon lui – ce qui ne voulait pas dire que c’était le cas – mais William avait très bien résumé l’histoire. C’était son affaire à elle, peut-être un peu à Lloyd aussi mais ce n’était pas la sienne.

    Il y avait bien le fait qu’ils étaient aussi ici pour examiner des trucs appartenant au mort mais, sur le coup, ça apparaissait moins important à Edward pour une raison simple : il était possible de voir ces objets un peu près n’importe quand alors qu’un salon de coiffure ça avait des horaires de fermeture. Ce qui changeait un peu l’ordre des priorités. Et puis il avait forcément envie de vérifier si sa théorie sur le salon était le bon, ce qui avait grandement été grâce à Sélène et sa théorie du « luxe » chez la personne rechercher. Donc il se tourna vers Sélène afin de donner son dernier argument.

    « Je vous laisserais poser les questions, si vous voulez. »
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Sélène Gallio
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MessageSujet: Re: Première 'collaboration' [Edward]   Mer 6 Juil - 11:18

    Edward sembla féliciter Sélène pour sa bonne réponse et le sourire amusé de la jeune femme ne quitta pas ses traits, alors qu’elle poussait plus loin la comparaison entre Edward et un enfant joueur de par certaines similitudes qu’ils partageaient allègrement. Cela rendait sa personnalité encore plus complexe, et même si Sélène avait une grande habitude des relations humaines, il lui faudrait sans doute bien plus que de longues heures passées avec le détective avant de parvenir à réellement le cerner, parce qu’elle était certaine ne d’avoir eu jusque là qu’un bref aperçu de la multiplicité de ses attitudes en fonction des circonstances…

    Sélène était ensuite restée muette lorsque Edward avait questionné l’inspecteur Lloyd au sujet d’une vieille affaire remontant à quelques années mais qui concernait une mort semblable en tous points à celle de la victime qu’ils avaient sous les yeux. Le détective apporta des détails que Lloyd s’empressa de noter afin de ne rien oublier, semblable à un écolier profitant de la science d’un Maître expert dans son domaine. Sélène considéra avec amusement cette scène étrange, songeant que malgré son âge respectable, Lloyd avait encore cette envie de découvrir de nouvelles manières de faire, de nouvelles techniques, et qu’il se plaçait ainsi en retrait et dans la position humble de l’élève ignorant lorsque l’on faisait mention devant lui de choses qu’il ne connaissait pas… Il n’aurait pas été étonnant d’apprendre qu’il suivait des séminaires et des stages de mise à niveau concernant toutes les nouvelles techniques qui n’existaient pas lorsqu’il était à l’école de police.

    L’inspecteur acquiesça donc aux paroles d’Edward, levant la tête de son carnet de manière un peu brusque lorsqu’il l’entendit mentionner la mafia indienne. Il lui aurait bien demandé s’il était sûr de ça, mais il n’avait clairement pas l’air de rire contrairement à quelques secondes plus tôt… Une certaine inquiétude pouvait se lire sur le visage ridé de Lloyd lorsqu’il reprit la parole :

    Donc visiblement, la mafia indienne serait impliquée là-dedans…

    Sa voix était froide, presque sans expression. Lorsqu’il n’était encore qu’un flic modeste, la mafia lui avait fait perdre pas mal d’équipiers qui avaient refusé de se laisser corrompre, et lui-même avait pris du plomb dans l’aile à plusieurs reprises. Si une mafia quelconque était impliquée dans cette affaire, il risquait d’y avoir pas mal de pertes, surtout si le fait que quelqu’un se doute de son implication venait s’ébruiter.

    Il va falloir la jouer profil bas, sauf si quelqu’un a envie de sauter sur une bombe… La mafia ne plaisante pas avec les curieux.

    Ca pouvait paraître prématuré, mais l’air grave de l’inspecteur indiquait qu’il ne disait pas cela juste pour effrayer tout le monde ou pour se rendre intéressant. A sa gauche, le légiste semblait regretter de se trouver dans la pièce et d’avoir entendu tout ça. Il finit par reprendre la parole :

    Il reste aussi la possibilité que ça ne soit qu’une coïncidence. Ce n’est pas parce qu’un type porte un tatouage qu’il a pu trouver dans n’importe quel bouquin tribal qu’il fait forcément partie de la mafia ! Il y a plein de gens qui se font tatouer des choses qu’ils ne comprennent pas comme des code-barres, des signes chinois… Pourquoi parler de la mafia juste parce que le tatouage est similaire ?
    Et que se passe-t-il s’il en fait partie ? On conclue qu’il est mort d’une crise cardiaque ?

    La réplique de Sélène avait cinglé l’air probablement sans que personne ne l’ait sentie venir, et le légiste sembla encaisser difficilement, posant un regard un peu apeuré sur le corps qu’examinait toujours William. Lloyd orienta son regard sur elle pendant quelques instants, se demandant si elle ferait preuve de suffisamment de prudence sur cette affaire tout en craignant que ce qu’avançait Edward ne soit exact…

    William donna davantage de précisions sur le tatouage – le tout bien consciencieusement noté par l’inspecteur – alors que Sélène posait quelques questions au légiste qui visiblement n’était pas du tout réceptif. Edward était absorbé par son portable lorsque William déclara avec entrain que cette affaire était « une étude en pourpre ». Regard bovin du légiste. Haussement de sourcil pour sourire de Lloyd. Sélène adressa un petit sourire au médecin alors qu’elle observait Edward lever le nez de son portable puis secouer la tête, considérant visiblement que l’intervention de sa secrétaire ne méritait pas d’explication…

    Edward finit par ranger son portable tout en déclarant qu’il n’avait pas pour habitude de donner des ordres. Une quinte de toux de la part de William força Edward à rectifier en précisant que cela lui arrivait de temps en temps, et encore une autre pour le forcer à admettre que cela lui arrivait souvent. Sélène s’abstint de manifester le moindre signe d’hilarité alors qu’une nouvelle fois les deux britanniques se chicanaient gentiment. Edward demanda finalement à Lloyd d’aller faire des recherches sur les nouveaux éléments au Central, ajoutant ensuite deux formules de politesse qui ne sortirent pas naturellement du tout et après deux autres toussotements de la part de William.

    Lloyd acquiesça, tentant de ranger machinalement son carnet dans la poche intérieure de sa veste qui était inaccessible à cause de la combinaison bleue. S’apercevant de ce détail, il quitta la salle d’autopsie après avoir salué tout le monde d’un mouvement du chapeau en feutre qui coiffait ses cheveux grisonnants…

    Edward se tourna finalement vers Sélène et la jeune femme capta son regard alors qu’il semblait hésiter. Aurait-il besoin de l’aide de William pour formuler une demande sans donner l’impression de donner des ordres ? Si la question était amusante, le résultat fut plus naturel que quelques minutes plus tôt avec l’inspecteur Lloyd. Edward avait besoin d’un chauffeur pour se rendre quelque part « si c’était possible », ce qui laissait entendre que Sélène avait le choix d’accepter ou de refuser. Allait-il rentrer chez lui pour rester assis dans son fauteuil et avec cette robe de chambre horrible pendant 3 jours pour réfléchir à la question ?

    William traduisit assez spontanément la demande de son ami en précisant qu’Edward pensait avoir trouvé le salon d’où était issue la teinture qui se trouvait sur le cheveu trouvé sur la scène de crime, précisant qu’il souhaitait y aller avec elle vu que c’était son affaire à la base. Sélène amorça un mouvement de lèvres pour répondre mais fut coupée par le légiste, plus sceptique que jamais, qui déclarait que trouver le salon relèverait d’un coup de chance. Edward le doucha littéralement en lui conseillant d’arrêter de parler parce qu’il ne disait de toute manière que des âneries plus grosses que lui. Sélène obtint quelques informations sur la manière dont il avait trouvé ce salon qu’ils iraient visiter plus tard, et elle obtint une nouvelle fois confirmation du fait que le cerveau d’Edward fonctionnait de manière prodigieuse… A l’occasion, elle y ferait une petite incursion ; ça devait valoir le coup.

    Le légiste s’était tassé sur lui-même lorsque Sélène reporta de nouveau son regard sur Edward, qui faisait de même tout en précisant qu’il la laisserait poser les questions. Si elle ne l’avait pas observé en détail depuis le départ, elle aurait sans doute pour le remercier de cette charmante attention. Seulement dans la mesure où ce n’était pas le cas, Sélène avait bien vu que le « truc » d’Edward c’était davantage l’observation que la parlotte, donc du coup pendant que quelqu’un distrayait une personne avec des questions, ça lui laissait le champ libre pour observer tout ce qui ne collait pas au tableau ou pour réfléchir à ses théories. Et la jeune femme trouvait ça carrément pratique, parce qu’il n’y avait pas de perte de temps due à une querelle relative au partage du temps de parole…

    Vous ne vouliez pas jeter un œil aux pièces à conviction ?

    Sous-entendu : « putain, je les ai sorties de la chambre forte pour rien ». Sélène fit abstraction de cette énième interruption et adressa un sourire poli à Edward.

    Je vous attends sur le parking.

    Elle quitta la salle d’autopsie en accordant un « bonne journée » au légiste qui n’avait – objectivement – servi à rien et retira l’immonde combinaison avant de la fourrer en boule dans un container destiné aux déchets médicaux. Sélène traversa le hall, téléphone à l’oreille, et rejoignit le parking tout en demandant à ce que quelques recherches soient faîtes pour elle à l’Agence. Appuyée contre l’aile droite de son Aston, Sélène échangeait mails et messages avec ses collaborateurs.

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Edward Livingston
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MessageSujet: Re: Première 'collaboration' [Edward]   Jeu 14 Juil - 6:25

    Quand l’inspecteur releva la tête pour demander si, visiblement, la mafia indienne était impliquée, Edward ne releva pas. Non, non, il avait sorti tout son discours pour envoyer tout le monde sur une mauvaise piste. Il adorait ça. Sérieusement, la seule chose qui fit qu’il ne répondit rien était surtout parce que l’inspecteur était en relative bonne place dans l’estime d’Edward. Dans le cas contraire, il n’aurait pas hésité à répliquer à un truc à la con, juste pour le plaisir. Mais Lloyd était plein de bonne volonté et ne remettait pas tout en cause pour un oui ou pour un non, donc, il n’était pas nécessaire de répondre quoique ce soit. Surtout que cette phrase avait été rapidement suivit par une mise en garde. Profil bas pour ne pas finir sous une bombe. L’air de l’inspecteur ne prêtait pas à rigoler, pourtant, la seule chose qu’Edward trouva à faire fut un grand sourire. Encore heureux que la mafia ne rigolait pas avec les curieux. Et, fort heureusement, il faisait partit de ces curieux.

    Ce sourire qu’il avait fait n’avait rien de prétentieux, ni même de parfaitement suicidaire. C’était le sourire que pouvait avoir un joueur face à un défi de taille en face de lui. Etre plus malin que l’autre pour ne pas être celui qui poserait en premier son pied sur la bombe. Ok les enjeux pouvaient être cette histoire de vie mais… Il n’y a pas de défi sans risque. Cette enquête lui plaisait. C’était plus fort que lui et il n’y pouvait rien. Le légiste, lui, avait besoin de se rassurer en se disant que ce n’était pas la mafia, qu’il y avait eu une erreur parce qu’il ne voulait pas être impliqué là-dedans. La réponse de Sélène arracha un sourire à Edward. A se demander ce que certaine personne pouvait faire ici. Et, pendant que les choses suivaient leur cours, Edward se déplaça dans la salle, bien que tout ça est un but qui saurait se faire savoir à un moment où à un autre, tout en restant accroché à son téléphone bien qu’il fut légèrement interrompu par cette histoire d’étude en pourpre… Ah, William !

    Llyod avait accepté la mission que lui avait confiée Edward, tout en sortant de la salle sous un hochement de tête de la part d’Edward, à apparenter à un merci venant de lui. Pendant que William exprimait ce que voulait vraiment Edward dans sa demande de taxi. Entre temps, Edward avait dû expliquer au légiste qu’il y avait un minimum de recherche dans ce qu’il annonçait et que tout n’était pas que coup de chance. Il avait continuer à faire les cent pas un peu partout dans la pièce, même quand le légiste parla des preuves. Et non, désolé, mais tu les as sortit pour rien. Ce que se garda bien de dire Edward. Sélène annonça qu’elle allait les attendre sur le parking alors que, dans ses déplacements, Edward se trouvait maintenant proche du légiste. Sauf que cela ne paraissait même pas étrange étant donné ses déplacements incessants. Et, sans prévenir.

    « BOUMMM ! Le légiste sursauta. Faites attention où vous marchez.Bienvenue dans une affaire de mafia. »

    Sur quoi il quitta la salle à son tour, sa façon à lui de souhaiter une bonne fin de journée. Bien moins cordiale – en tout cas avec moins de forme - que Sélène. Il put enlever son horrible combinaison pour rejoindre le parking afin que les trois puissent prendre la voiture de Sélène. Elle conduisait, il lui donnait la direction à prendre jusqu’à arriver devant le quartier voulu et le salon de luxe. Sélène fini par trouver une place et les trois finirent par atterrir dans le salon, ou ils se retrouvèrent directement à l’accueil.

    « Bonjour. Je peux vous renseigner ? »
    « Oui, s’il vous plait. Ma petite sœur vient d’être prise d’une nouvelle lubie. Regard vers le ciel alors qu’il avait désigné Sélène d’un mouvement de tête. L’autre jour elle a croisé une femme toute en rouge, pourpre enfin, vous savez, moi et les couleurs. Alors bien sûr ma sœur lui à littéralement sauter dessus pour savoir d’où elle tenait cette couleur de cheveux. Le nom de votre salon est sorti dans la discussion. Enfin Il posa son regard sur Sélène, tu sauras mieux expliquer que moi. »

    Le tutoiement était sorti tout seule mais il ne fallait pas se méprendre, c’était pour coller avec ce qu’il venait de dire. Car, pour l’heure, dans son esprit, il lui paraissait inconcevable de pouvoir la tutoyer un jour. Comme quoi, il était toujours capable de se tromper. Le bon point c’est que la personne à l’accueil semblait surprise par la demande mais pas complètement perdue, comme si de voir quelqu’un uni-couleur ne la choquait pas réellement. A sélène de prendre les choses en main parce qu’elle s’y connaissait mieux dans ce domaine et que, cela serait plus simple pour lui. Le coude machinalement appuyé sur le comptoir de l’accueil, il n’avait qu’à pencher un peu la tête pour voir les noms inscrits dans un carnet de rendez-vous. Il fallait juste qu’à un moment il puisse caller un truc du genre « Au fait, elle t’avait dit qu’elle datait de quand ça couleur, quand tu voulais savoir combien de temps ça durait ? » Parce qu’avec un peu de chance, la femme irait regarder dans son carnet si Sélène se mettait à feindre une intense réflexion à cette demande. Mais pour l’instant il ne pouvait le dire, ça serait trop curieux et pas vraiment en accord avec la discussion qui s’amorçait à peine.

    [Désolé pour la piètre longueur mais comme je te laisse poser les questions. Pour la question qu’Edward veut poser, si tu veux la caller dans ton rp, c’est tout à fait possible. C’est fait pour d’ailleurs ^^]
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Sélène Gallio
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MessageSujet: Re: Première 'collaboration' [Edward]   Lun 18 Juil - 14:28

    (Pas de problème. Tu me diras si ça te convient... et au passage tu m'excuseras pour la longueur XD ^^)

    L’inspecteur Lloyd n’avait absolument pas été rassuré d’obtenir un grand sourire en guise de réponse à sa mise en garde, et le froncement de ses sourcils poivre et sel fut bien visible peu avant qu’il n’oriente son regard en direction de Sélène. Davantage d’immobilisme de son côté et aucun sourire du genre de celui d’Edward, mais le vieil homme était capable de distinguer sur le visage de la jeune femme cette expression qu’elle arborait à chaque fois qu’elle flairait un gros truc. Ca avait été le cas à plusieurs reprises, notamment pour cette affaire de labo pharmaceutique pour laquelle elle était venue lui demander un avis sur des points de procédure, ça avait été le cas sur d’autres affaires reprises par Mars Investigations, et c’était le cas présentement… Lloyd croisa le regard sombre de Sélène, le soutint un instant avant de considérer de nouveau le sourire d’Edward et de secouer la tête avec ce qui ressemblait à du dépit. Il n’y en aurait pas un pour rattraper l’autre sur ce coup, et l’espace d’un instant, Lloyd espéra que l’un des deux serait suffisamment sage pour stopper l’autre avant que la dernière limite ne soit franchie… Mais à première vue, il ne se faisait pas d’illusion : ils mettraient les pieds dans le plat à un moment ou à un autre. Il avait suffi de voir la manière dont chacun avait traité les incompétents qu’ils avaient croisé pour comprendre qu’ils ne s’embarrassaient pas des formes ou de pincettes pour ne pas rentrer violemment dans le lard de quelqu’un. Sauf que là, on parlait quand même de la mafia… Lloyd avait donc quitté la pièce pour chercher les informations demandées, en s’abstenant de les mettre en garde une seconde fois parce que cela n’aurait probablement servi à rien.

    Le légiste fit une brillante démonstration de couardise et fut assez sèchement rembarré par Sélène suite à sa question concernant la mafia. La mutante n’avait pas pour habitude de tolérer le travail mal fait, donc mafia ou pas, s’il s’agissait d’un meurtre elle en apporterait la preuve et dénicherait le coupable ; n’en déplaise aux couards incompétents ! Puis la jeune femme était sortie pour rejoindre son véhicule et avait de ce fait manqué la « blague » qu’Edward fit au légiste avant de disparaître, causant chez lui un sursaut monumental qui aurait peut-être même pu s’accompagner d’une flaque d’urine tant il avait eu peur. Il était certain que même si ce n’était pas très mature, Sélène aurait apprécié et probablement souri à cette blague parfaitement en raccord avec la situation même si la mafia était un sujet avec lequel on évitait de plaisanter lorsqu’on était en bonne santé mentale. Edward était donc ou très joueur, ou sévèrement attaqué par ces drogues que la police avait pensé trouver chez lui…

    Ils quittèrent l’institut médico-légal peu de temps après, l’Aston de Sélène filant à vive allure sur une avenue moyennement fréquentée, jusqu’à ce qu’elle n’adopte une vitesse un peu plus réglementaire à proximité du quartier qu’Edward avait indiqué. Là, elle se laissa guider par le détective et effectua un premier passage dans la rue où se situait le salon de coiffure, comme ça, juste pour voir à quoi il ressemblait. Un coup de volant imprévu plus tard, Sélène coupait la route à un taxi pour garer le véhicule juste devant le salon, s’assurant ainsi d’être parfaitement visible des employés avec sa voiture hors de prix.

    Elle quitta le véhicule après une légère retouche de rouge à lèvres, et le contourna pour rejoindre Edward. Instinctivement et sans trop savoir ce qu’il avait en tête, elle lui prit le bras comme avaient l’habitude de le faire ces femmes bien élevées lorsqu’elles sortaient avec un proche. Ils poussèrent la porte du salon et se dirigèrent vers le comptoir où une employée très chic et avec un brushing parfait proposa de les renseigner. Sans laisser le temps à Sélène de dire quoi que ce soit, Edward la désigna comme sa petite sœur – une vaste blague, surtout si on considérait l’âge véritable de Sélène – amatrice de couleurs improbables et bourrées de lubies soudaines qu’il ne s’expliquait pas. Ok, elle serait la sœur richissime complètement barrée, pas de problème ! Restait juste à déterminer si elle mettrait tout son savoir faire dans cette interprétation ou si elle resterait sobre pour ne pas éveiller sa curiosité…

    Edward se lança dans des explications concernant la couleur précise que souhaitait avoir sa « petite sœur », et Sélène trouva complètement approprié – et amusant – de le reprendre lorsqu’il prononça le mot « rouge » pour désigner ce qu’elle voulait, à peu près au moment où Edward faisait mine de se reprendre lui-même. Sélène trépigna ensuite d’impatience sur ses hauts talons, affichant un sourire immense et plein d’excitation lorsque Edward mentionna sa dernière lubie en date juste avant de poser son regard sur elle pour conclure qu’elle s’en tirerait mieux que lui au niveau des explications. Elle ne savait pas trop s’il avait pris des cours pour atteindre ce niveau de perfection dans l’interprétation, mais la jeune femme le trouva incroyablement bon dans le rôle du grand frère dépité par les idées de sa cadette. Plus les heures passaient, et plus elle en apprenait sur ce Edward Livingston qui désespérait les employés de Mars Investigation et certains policiers qui en arrivaient même à venir perquisitionner chez lui par vengeance. Elle ne dit rien parce que ce n’était pas le moment, mais Sélène trouva excellent la trame de ce jeu de rôle improvisé, si bien qu’un sourire et un hochement de tête approbateur plus tard, Sélène était lancée :

    Alors voilà, en fait, cette femme était vêtue entièrement de pourpre – c’est pas vraiment étonnant quand on sait que c’est la future tendance pour l’automne, elle devait être VACHEMENT avant-gardiste – et elle avait cette couleur de cheveux absolument MAGNIFIQUE, un véritable chef d’œuvre, du genre coloration PARFAITE avec des nuances différentes. Ca se voyait que c’était du travail de professionnel parce que ça ne faisait pas l’effet casque absolument HORRIBLE de certains coloristes un peu balourds sur le dosage des colorants et dépourvus de créativité. Alors du coup, je me suis jetée à l’eau, hein, parce que des MERVEILLES dans ce genre, on n’en voit malheureusement pas tous les jours, et le nom de votre salon est venu dans la conversation. – L’employée essayait d’en placer une depuis le début, mais Sélène ne lui laissait sciemment aucune ouverture, jouant à fond la petite sœur qui part dans tous les sens. – Et là, elle m’a parlé de la manière dont ça s’était passé, tout ça, parce qu’en fait vous voyez, la dernière fois que je me suis fait teindre les cheveux, je me suis retrouvée avec des cheveux blonds. BLONDS ! Sérieusement, je ne vous raconte pas le traumatisme que ça a été, notamment pour nos parents… - Se penchant vers l’employé avec une mine de conspiratrice, elle désigna Edward de son index. – Ca l’avait d’ailleurs bien fait rire, mais il a quand même bien voulu m’accompagner pour éviter que je ne reparte avec des cheveux verts. Non parce que je ne sais pas pourquoi, mais les gens ont toujours tendance à essayer de me refourguer n’importe quoi. Vous trouvez que j’ai l’air d’une écervelée ? – L’employée eût à peine le temps de secouer la tête pour indiquer que non. – Merci, vous êtes gentille. Et honnête. C’est rare de tomber sur des gens honnêtes dans le milieu de la coiffure, parce qu’en général c’est un peu hypocrisie power, hein, comme le flower power mais sans les fleurs et avec VACHEMENT plus d’hypocrisie. Vous voyez le genre ? – L’employée acquiesça avec conviction, conservant son attention focalisée sur Sélène pour essayer de comprendre où elle voulait en venir et laissant ainsi le champ libre à Edward pour loucher sur le carnet de rendez-vous. – Ca aussi, cette jeune femme avant gardiste m’en avait parlé, elle m’avait dit que la personne qui s’était occupée d’elle - Mélissa, je crois ? - avait été d’une patience et d’une gentillesse incroyable en plus d’exercer son talent sur elle avec virtuosité ! Du coup, j’en viens au fait – l’employée sourit poliment – si je me fais faire cette couleur chez vous, je peux espérer qu’elle tienne combien de temps ? Non parce que je vous explique – l’employé blêmit presque à l’idée que sa future cliente ne parte dans d’autres explications – j’ai un gala très important dans trois semaines et il faut que je sois PARFAITE. Je joue du violon dans un orchestre sans prétention – Elle désigna l’étui qu’elle avait posé sur le comptoir devant elle - et nous nous produisons assez régulièrement à Greenwich village pour des œuvres de charités et pour notre paroisse. Il va falloir que je sois impeccable, le moindre défaut, la moindre réapparition de racine brune serait une véritable CATASTROPHE et ferait négligé. Et les gens bien n’aiment pas ce qui est négligé, même s’il ne s’agit que d’une « simple » couleur de cheveux. Ca ruinerait également une réputation entretenue de longue date – depuis mes 16 ans – et m’empêcherait d’épouser un brillant avocat sorti de Yale, Harvard, ou Cambridge. Alors je vous en conjure, soyez précise dans votre réponse concernant la durée que peut tenir cette couleur !

    L’employée était restée longtemps interdite avant d’afficher de nouveau ce sourire commercial et aimable :

    Ca peut tenir en moyenne un mois sans entretien, et…
    Ah non mais la jeune femme au si joli tailleur pourpre m’a précisé qu’il fallait absolument entretenir cette couleur régulièrement pour éviter l’aspect « retour de la piscine municipale » - Sélène feignit un frissonnement de dégoût parfaitement crédible. – Combien de temps je peux espérer être aussi impeccable qu’elle en entretenant ma couleur régulièrement ?
    Alors tout dépend du type de soin désirer pour entretenir la couleur, est-ce que vous pencheriez plus pour un soin en profondeur, pour des retouches ponctuelles ou pour une re-colorisation systématique de manière régulière ?
    Je n’ai pas pensé à lui demander ça…

    C’était de loin la phrase la plus courte prononcée par Sélène depuis qu’elle s’était glissée dans la peau de la petite sœur d’Edward. La vendeuse s’engouffra dans la brèche et en profita pour détailler un certain nombre de type de soins et la fréquence d’administration pour que la couleur ne s’affadisse pas, mais Sélène conservait son air perplexe, comme si elle réfléchissait à quelque chose.

    Je suis un peu embêtée parce que je n’en sais rien, en fait… Il me semble qu’elle avait dit être passée récemment, peut-être même que vous vous souvenez d’elle. Vêtue de pourpre, cheveux pourpres. Ongles et chaussures pourpres. Le SUMMUM de la classe pour la saison à venir ! – L’employée baissa les yeux sur le carnet de rendez-vous, visiblement indécise. – Et bientôt ça sera mon tour !

    Sélène trépigna de nouveau, comme si elle avait perçu que c’était précisément le moment d’encourager cette employée à lui fournir un renseignement utile, parce qu’elle s’en tamponnait carrément des tarifs de soins des cheveux colorés !

    Vu la description que vous en faîtes, je pense qu’il ne peut que s’agir que d’une seule personne qui est venue… - Elle tourna quelques pages. – Il y a deux semaines. C’était un mercredi et il pleuvait. Je me souviens de ça, parce que même son parapluie était pourpre, et j’avais trouvé ça vraiment…
    Formidable !

    La vendeuse s’interrompit à temps pour sourire de manière aimable. Vexer les clientes n’aidait pas à vendre, et c’était toujours mieux d’encourager une cliente à en faire trop que de lui dire clairement qu’elle avait une attitude excessive et de la voir partir avec son argent

    Euh oui, formidable. Est-ce que ce vendredi vous conviendrait pour votre coloration ?

    Sélène manqua de laisser échapper un « quelle coloration ? », mais elle se rattrapa avec un sourire et une pirouette :

    Oh, des produits à base de miel !

    Et hop, Sélène s’était désintéressée de la vendeuse et s’était dirigée vers une étagère assez éloignée du comptoir supportant bien évidemment des produits pour cheveux à base de miel, des cosmétiques et un tas de trucs luxueux du même genre. Pourquoi ? Simplement parce qu’elle n’avait pas manqué l’intérêt que pouvait présenter le carnet de rendez-vous pour l’avancement de leur enquête, et parce que personne ne pourrait obtenir le moindre élément tant que l’employée restait accoudée sur le carnet. Elle n’avait d’ailleurs pas manqué de suivre Sélène, trottinant derrière elle en s’imaginant pouvoir lui vendre la moitié de la boutique. Et du coup pendant que la jeune femme faisait mine de s’extasier et posait des tas de questions sur les vertus supposées du miel, Edward avait le champ libre pour trouver les renseignements à la date donnée par l’employée. Il n’aurait qu’à trouver un nom, la mention expresse d’une coloration – par chance, il n’y en avait eu qu’une seule ce jour là – et un éventuel numéro de téléphone.

    Sélène avait des produits plein les bras lorsque l’employé essaya de lui refourguer quelque chose pour son frère. Logiquement, il aurait fini de repérer un nom et des coordonnées pour une coloration le mercredi deux semaines plus tôt, donc Sélène lui choisit rapidement un pseudonyme par lequel elle tenta de l’appeler… en vain.

    Je parle beaucoup, alors des fois il se déconnecte… - La vendeuse afficha un air désolé qui voulait malgré tout dire qu’elle compatissait à la douleur de ceux qui devaient la supporter en permanence. Sélène rejoignit Edward avec ce silence caractéristique malgré les hauts talons qu’elle portait, et lui enfonça son coude dans les côtes. – Robert, regarde un peu ce que j’ai trouvé ! Et puis regarde, il y a aussi des produits pour homme, comme notamment… - Son regard tomba sur l’étiquette du produit qu’elle avait pris au pif sur l’étagère et elle bloqua un instant dessus. - … de l’huile de massage au caramel…

    Sélène eût du mal à retenir un sourire profondément amusé et déposa le flacon sur le comptoir, ainsi que les huit autres qui s’entassaient dans ses bras.

    Si on en revenait à ma coloration pourpre ?

    Le poids de la Terre entière sembla s’abattre sur les épaules de l’employée. Sélène sortit son portable à la manière de ces femmes d’affaires incapables de s’en séparer.

    Vous auriez de la place plutôt ce samedi ?
    Nous serons fermés ce samedi pour cause d’inventaire.
    Ah… Bon, allons-y pour ce jeudi, alors. C’était bien ça, hein, ce jeudi ?

    Sélène avait réellement un don pour jouer les poissons rouges, et personne ne pourrait se permettre d’en douter après cet épisode mémorable…

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MessageSujet: Re: Première 'collaboration' [Edward]   Dim 24 Juil - 15:52

    Sans savoir le rôle que lui donnerait Edward, Sélène semblait déjà se mettre dedans à peine sortie de la voiture. Rouge à lèvre et prise du bras du détective. Ce qu’il laissa faire étant donné que ça correspondait tout à fait au rôle qu’elle allait avoir. Aucune idée de l’âge qu’elle avait véritablement et, même si c’était le cas, il n’aurait pas donné d’autres explications à la femme de l’accueil étant donné qu’elle pouvait approcher les 1 000 ans, qu’elle semblait, quand même, plus jeune que lui. Difficile de croire qu’ils n’avaient jamais travaillé ensemble jusqu’à présent si on en juge la rapidité à laquelle les deux s’accordaient. Edward feignait de ne pas savoir la couleur exacte et de s’en contre foutre royalement, alors que Sélène le reprenait parce que cela avait une importance CA-PI-TA-LEUH ! Ce à quoi Edward leva les yeux et lança un regard à la vendeuse semblant lui dire « Vous voyez ce que vis ? Elle est folle ! ». Il aurait bien sourit de ce jeu qui s’installait, sans préparation, sans répétition, et qui sonnait avec une vérité déconcertante.

    Oui, bien sûr, il aurait pu la prévenir dans la voiture, lui dire ce qu’il comptait faire. Mais cela ne serait pas bon si il avait voulu la tester. Et c’est exactement ce qu’il cherchait à faire, quitte à mettre cette enquête en l’air parce qu’elle n’aurait pas été à la hauteur. Cela dit, si vraiment il en avait douté, il aurait été seul, ou avec William, à ce salon de coiffure. Ok, elle n’avait vraiment pas eut son poste en passant sous le bureau. Elle était douée. Elle était même plus que ça et ça l’aurait fait sourire si la situation si prêtait mais ce n’était pas le cas. A cet instant très précis il passa une main lasse sur son visage dans un soupir faussement discret et crédible quand Sélène commença à parler. Comme si… Comme si il était habitué aux frasques de cette sœur au débit de parole impressionnant.

    Pour Edward tout ce jouait dans les échanges de regards avec la femme de l’accueil. Un dialogue muet fait de regard et d’expression faciale. Elle voulait en placer une, Edward lui « disait » que ce n’était pas la peine d’essayer. L’employée semblait demandée si elle était tout le temps comme ça. Edward levait les yeux aux ciel pour dire que, malheureusement, oui, elle ne s’arrêtait jamais. En même temps Edward acquiesçait faussement aux hallucinations de sa « sœur ». Des cheveux blonds. Oh oui, il acquiesça, c’était vraiment trop horrible. Et la seconde d’après il secouait la tête de dépit envers l’employé qui, soudainement, semblait compatir avec Edward tout en restant souriante et attentive à tout ce que pouvait dire Sélène. Ce dernière alla même jusqu’à se penchée vers l’employé pour faire semblant de conspirer avec elle en désignant Edward. Une employée qui tenta un sourire pour se faire compatissante avec Sélène, bien qu’elle ne sache pas vraiment si ce n’était pas Edward qui fallait plaindre. Et bien sûr Edward encourage l’employée, d’un regard, de tout écouter et de vraiment se mettre cette sœur dans sa poche parce que sinon les foudres divines allaient vite s’abattre sur elle. Et, de son côté, Sélène enchainait les questions.

    L’air lasse, Edward appuya son coude sur le comptoir pour poser sa tête sur sa main. Trop crédible quand on entendait le débit de parole de Sélène qui passait d’un truc à un autre sans jamais manqué d’imagination. Moralité, Edward n’avait qu’à baisser les yeux pour avoir accès aux carnets de rendez-vous que la femme avait devant elle. On put bientôt entendre la voix de la vendeuse qui après un « échange » avec Sélène se mise à parler de tous les soins. Et là, on entrait dans la partie intéressante, celle ou Sélène en passant par cinquante chemin différent, cherchait à savoir quand la femme en pourpre était venue. Par la Reine, Edward l’épouserait bien, juste pour son génie. Enfin, si toute fois il était capable de faire ce genre de chose. L’employée finit par tourner quelques pages de son carnet de rendez-vous et passa un ongle sur la liste de nom avant de s’arrêter à un en particulier. Edward n’avait pas vu ce nom mais l’endroit où elle était arrêtée.

    Et avant que l’employée ne tourne encore les pages pour proposer un Rendez-vous vendredi à Sélène, cette dernière se dirigea vers la vitrine de produits. Magnifique Sélène. Toujours accoudé à son comptoir, Edward baissa les yeux pour voir le nom sur lequel la femme s’était arrêtée un peu plus tôt. Un nom qu’il aurait pu trouver si le doigt ne s’était pas arrêter à ce niveau étant donné que c’était la seule coloration qui avait été prévu ce jour-là. Ça lui avait pris, quoi ? 20 secondes, même pas. Il s’était ensuite tourner en direction des deux femmes, comme si il commençait sérieusement à s’inquiéter pour son coffre et son compte en banque.

    Il avait beau avoir son regard sur les deux femmes, son cerveau se mettait déjà en route en vue des nouvelles informations qu’il venait de récolter. Sélène aurait pu l’appeler par son véritable nom qu’il n’aurait pas répondu, de la même manière qu’il ne répondit pas au pseudonyme qu’elle lui avait choisi et qu’il n’entendit même pas. C’est un coup dans les côtes qui le ramena à la dure réalité et aux paroles incessantes de cette sœur.

    « L’huile de massage au caramel ? T’es capable de te souvenir d’une couleur en particulier et t’es pas fichue de te souvenir que je suis ALLERGIQUE au caramel ! Bravo Gilberta. »

    Robert ? Elle aurait quand même pu trouver mieux, non ? Bref s’était partie pour la prise de rendez-vous et Edward se demandait comment l’employée faisait pour ne pas devenir complètement folle. Franchement, à la place du patron, il la garderait celle-là parce que fallait la supporter la sœurette.

    « Vendredi. C’est vendredi qu’elle t’a proposée. Il se tourna vers l’employée. Mettez-lui pour vendredi en début d’après-midi. »

    Le rendez-vous fut pris et l’employée s’interrogea sur les divers produits cosmétiques que Sélène avait sortie de son rayon. Et là, allez savoir pourquoi, Edward sentait le coup foireux. Juste pour rire. Du coup, il se redressa d’un coup, regarda l’employé.

    « Moi j’ai signé pour payer une coloration, du coup, c’est elle qui paye ce qu’elle veut. Merci et bonne fin de journée. »

    Sur quoi il tourna les talons, balança un clin d’œil à Sélène et sortie dehors pour retourner près de la voiture ou se trouvait William. Ce dernier s’interrogea bien vite sur la façon dont ça s’était passé.

    « Elle devait être muette étant jeune. Jamais vu quelqu’un avec autant de chose à dire en si peu de temps. »
    « Et le nom de la personne ? »

    Edward s’appuya le dos contre la voiture après avoir hoché la tête pour dire qu’il avait le nom. Mais il attendait Sélène histoire de ne pas avoir à la répéter cinquante fois. D’ailleurs, cette dernière fini par sortir de la boutique et quand elle arriva à la hauteur de la voiture, Edward resta à sa place et posa son regard sur elle.

    « Je ne savais même pas qu’on pouvait avoir autant de chose à dire en si peu de temps, Gilberta ! »
    « Gilberta ?! William regarda l’un et l’autre en se demandant ce qui avait pu se passer à l’intérieur de ce salon. »
    « Une longue histoire dont le simple résumé mettrait des heures tellement de choses ont été dites. »

    Il se redressa pour quitter son appui sur la voiture et s’installa à l’intérieur en attendant que tout le monde soit dedans pour donner les infos qu’il avait.

    « Ashima Sastri. A mon avis, vu le prénom qu’elle a elle doit être une descendante directe de quelqu’un qui fait déjà partie de cette mafia. Qui appellerait sa fille « sans limite », au moins ça donne le ton. Le problème c’est son nom, qui est très répandu en Inde. Des Sastri, il y en a des tonnes. Enfin, ce n’est pas vraiment important étant donné qu’on a le numéro de téléphone, ça réduit le nombre de Sastri de manière considérable. »
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Sélène Gallio
Mutante de niveau Oméga
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MessageSujet: Re: Première 'collaboration' [Edward]   Ven 29 Juil - 15:02

    En règle générale, Sélène n’avait pas pour habitude de sortir de chez elle en ayant l’air d’une clocharde ou en n’étant pas 100% présentable. Se remaquiller juste devant le salon de coiffure ultra-chic était à la fois l’illustration de ce besoin d’être toujours parfaite « au cas où », mais également une mise en situation nécessaire pour pénétrer dans ce genre d’endroits où le fait d’avoir un problème de fond de teint était assimilé à la plus grande catastrophe de toute une vie…

    Et puis il y avait eu ce geste apparemment anodin qui avait consisté à prendre le bras d’Edward sans même l’en informer, juste parce que là aussi, ça collait à la situation. Au final, il était sans doute assez déstabilisant de la voir agir ainsi parce que cela pouvait tout à fait donner l’impression que cette anticipation était pour le moins étrange… Mais après tout, n’était-ce pas le mot qui convenait le plus à Sélène ? Elle avait toujours eu un don pour se mettre en scène, mettre en scène les autres et – surtout – se faire passer pour ce qu’elle n’était pas. C’était d’ailleurs la clé de son impressionnante longévité, et la raison pour laquelle elle n’avait jamais pu être confrontée à la justice malgré toutes les choses illégales ou un peu borderline qu’elle avait pu faire…

    Et ce qu’il y avait d’assez amusant, c’est qu’Edward l’avait laissée faire. Un peu comme si lui-même était amateur de mises en scènes… Sélène en obtint confirmation juste après qu’il ait abordé une vendeuse du salon de coiffure, et elle se vit attribuer un rôle somme toute assez basique : la petite sœur accro du shopping, aux lubies passagères, et qui voulait des cheveux pourpre parce qu’elle avait vu une femme avec des cheveux pourpre et qu’elle avait trouvé ça trop fort. C’est donc avec blondeur qu’elle endossa son rôle en s’y donnant à fond, tant dans la blondeur que dans la précision déguisée de ses questions, et là encore Edward fut suffisamment réactif pour ne pas avoir lancé ça pour rien, échangeant des regards et des mimiques franchement exaspérées avec l’employée pendant que Sélène battait le record du monde du nombre de phrases qu’elle pouvait caser sans être interrompue par un interlocuteur. C’était peut-être un peu prématuré et trop peu courant pour Edward, mais rien que pour ce moment amusant, elle l’appréciait encore un peu plus. Sans non plus aller jusqu’à l’inviter à prendre le thé chez elle ou à réserver une table pour deux dans un restaurant, mais c’était peut-être un peu pour ça que les gens « normaux » avaient du mal avec lui et son imprévisibilité… Du point de vue de Sélène c’était tout simplement appréciable, parce qu’il était clair qu’en se contentant de se pointer là en posant directement les questions auxquelles des réponses étaient souhaitables, ils se seraient fait foutre dehors et plus vite que ça !

    Du coup, quoi de mieux qu’une gosse de riche passionnée de mode et prête à acheter tout et n’importe quoi pour ferrer le poisson qu’était cette employée visiblement sympathique et professionnelle ? Des sujets futiles, Sélène en connaissait des tas pour avoir observé un certain nombre d’ados dans les rues, et elle se surpassait tant à singer leur comportement excessif qu’il était légitime d’imaginer qu’elle ait un jour pu être comme ça… Du point de vue de Sélène, c’était tout simplement inenvisageable, qu’on se le dise, à moins qu’elle n’ait été droguée par quelque chose de trop fort pour que son organisme puisse lutter. Mais il n’y avait que peu de chances que ça ait fonctionné.

    Sélène saoula littéralement son auditoire, s’improvisant à un moment crucial blonde ET poisson rouge en risquant de provoquer la pendaison de son « frère » avec le câble d’alimentation du sèche-cheveux le plus proche. La vendeuse, de son côté, essayait de se montrer à l’écoute et souriante, mais on ne pouvait passer à côté d’une certaine exaspération qui était après tout normale… Mais par chance, elle résistait plutôt bien – sans doute avait-elle eu de vraies clientes étourdies ou aux capacités intellectuelles focalisées uniquement sur les dernières tendances – et Sélène pu mener à bien son stratagème : l’éloigner du comptoir pour qu’Edward jette un œil au cahier de rendez-vous.

    En un rien de temps, ils avaient obtenu la date exacte à laquelle la coloration avait été faite, et si Sélène se montrait suffisamment blonde, ils ne manqueraient pas d’obtenir également le nom de cette femme. S’en était suivi un démontage organisé du rayon en mode « je dois tout acheter pour être belle » avant que Sélène ne se prenne d’une passion toute nouvelle pour un produit destiné à Edward – baptisé Robert pour l’occasion – et qui s’avéra être de l’huile de massage au caramel. C’était surtout parce que ce genre de chose pouvait être équivoque et franchement ambiguë lorsque faite sciemment que Sélène avait esquissé un sourire amusé avant de reposer le flacon. Non, elle ne pouvait pas faire sciemment des avances à un employé qu’elle venait de rencontrer et qu’elle avait à peine fait rentrer dans le droit chemin en l’incitant à se remettre au boulot. Non, et puis… et puis ils étaient tout de même sensés être frère et sœur. Autrement dans une toute autre configuration, Sélène aurait trouvé le moyen d’en faire des tonnes !

    Edward précisa avec emphase qu’elle était bizarrement incapable de se souvenir des allergies de son frère – donc d’un truc vital – mais qu’en revanche elle se souvenait parfaitement de la couleur de cheveux d’une inconnue. Avec une confusion feinte absolument parfaite, acquiesça timidement, se retenant ensuite de grincer des dents après l’emploi d’un pseudonyme absolument affreux. Robert, c’était plutôt sympa pour un anglophone, surtout lorsque c’était prononcé avec un accent britannique – ce dont Sélène était malheureusement dépourvue. Gilberta, même avec tous les accents du monde ça faisait… vieille. Mais ce n’était pas définitif, heureusement. Surtout pour Edward.

    Ce que je peux être tête en l’air !

    Un sourire touchant avait étiré ses lèvres peu avant qu’elle n’essaie de reprendre le fil de la conversation en se trompant sur le jour que l’employée lui avait proposé. Edward intervint avec exaspération en expliquant qu’on lui avait proposé vendredi et non jeudi – ou n’importe quel autre jour – et Sélène sourit de nouveau, concentrée sur l’agenda de son téléphone.

    Ah… euh… C’est bon pour vendredi ! Mais par contre, la fin d’après-midi m’arrangerait d’avantage parce qu’en fait fait vous voyez, j’ai une répétition de violon avec le reste de l’orchestre et si je viens pour la coloration en début d’après-midi, je risque de manquer les trois quarts de la répétition. Ce qui n’est ni conseillé ni acceptable à la veille d’un gala devant des personnes influentes de notre Eglise, vous comprenez ?

    La vendeuse trouva suffisamment de force et de calme au plus profond d’elle-même pour proposer un rendez-vous à 16 heures, et Sélène battit des mains, l’air visiblement ravie et désespérément blonde. Le rendez-vous fut inscrit sur le carnet et la vendeuse mentionna de nouveau l’ensemble des produits que Sélène avait pris dans les rayonnages… Edward se redressa et s’en fut presque, précisant que c’était à sa sœur de payer ce qu’elle voudrait en plus de la coloration, et Sélène ne pu retenir un sourire amusé avant de feindre de faire un choix compliqué entre les produits.

    En fait… Je crois que je prendrais tout la prochaine fois.

    L’employée blêmit d’un seul coup, donnant l’impression d’être victime d’une brusque baisse de tension. Ca devait à peu près être le cas, surtout si on considérait le fait que se retenir à ce point de s’énerver devait exiger pas mal d’énergie… Sélène lui adressa un sourire enjoué, avant de finalement lui tendre de quoi payer l’huile de massage en liquide.

    Robert va adorer... !

    Capacité de concentration et de mémorisation : 3/20. La vendeuse encaissa l’argent et ne pu dissimuler correctement son soulagement de la voir partir. Sélène quitta le salon et se dirigea vers sa voiture, contre laquelle Edward s’était appuyé pour l’attendre. La jeune femme lui adressa un sourire amusé, visiblement plus que satisfaite de la tournure qu’avait pris cette quête de renseignements, et Edward s’étonna à voix haute du fait qu’il soit humainement possible d’en dire autant dans un laps de temps aussi court. Et pour couronner le tout, il la gratifia de ce surnom horrible… Le sourire de Sélène se fit radieux :

    J’ai eu de bons modèles en matière de futilités... - Une phrase simple contrastant avec la quantité de mots prononcés un peu plus tôt pour un simple « oui » ; Sélène ne parlait jamais à mauvais escient, et c’était sans doute d’autant plus surprenant de la voir remplir à la perfection un rôle de gourde trop pipelette. - … Robert.

    Ca, c’était juste pour la petite vengeance… William ne parvint pas à suivre cet échange et Edward éluda les explications en assurant qu’un résumé prendrait trop de temps. Sans doute à cause du débit de parole de Sélène durant ces quelques minutes. La jeune femme adressa un sourire amusé au médecin et se glissa derrière le volant après avoir de nouveau confié son violon à William. Le flacon d’huile de massage entre les mains, Sélène se pencha vers Edward pour l’expédier dans la boîte à gants comme s’il s’agissait d’une carte routière ou d’un paquet de chewing-gums, ou de n’importe quel truc inutile qui n’en ressortirait pas avant une éternité…

    Edward partagea finalement ses informations concernant l’identité de la femme qu’ils cherchaient, et Sélène eût un bref aperçu des capacités linguistiques d’Edward lorsqu’il souligna ce que signifiait le nom de la femme en pourpre dans sa langue. Edward mentionna un numéro de téléphone pour contrer le fait que ce nom était largement répandu en Inde, et Sélène glissa son sac à mains sous ses jambes avant de jeter un œil à son téléphone.

    Voilà qui va nous faire gagner un temps précieux…

    Éplucher l’annuaire n’avait rien de très réjouissant, surtout si elle avait la possibilité de s’amuser un peu avec son consultant sur le terrain. Ses doigts effleurèrent à peine l’écran de son portable, et Sélène coinça le téléphone entre son oreille et son épaule droite tout en mettant le contact. Le moteur se mit à ronronner avec régularité alors qu’à l’autre bout du fil, on décrochait :

    Patronne ? Si tu savais comment on était inquiets de ne pas avoir de nouvelles ! Tu es où, il t’a fait quelque chose ?
    Absolument pas.
    Tu pourrais pas au moins développer un peu ?!
    Je stationne n’importe où sur la 5th. J’ai besoin que tu cherches un numéro dans tous les annuaires auxquels on a accès… Je te passe…

    Des protestations à l’autre bout du fil incitèrent Sélène à soupirer de manière assez audible, même pour Bérénice, alors qu’elle quittait son emplacement de stationnement. Quelque chose l’incita à freiner de manière précoce, juste à temps pour ne pas se faire rentrer dedans par un taxi visiblement trop pressé pour considérer le fait qu’une voiture déboîte proprement devant lui. Un « enfoiré de taxi » échappa à Sélène sans qu’elle ne puisse le retenir – ses mauvaises habitudes revenaient assez rapidement -, et elle balança presque son portable sur les genoux d’Edward tout en braquant pour quitter sa place et s’insérer dans la circulation. Le hasard voulut qu’elle s’arrête au feu rouge juste à côté du taxi qui avait failli ruiner la carrosserie de son Aston, et Sélène eût le culot de klaxonner le chauffeur aux cheveux gominés, indiquant du bout de son index le taxi, sa propre voiture, le feu rouge, et faisant se rencontrer dans un bruit sec son poing droit fermé avec sa main gauche ouverte, le tout signifiant très clairement « t’as pas voulu me laisser passer – sale con – bin tu l’as dans le derche parce qu’au final t’as pas gagné plus de temps que moi »… Ca restait moins explicite que des mots hurlés par la fenêtre, mais cela suffit à choquer le chauffeur pour qu’il renonce à regarder dans la direction de Sélène jusqu’à ce que le feu passe au vert.

    Sélène tâtonna un peu pour récupérer son portable sur les genoux d’Edward et reprit la communication.

    Circulation difficile, je passe le relais.

    Ce n'était pas tout à fait exact, mais elle devrait bien tôt ou tard composer avec Edward au lieu de tout simplement l'éviterBérénice protesta une nouvelle fois, mais Sélène tendit malgré tout son portable à Edward, bien décidée à se concentrer sur sa conduite bien plus que sur les préférences sociales de son employée. Par téléphone, Edward pourrait demander à Bérénice d’effectuer les recherches nécessaires en vue d’obtenir l’adresse de cette Mme Sastri et quelques informations basiques sur elle pour faciliter la suite des recherches. N’en déplaise à Bérénice…

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Edward Livingston
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MessageSujet: Re: Première 'collaboration' [Edward]   Ven 19 Aoû - 0:48

    Il était certain qu’Edward n’oublierait pas ce premier début de collaboration avec Sélène. Il ne lui dirait pas ouvertement, parce que ce n’était pas son genre mais, il avait apprécié la manière dont elle était entrée dans son rôle, sans la moindre concertation. Elle avait eu les paroles et les expressions appropriées au bon moment, tout était feint avec perfection, comme cet air désolé qu’elle avait pris quand son « frère » lui avait rappelé son allergie. A croire que Sélène avait, en plus du violon, des dispositions à faire dans le cinéma ou le théâtre. Bien trop de chose pour son âge apparent. Peut-être une sorte de génie en son genre, capable de beaucoup de chose, avec une faculté d’adaptation et de raisonnement supérieur à la moyenne. Edward était bien incapable, à ce moment-là, de se dire qu’elle était bien plus âgée que ce qu’il paraissait. Mais cette réflexion n’allait pas demeurer indéfiniment muette, il n’aurait peut-être pas la preuve de cette théorie quand elle viendrait, mais elle ferait forcément son apparition un jour ou l’autre.

    Excédé par le comportement de sa sœur, il avait fini par quitter le salon, ravi de ce petit entretien qu’il avait eu, lui permettant de voir les capacités de Sélène. Il était rare qu’il trouve quelqu’un doué pour la première fois, ayant toujours des choses à redire, ne serait-ce que pour le principe. Mais là, il ne voyait pas vraiment ce qu’on pouvait reprocher à cette virtuose. William semblait curieux de savoir ce qui avait pu se passer dans le salon mais son ami ne lâcha aucune information sans la présence de Sélène. Il n’avait jamais aimé se répéter. Ce que, malheureusement, il était souvent obliger de faire quand il se retrouvait fasse à une figure septique ou paumée qui exprimait un « Heinnn ? »

    Quand Sélène arriva et qu’il fit référence à son débit de parole, elle donna pour seule explication le fait d’avoir eu de bons modèles. Allez savoir pourquoi, le premier prénom qui venait à la tête d’Edward fut « Bérénice », un prénom qui fut dit à voix haute. Bon, il n’était pas certain que ce soit le cas mais il avait juste envie d’ennuyer un peu cette secrétaire même si elle n’était pas là. Ça lui faisait du bien. Il répondit à son sourire quand elle l’appela Robert. Sous les interrogations de William qui ne trouvèrent pas de réponse, tout le monde retourna dans la voiture. Et… Non, sérieusement, elle avait vraiment acheté l’huile de massage. Il laissa cette information dans un coin de son cerveau préférant donner les informations qu’il avait. Pas qu’il avait peur de les oublier dans quelques minutes, cela ne risquait pas d’arriver. Mais, dans la mesure où ils étaient tous là pour ça, il ne voyait pas pourquoi ne pas les partager en faisant languir tout le monde.

    Pour toute réponse : un gain de temps et une Sélène qui prenait son téléphone pour appeler une personne. Edward aurait probablement gagné son pari s’il avait eu la rapidité de le lancer avant qu’elle ne lance cet appel. Écouter les recommandations des associations pour la sécurité routière et ils vous diront tous que le téléphone au volant c’est le mal. Un coup de frein brusque, un téléphone qui venait d’atterrir sur les jambes d’Edward et voilà que Sélène pestait contre un taxi. A aucun moment Edward sembla judicieux de ramasser le téléphone, faire causette avec Bérénice ce n’est pas vraiment ce qui l’enchantait. Arrivé à un feu rouge, Sélène fit comprendre au chauffeur de taxi que c’était un parfait abruti, ce qui était beaucoup plus soft que ce que voulait vraiment dire les gestes qu’elle avait fait. Edward tourna la tête vers le taxi.

    « Faut pas lui en vouloir, il part du principe que toutes les femmes sont abjecte depuis que sa femme l’a quitté pour son meilleur ami. Elle estimait qu’il ne gagnait pas assez. »

    Le feu passa au vert et Sélène récupéra son téléphone pendant qu’Edward passa les détails sur la façon dont il avait pu sortir ces informations qui, en plus, étaient exactes. Au pire si la question se posait, William serait répondre. Et puis, allez savoir pourquoi, alors que Sélène récupérait son téléphone et qu’Edward se garda de sortir un truc du genre « plus haut les recherches », elle décida que la circulation était difficile et donc que c’est Edward qui allait récupérer le téléphone. A moins que ce soit pour transmettre le numéro de téléphone. Chose plus probable. Une chose était certaine, Bérénice et Edward devaient être d’accord sur un point : ils n’avaient aucune envie de se parler. Mais bon, quand il faut, il faut. Avec une mauvaise volonté visible et non feinte, Edward attrapa le téléphone.

    « Bonjour Bérénice. Dites, vous êtes allergique au caramel ? »
    « Quoi ? »
    « J’ai… Enfin, je n’ai pas vraiment, mais je peux avoir une super huile de massage au caramel, je me demandais si… »

    Bippp… Bippp… Bippp…

    « Je crois qu’elle ne l’a pas très bien prit. »

    On se demande pas pourquoi. Cela dit cela ne l’inquiéta pas vraiment parce qu’il y avait une forte probabilité que, entrainer par un esprit de travail intense, Bérénice le rappel dans les secondes à suivre. Ce qui ne loupa pas. Il laissa passer les sonneries et décrocha à la dernière.

    « Vous avez besoin de raccrocher pour vérifier si, oui ou non, vous êtes allergique au caramel ? »
    « Le numéro de téléphone ? »
    « Quel numéro, le mien ? Attendez… »
    « … Non celui que Mademoiselle Gallio voulait me donner, vous pouvez vous concentrez sur l’affaire, oui ? »
    « Vous êtes beaucoup trop susceptible, vous savez. Vous voyez un psy, je suis certain qu’il pourrait vous aidez. Oui, oui, je sais, le numéro. Attendez, voilà… »

    Et il se décida à donner le numéro, et d’informer Bérénice sur ce qu’ils avaient appris ainsi que sur les recherches à faire. En fait, ils avaient réussi à communiquer en s’accordant seulement sur l’affaire en cours. Et, j’vous jure, Edward se fit violence pour ne pas la chercher un peu, juste pour s’amuser un peu. Finalement, il finit par raccrocher et donner l’adresse à Sélène, celle que Bérénice avait trouvée grâce au nom et au numéro de téléphone… Waouh, elle était vraiment trop forte.

    « Maintenant que vous avez la personne, son adresse, est-ce que vous avez toujours besoin de moi pour établir un parallèle entre cette personne et le meurtre ? »

    Ce n’est pas qu’il voulait la plantée mais il estimait qu’elle avait largement les capacités pour finir le travail et, de cette manière, ça lui assurait à lui de ne pas être nommé dans cette histoire. Faire son boulot était une chose, être sur le devant de la scène en était une autre et il évitait scrupuleusement cette dernière partie. Bien sûr la découverte de cette personne était basé sur des indices mais la science pouvait boucler le reste, entre les ongles trouvés, les traces de talons et sélène devait se montrer très efficace pour faire cracher des aveux à quelqu’un… Surtout si elle se la jouait blonde au débit de paroles incroyable et munie d’une mémoire de poisson rouge.

    « Après si vous voulez une piste pour des aveux, ou un mobile, je crois que je miserais sur un trafic d’objet. Bérénice, à croire qu’elle peut servir à quelque chose, disait que l’homme qui a été tué à fait pas mal de déplacement en Inde, de manière assez cyclique, en fait. Et sur l’étagère chez lui, il manquait deux objets. Cela dit ce qu’une théorie, comme il pourrait y en avoir une autre mais ajouter à ça les visites fréquentes dans le quartier que fréquente notre femme en pourpre… Visite qui se sont arrêtés depuis le retour de son dernier voyage, je dirais qu’il a gardé quelque chose et que cela n’a pas convenu à miss Pourpre. »

    Bon après ça ne le dérangeait pas de rester mais il n’était pas certain d’avoir son utilité pour la suite des évènements. Ce qui, d’une certaine manière, prouvait qu’il avait confiance dans les capacités de sélène, sinon il aurait tenu à aller jusqu’au bout pour ne pas voir les efforts fournis partir en fumée sur la fin. Enfin, pas vraiment la fin. Parce que si cette femme venait à être inculpé, les ennuis risquaient de commencer par la suite… On ne touchait pas à la mafia aussi facilement.
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Première 'collaboration' [Edward]

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